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Bénéteau Océanis 31 : avis, fiche technique, occasion 2026

Fiche technique complète de l'Océanis 31 (2008-2013), cotes occasion vérifiées, retours plaisanciers et comparaison avec les 34.1 et 37.1.

Résumé

Petit croiseur de 9,66 m signé Finot-Conq, produit par Bénéteau à partir de 2007 et décliné sur plusieurs millésimes jusqu'au début des années 2010. Déplacement léger (4 052 kg), moteur Yanmar 3YM20 de 21 CV, trois versions de quille (2,17 m, 1,55 m, dérive intégrale). Cote occasion 2026 : de 40 000 à 55 000 euros pour les millésimes courants, jusqu'à 75 000 euros sur les unités très bien suivies. European Yacht of the Year 2009 en catégorie Family Cruiser.

Qui est cet Océanis 31

L'Océanis 31 est le plus petit de la gamme Océanis lancée en 2007 par Bénéteau à la suite du remplacement des 311, 323 et 331. Il occupe une case précise dans le catalogue : un vrai croiseur habitable sous la barre des 10 mètres, pensé pour la famille et pour des propriétaires qui achètent leur premier voilier neuf ou leur premier vrai bateau.

Le plan de coque est signé Finot-Conq, cabinet qui a dessiné la plupart des Océanis à cette période. L'aménagement intérieur vient de chez Nauta Design. En 2009, le bateau remporte le titre d'European Yacht of the Year dans la catégorie Family Cruiser, un prix décerné par un jury de journalistes nautiques européens.

Ce n'est pas le voilier le plus rapide de sa génération, ce n'est pas le plus marin non plus. C'est un bateau qui fait bien le travail qu'on lui demande : sortir le samedi matin avec quatre personnes à bord, dormir deux nuits en mouillage, rentrer au port sans mauvaise surprise. Pour un primo-accédant, c'est exactement ce qui est demandé.

Fiche technique

Chiffres relevés sur le site Bénéteau et recoupés avec les bases Boat-Specs et SailboatData pour les versions commerciales standard.

DonnéeValeur
Longueur hors tout9,66 m
Longueur de coque9,30 m
Largeur3,39 m
Tirant d'eau quille profonde2,17 m
Tirant d'eau quille relevable1,55 m
Dérive intégrale1,30 m à 2,15 m selon position
Déplacement4 052 kg
Lest1 001 kg
Ratio lest/déplacement25 %
MoteurYanmar 3YM20, 21 CV
Réservoir gasoil130 L
Gréementsloop fractionné
Catégorie CEB (au large)
ArchitecteFinot-Conq & Associés
Design intérieurNauta Design

Le ratio lest/déplacement de 25 % reste modeste. Sur ce format de coque et avec la quille profonde, on a un bateau qui tient bien la toile jusqu'à 15-18 nœuds de vent réel au près, et qui demande un premier ris au-delà. Ce n'est pas un reproche : le cahier des charges n'a jamais été celui d'un racer.

Trois versions d'oeuvres vives étaient disponibles au catalogue. La quille profonde à 2,17 m donne le meilleur cap et la meilleure stabilité de forme. Le tirant d'eau réduit à 1,55 m cible les bassins peu profonds comme la côte atlantique ou le bassin d'Arcachon. La dérive intégrale permet l'échouage et ouvre les petits mouillages sableux, au prix d'une légère perte de cap.

Quatre couchages en version deux cabines, jusqu'à six en configuration trois cabines avec un saloon transformable. La hauteur sous barrots dépasse 1,90 m dans le carré, confortable pour un 9 mètres. Pour mémoire, le tirant d'air sous gréement est d'environ 13,80 m, ce qui bloque pour quelques ponts mobiles, notamment sur le canal du Midi.

Un bateau pour débuter, vraiment

Je ne dis pas "débutant" comme un argument commercial. Je dis débutant au sens où si vous avez passé votre permis côtier l'année dernière et que vous avez fait trois stages à Glénans, l'Océanis 31 pardonne les erreurs que vous allez commettre.

Trois raisons concrètes.

D'abord, la manœuvre au port. Avec 9,30 m de coque, 3,39 m de largeur et un safran suspendu efficace, on entre dans une place de port à 10 mètres de long sans réfléchir longtemps. Les écoles qui ont eu des Océanis 31 dans leur flotte l'ont gardé longtemps pour cette raison. Le moteur Yanmar 3YM20 de 21 CV pousse bien en marche arrière, ce qui n'est pas toujours vrai sur les voiliers de cette taille.

Ensuite, le comportement à la voile. La coque est tendre sous 12 nœuds de vent réel, le bateau accélère plutôt que de gîter. Au près serré, les polaires de Bénéteau annoncent 5,5 nœuds dans 12 nœuds de vent réel, ce qui est cohérent avec les retours des propriétaires sur les forums Hisse et Oh et YBW. Au largue sous gennaker, on passe facilement les 6,5 nœuds dans la même brise. Rien de sportif, rien de dangereux.

Enfin, l'armement. Un bateau de croisière côtière en catégorie B, c'est une fenêtre d'utilisation très large. Pour préparer une première traversée vers Porquerolles, Belle-Île ou les Baléares depuis la Catalogne, vous pouvez commencer par lire ce que je recommande pour acheter un voilier d'occasion en 10 points avant de signer.

Avis personnel après une semaine à bord d'un 2010 en Bretagne sud : la carène manque un peu de relance dans la brise molle sous 8 nœuds, le roulis au mouillage par travers de houle est marqué, et la coupelle inox du winch tribord rouille vite si on ne la bichonne pas. Rien de rédhibitoire, mais ne prenez pas ce bateau pour de la transatlantique sous les alizés.

Occasion 2026 : combien ça coûte vraiment

La cote s'est stabilisée. Entre 2021 et 2023, les Océanis 31 courants étaient passés sous la barre symbolique des 40 000 euros pour les millésimes 2008-2009 pas trop bien suivis. Depuis 2024, les prix sont remontés et on trouve aujourd'hui sur les grosses places de marché comme Annonces du Bateau ou boats.com une fourchette nette :

  • 40 000 à 45 000 euros : millésime 2008-2009, voiles d'origine fatiguées, gréement pas déposé depuis 10 ans, électronique du bord d'époque
  • 45 000 à 55 000 euros : millésime 2010-2012 avec entretien régulier, jeu de voiles récent (moins de 5 saisons), sondeur et GPS remplacés
  • 55 000 à 70 000 euros : millésime 2012-2013, équipé croisière avec pilote, lazy jacks, guindeau, tauds de hivernage, carnet d'entretien suivi
  • 75 000 à 90 000 euros : les rares unités complètement réarmées, batteries au lithium, propulseur d'étrave, parfois un gennaker récent

Les chiffres sont ceux relevés en avril 2026 sur boats.com (plus de 10 annonces actives) et sur Annonces du Bateau. Avant de signer, trois vérifications qui comptent sur ce modèle.

Premièrement, l'osmose. Les coques 2008-2009 avec antifouling suivi ne présentent pas de cas généralisé, mais une expertise d'achat passe systématiquement par un sondage à l'humidimètre sur les oeuvres vives. Comptez 400 à 600 euros pour une expertise voilier avant achat sérieuse. Ne vous en privez pas au-dessus de 40 000 euros d'engagement.

Deuxièmement, le gréement dormant. Le rig est dimensionné pour 10 à 12 ans d'usage amateur, certains chantiers recommandent une révision complète à 15 ans. Si le bateau a plus de 15 ans et que les haubans sont d'origine, la facture de remplacement est de 3 000 à 4 500 euros selon le chantier et le département. Ça se négocie.

Troisièmement, le moteur Yanmar 3YM20. Fiable, réputé, mais il faut regarder les heures. Au-delà de 2 500 heures, le prochain propriétaire devra budgéter un passage en atelier. 1 500 à 2 000 heures sur un bateau de 2011, c'est normal et sain. Une révision Yanmar complète tourne autour de 800 à 1 200 euros en France.

Un détail qui compte : le bateau a été livré neuf autour de 110 000 à 130 000 euros TTC hors options selon les millésimes. Perdre 50 à 60 % de valeur en 15 ans est conforme à la courbe classique des Océanis. N'espérez pas une super affaire sous 40 000 euros sans raison : si le prix est cassé, cherchez la raison, elle existe.

Où il se place dans la gamme

L'Océanis 31 a disparu du catalogue neuf au début des années 2010, remplacé d'abord par l'Océanis 31 de deuxième série, puis par la gamme à suffixe en point un. L'entrée de gamme actuelle s'appelle Océanis 34.1 et le cran au-dessus est l'Océanis 37.1.

Par rapport à ces deux bateaux, le 31 joue clairement dans une autre catégorie de prix. Un Océanis 34.1 neuf se négocie autour de 200 000 euros TTC hors options, un 37.1 démarre au-dessus de 270 000 euros. Le 31 d'occasion reste la porte d'entrée abordable dans la gamme Océanis, et c'est son principal argument.

Face aux concurrents de l'époque, le 31 se compare naturellement au Jeanneau Sun Odyssey 32i, à l'Hanse 315 et au Dufour 335 Grand Large. Les trois cabinent un peu mieux pour l'étrave fine, mais le Bénéteau l'emporte sur la largeur intérieure du carré et sur le réseau de concessionnaires, qui reste un argument concret quand il faut commander une pièce d'origine en urgence.

Si vous visez la navigation hauturière ou le tour de Bretagne en hiver, changez de bateau. Le 31 est un croiseur côtier, point. Pour des week-ends et des deux semaines d'été en Méditerranée ou en Atlantique sud, il reste un très bon choix.

Ce que je retiens

Bateau pardonnant, bien équilibré, sans défaut rédhibitoire identifié par la communauté sur 15 ans. Défauts mineurs connus : accastillage pont un peu juste en diamètre, winches primaires petits pour border un génois à 15 nœuds de vent, roulis au mouillage par houle de travers. Rien qui justifie de s'en priver si le prix est juste.

À l'achat, ne faites pas l'économie d'une expertise. À l'usage, suivez le carnet d'entretien du chantier, faites l'antifouling tous les ans, et sortez le gréement dormant au bout de 15 ans. Le bateau vous le rendra pendant 10 saisons supplémentaires.

Pour un couple qui veut faire du cabotage méditerranéen ou des rias bretonnes sans se ruiner, c'est sans doute le meilleur rapport qualité-prix de la gamme Océanis en 2026.

Sources

  • Site Bénéteau, page Océanis 31 (gamme 2005-2014), consulté le 18 avril 2026
  • Boat-Specs.com, fiche Océanis 31 Deep Draft, consulté le 18 avril 2026
  • SailboatData.com, fiche Oceanis 31 Beneteau, consulté le 18 avril 2026
  • Practical Boat Owner, « Oceanis 31 voted European Yacht of the Year », 2008
  • Annonces du Bateau et boats.com, relevé de 10+ annonces Océanis 31, avril 2026
  • Forum YBW, fil « Beneteau Oceanis 31 » (retours propriétaires)