Bretagne Sud

Itinéraire type Concarneau Glénan en 1 jour, aller-retour avec déjeuner à La Chambre

10 milles entre Concarneau et l'archipel des Glénan, départ 7h, mouillage à La Chambre pour le déjeuner, retour 17h. Le plan de route détaillé pour un aller-retour à la journée.

Résumé

Distance Concarneau-Glénan : environ 10 milles nautiques (9 depuis le phare de Penfret). À 5-6 nœuds de moyenne, la traversée se cale en 1h30 à 2h. Plan de route à la journée : largué 7h à Concarneau, mouillage à La Chambre vers 9h30-10h, déjeuner à terre sur Saint-Nicolas, appareillage 15h, retour au port vers 17h. Un aller-retour qui tient à condition que la météo soit stable et que l'on accepte un rythme soutenu.

À qui cet itinéraire s'adresse

Pas à un équipage qui veut poser le sac et s'étaler. Pas non plus à un bateau qui fait 4 nœuds maximum. L'aller-retour Concarneau-Glénan dans la journée est un exercice de discipline horaire, plutôt qu'une promenade.

Cible type : un plaisancier déjà à l'aise sur sa route, qui connaît son temps de manœuvre au port, qui lit une table de marée sans relire trois fois, et qui sait que partir à 7h signifie se lever à 5h45 pour un vrai café, pas un nescafé lavé dans le bateau. On parle d'un voilier de 9 à 12 mètres ou d'un semi-rigide honnête, capable de tenir 18 nœuds au portant sur mer belle.

Pour quoi faire ? Pour aller à terre déjeuner à Saint-Nicolas, faire un tour du tombolo qui relie l'île à Bananec à marée basse, se baigner dans le lagon si le mois s'y prête, et rentrer le soir dormir dans son propre lit. Pas pour découvrir l'archipel en profondeur. Pour ça, il faut y passer deux ou trois nuits, et c'est un autre sujet.

Pourquoi une journée suffit (et quand ça ne suffit pas)

L'archipel est petit. 12 îles et îlots, avec deux seulement qui se visitent à pied : Saint-Nicolas et Bananec, reliées par le tombolo à marée basse. Le reste est soit privé (Cigogne, Drénec, Le Loc'h), soit géré par une réserve naturelle où l'on ne met pas le pied (Guiriden, Brunec, Giautec et les bancs sableux). Quand on arrive à La Chambre, on est quasiment au cœur du dispositif : toutes les îles qui comptent sont à un coup d'annexe.

La journée de 10 heures de présence permet de faire le tour de ce qui est accessible sans se presser. Déjeuner à 13h chez Les Viviers ou à La Boucane, marche sur le tombolo entre 14h et 15h (attention à l'heure de marée basse, elle commande tout), un dernier bain, et on lève l'ancre.

Ce que la journée ne permet pas :

  • Voir l'archipel sans les bateaux d'excursion. Les vedettes de Concarneau, Beg-Meil et Bénodet arrivent entre 10h30 et 11h, et repartent entre 16h et 17h. Entre 11h et 16h, Saint-Nicolas compte plusieurs centaines de personnes. C'est la rançon du concept.
  • Mouiller ailleurs qu'à La Chambre. Le trou ouest de Penfret, le mouillage devant Le Loc'h, la Pie, ça se fait sur deux jours minimum.
  • Attendre que la météo tourne. Une journée fermée, c'est annulé sec. Le plan de route suppose une fenêtre tenue sur 10 heures, sans grain annoncé.

Si vous avez deux jours, mieux vaut les prendre. Si vous n'en avez qu'un, voilà comment le construire.

Départ Concarneau, 7h

La capitainerie de Concarneau veille sur le canal VHF 9. L'accès au port est possible à toute heure de marée, ce qui simplifie la journée : pas de seuil à franchir, pas de fenêtre à coincer sur l'étale. On part quand on veut.

Je commande mes propres départs à 7h pile, sortie par la passe ouest, puis cap au sud-sud-ouest sur la route directe des Glénan. À partir du feu d'entrée, comptez environ 9 milles jusqu'au phare de Penfret, qui marque le premier contact avec l'archipel. Penfret à tribord, on continue au sud-ouest, on passe par la passe des Pierres Noires ou celle de La Pie selon la provenance et le vent, et on se présente à La Chambre par le nord.

Pourquoi 7h et pas 9h ? Parce que la traversée se fait avant que les vedettes ne chargent leurs passagers à Concarneau (le premier départ tourne autour de 10h sur la saison). Arriver sur La Chambre à 9h30-10h, c'est prendre sa bouée ou mouiller sur sable pendant qu'il reste de la place, et avant que la zone ne devienne bruyante.

Point pratique : en juillet-août, le mouillage est saturé à partir de 11h. J'ai vu des voiliers tourner 30 minutes en mai pour trouver un trou à La Chambre. Ça n'arrive pas quand on se présente tôt.

Route, passes et fond

La route classique depuis Concarneau suit un cap autour de 210-220° selon votre point exact de départ et le vent du jour. Rien de technique, pas de cailloux à gérer en milieu de parcours : les 7 premiers milles sont en eau libre, on lève la grand-voile dès que le vent est stable (nord-ouest à ouest dominants en saison), on met le pilote, on surveille l'AIS pour les passages de ligne de cargos vers Saint-Nazaire.

À l'approche de l'archipel, trois passes principales servent selon la météo et le tirant d'eau :

  • La passe des Pierres Noires, à l'est, la plus balisée
  • La passe de La Pie, au nord, directe sur Saint-Nicolas
  • La passe de l'Est, peu utilisée en plaisance

Le SHOM garantit les profondeurs à 1 mètre près dans l'archipel, ce qui est la marge confort normale sur ce type de zone. À La Chambre même, le fond est de sable fin entre 2 et 4 mètres selon la marée et la position choisie. L'ancre accroche bien, j'ai rarement dragué sur ce spot en 4 saisons de passages.

Précision tirant d'eau : avec 1,80 m, vous passez partout à marée haute et à mi-marée. À marée basse par grand coefficient (110+), des bateaux à 1,80 m ont posé la quille dans La Chambre ; des retours sur 2 m de TE sont plus mitigés. Si votre bateau tire 1,90 m ou plus, visez la partie nord-ouest du mouillage, plus creuse, et gardez un œil sur le sondeur pendant l'heure qui précède la basse mer.

Un détail qui compte : la pointe sud-est de Bananec porte la bouée cardinale est de la pointe de la Baleine. Repère utile quand on arrive par le nord-est et qu'on cherche à se placer à La Chambre par le bon côté.

Arrivée La Chambre, 10h

La Chambre, c'est ce que les plaisanciers appellent le meilleur mouillage de l'archipel, et le seul vrai abri de tous les vents à marée basse. À pleine mer, si le vent est d'est frais, un petit clapot passe dans la cuvette ; ça reste confortable, mais c'est moins lisse. Les 100 emplacements officiels (chiffre de la mairie de Fouesnant, qui gère le champ de bouées) se remplissent vite en juillet-août.

Deux options en arrivant :

  • Prendre une bouée posée par la mairie de Fouesnant. Tarif à confirmer auprès de la capitainerie de Fouesnant (02 98 94 97 30), le barème change d'une saison à l'autre.
  • Mouiller sur sable, dans les zones encore libres. Longueur de chaîne classique : 4 fois la hauteur d'eau à pleine mer.

Je prends la bouée quand elle est disponible et que j'ai les bons papiers pour régler à distance, je mouille sur ancre quand le champ est plein. La tenue est bonne dans les deux cas.

Une fois posé, on gonfle l'annexe, on vérifie qu'on a les clés du bateau bien rangées (oui, j'ai déjà vu un équipage rentrer à l'annexe à 16h30 et réaliser que les clés étaient restées à bord : heureusement Saint-Nicolas n'est pas loin), et on file à terre.

Déjeuner à Saint-Nicolas

Deux adresses sur l'île, pas une de plus : Les Viviers des Glénan et La Boucane. Les deux servent deux services par jour, déjeuner et dîner, avec des capacités limitées volontairement. Les Viviers plafonne à 50 couverts par service pour tenir un niveau de cuisine. Ce qui veut dire : en juillet-août, il faut réserver plusieurs jours à l'avance. En plaisance, je réserve au moment où je décide de la journée, pas la veille au soir.

À noter : les deux restaurants sont fermés hors saison. Entre novembre et mars, Saint-Nicolas n'a rien à offrir à manger. Avril à octobre, c'est ouvert, avec des jours variables en mi-saison. Appeler avant de partir, c'est le bon réflexe.

Pour un aller-retour dans la journée, le déjeuner à terre est le moment central. C'est ce qui justifie la course horaire. Sinon autant prendre un sandwich et le manger au mouillage, avec un autre type de plaisir, peut-être plus tranquille mais moins marqué.

Si les deux restaurants sont pleins, sachez-le avant d'appareiller. On peut alors basculer sur un déjeuner au bateau, le ventre plein à 14h, et consacrer l'après-midi à la marche et à la baignade. Ce n'est pas un échec, juste un plan B à avoir en tête.

Après-midi : tombolo, baignade, sieste courte

Le tombolo qui relie Saint-Nicolas à Bananec se découvre deux fois par jour à la marée basse. Cordon de sable blanc, eau transparente, c'est la carte postale classique des Glénan. Pour en profiter, il faut que la basse mer tombe entre 14h et 16h votre jour. Vérifiez la table avant de fixer la date : un tombolo qui ne sort qu'à 18h, c'est un tombolo que vous ne verrez pas.

La baignade se fait devant Bananec côté ouest (eau claire, fond propre, 2 à 3 mètres à mi-marée) ou dans La Chambre même si le soleil chauffe un peu la couche de surface. Température réaliste : 15 à 16 °C en juin, 17 à 18 °C en juillet, pic à 19 °C autour du 15 août. Ce n'est pas les Calanques, on entre comme il faut entrer, d'un coup.

Mon schéma type : 13h à 14h30 déjeuner, 14h30 à 15h30 marche sur le tombolo et côté Bananec, 15h30 à 15h45 retour à l'annexe. J'ai 15 minutes pour refermer le bateau et lever l'ancre. À 16h, je suis route de retour.

Appareillage 15h-16h, retour 17h

Pourquoi ne pas traîner jusqu'à 18h ? Deux raisons.

D'abord, la thermique. En Bretagne Sud, la brise d'ouest monte souvent de 10 à 18 nœuds entre 14h et 17h, puis elle tombe en début de soirée. Partir à 15h30, c'est partir avec de la brise pour le retour. Partir à 18h, c'est rentrer au moteur par petit temps, et parfois dans une houle résiduelle désagréable.

Ensuite, la nuit. Un retour à 19h30 en juillet, ça va. Un retour à 19h30 en septembre, c'est la tombée du jour sur une approche de port que vous connaissez peut-être mal dans le noir. Garder une heure de marge, c'est ce qui fait la différence entre une journée réussie et un arrivée crispée.

Route retour : cap inverse, 030-040° selon le vent, 1h30 à 2h selon l'allure. J'arrive sur la passe de Concarneau vers 17h, je suis à ma place de port pour 17h30. Douche, bilan de la journée, on ressort le soir à pied pour dîner en ville si on a encore la forme.

Les cas où la journée ne passe pas

Il y en a trois.

Premier : la météo bascule en cours de journée. Grain annoncé à 15h, bascule de vent à 12h avec renforcement à 25 nœuds : on ne tente pas le retour avec un équipage fatigué par une journée dehors, un enfant qui a pris le soleil et un déjeuner au vin blanc dans les jambes. On cherche une bouée à La Pie (plus abritée au sud-ouest par Saint-Nicolas), et on dort sur place. Prévoir dans le sac de plage une ou deux affaires de nuit, c'est du bon sens.

Deuxième : brume matinale qui ne lève pas. En juin et septembre, on peut rester coincé dans Concarneau derrière un mur gris jusqu'à 10h. Partir à 10h pour arriver à 12h à La Chambre, c'est raccourcir tout le reste. Soit on part quand même en soignant sa veille radar et AIS, soit on décale la journée. Pas de honte à rester au port.

Troisième : coefficient trop fort et tirant d'eau limite. Avec 1,95 m ou 2 m de TE, par coefficient 105+, La Chambre est tendue. Pas impossible, mais tendue. Pour un jour unique, ça peut suffire à annuler. Regardez les coefficients 3 jours avant : au-dessus de 100 en été, méfiez-vous, et en cas de doute, visez une date à 70-80.

Un incident stressant en traversée marque plus longtemps qu'une journée annulée. J'ai écrit sur la question dans ce retour sur une nuit où j'avais mal lu la météo, et la leçon tient pour une sortie d'un jour comme pour une semaine.

Préparation veille et matin du départ

Ce qui se prépare la veille :

  • Réservation du déjeuner (téléphone, confirmation SMS si possible)
  • Table de marée imprimée ou capturée sur le téléphone, basse mer du jour surlignée
  • Plein d'eau et plein de carburant la veille, pas le matin
  • Sondage météo sur Météo-France marine et Windy, deux sources croisées pour vent et houle
  • Sac à terre prêt : crème solaire, casquette, chaussures qui passent sur les rochers, eau, serviettes

Ce qui se fait le matin :

  • Briefing équipage 10 minutes avant de larguer
  • Vérification huile moteur, batteries, niveaux
  • VHF sur 16 et veille 79 pour le bulletin CROSS Étel de 7h03
  • Horaires de basse mer et haute mer notés au cockpit sur un bout de papier

C'est bête, mais un post-it avec trois chiffres au tableau de bord, c'est ce qui évite de ressortir le téléphone quinze fois dans la journée.

Comparer avec d'autres journées au départ de Concarneau

Les Glénan à la journée, c'est la sortie reine, celle qui marque la saison. Mais vous pouvez aussi basculer sur :

  • Beg-Meil en aller-retour, 6 milles, plus léger
  • Port-la-Forêt en crochet, déjeuner au port, 4 milles
  • L'Odet jusqu'à Bénodet et retour, 12 milles, plus technique avec les courants de rivière

Pour une logique de mouillage plus poussée sur l'archipel, voir le retour de Maëlle sur les différents mouillages des Glénan et, sur La Chambre spécifiquement, la fiche détaillée du mouillage.

Sources et vérifications

  • Distance Concarneau-Glénan : 9 milles depuis Penfret, 10 milles depuis Concarneau en route directe. Source : calculateur de distance nautique matsu-aquila.fr, forum Hisse et Oh.
  • Capitainerie Concarneau : VHF 9, téléphone 02 98 97 57 96, horaires été 7h-21h, accès possible à toute marée. Source : bateaux.com / port-plaisance-concarneau.fr, consulté le 18 avril 2026.
  • Mouillage La Chambre : 100 emplacements gérés par la mairie de Fouesnant, bouées payantes. Source : ville-fouesnant.fr, Navily fiche La Chambre.
  • Tirant d'eau dans l'archipel : SHOM garantit les profondeurs à 1 m près, retours d'expérience à 1,80 m qui posent en vive-eau. Source : forum Hisse et Oh, fbouf.fr.
  • Restaurants Saint-Nicolas : Les Viviers des Glénan et La Boucane, 50 couverts par service maximum, réservation plusieurs jours à l'avance en été. Source : lesviviersdesglenan.fr, tourisme-fouesnant.fr.
  • Capitainerie de Fouesnant pour infos bouées : 02 98 94 97 30, capitainerie@ville-fouesnant.fr.