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Hivernage bateau : check-list complète par type

Check-list d'hivernage par type de bateau : voilier à flot, voilier à sec, semi-rigide, open moteur, vedette habitable. 32 points vérifiés, par ordre logique.

Guide pratique pour organiser un hivernage complet selon le type de bateau. La liste ci-dessous agrège les protocoles diffusés par les chantiers navals, les assureurs plaisance, et les notices constructeur. Elle vise un propriétaire qui prend ses décisions d'entretien seul, sans confier l'ensemble à un chantier, et qui souhaite disposer d'un ordre d'exécution cohérent.

Les durées et coûts indiqués sont des moyennes observées sur la saison 2025-2026 en Bretagne et sur la façade atlantique. Les chiffres varient selon le chantier et la région. Aucun point de la check-list n'est optionnel : sauter une étape sur un poste critique (circuit d'eau, batteries, réservoir de carburant) peut coûter plusieurs milliers d'euros au printemps.

Check-list commune à tous les bateaux

Avant toute chose, ces 8 points s'appliquent à tous les types de bateau, qu'il soit à flot ou à sec, voilier ou moteur, de 5 ou de 15 mètres.

  • Nettoyage extérieur complet : coque, pont, cockpit, roof, à l'eau douce et au savon neutre. Évite la fixation des algues, sels et pollutions organiques qui deviennent difficiles à enlever après 4 mois.
  • Vidange du réservoir d'eau douce et rinçage du circuit à l'antigel alimentaire (type propylène glycol non toxique). Compter 5 à 8 litres d'antigel selon la taille du circuit.
  • Vidange du circuit des eaux usées (toilettes marines, cuve à vannes fermées) et antigel dans les tuyaux. Risque principal : gel d'un coude de tuyauterie qui fend.
  • Batteries débranchées ou sous chargeur flottant. Deux options. Soit les débrancher physiquement (cosses retirées) après une charge pleine à 100 %. Soit les maintenir sous chargeur intelligent 12/24 V en mode float. Une batterie déchargée laissée 4 mois à bord est une batterie morte.
  • Vidange ou traitement carburant. Pour un moteur essence : ajouter un stabilisateur carburant type Stabil et faire tourner 10 minutes pour faire circuler. Pour un diesel : remplir le réservoir à 95 % pour limiter la condensation, et ajouter un biocide préventif contre le développement bactérien.
  • Ventilation permanente du bateau pendant l'hivernage. Aérateurs solaires, grilles de coffres ouvertes, coussins relevés. Fermer hermétiquement fait moisir à coup sûr.
  • Photographies datées de l'état du bateau au moment de l'hivernage (coque, moteur, intérieur). Documents utiles en cas de sinistre entre novembre et mars.
  • Vérification assurance en vigueur et couverture pendant la période d'hivernage. Certains contrats exigent une déclaration d'hivernage à terre ou à flot selon le type.

Voilier à flot

Configuration la plus courante pour les voiliers de croisière récents, bien entretenus, à la place de port habituelle. Check-list spécifique de 10 points.

  • Amarres doublées sur tous les taquets, avec garde-corps ou amortisseurs inox si possible. Coups de vent d'hiver de 60 à 80 nœuds réguliers sur les façades atlantique et Manche.
  • Gréement affalé ou sécurisé : drisses ramenées au mât pour éviter le chant d'écho dans les haubans. Voiles descendues et stockées à sec dans un local chauffé si possible. Une voile laissée sur enrouleur 4 mois se dégrade par rayonnement UV hivernal moindre mais réel.
  • Lazyjacks et bômes ramenés sur axe. Taud de protection cockpit monté.
  • Housse cockpit sur mesure recommandée, durée de vie 8 à 12 ans. Prix 500 à 900 euros pour un voilier 10 à 12 m. Investissement qui se rentabilise sur 3 saisons.
  • Vanne de fond systématiquement fermée sauf celle de la pompe de cale automatique.
  • Pompe de cale sur circuit électrique indépendant alimentée par batterie chargée. Vérifier que le flotteur se déclenche dès 1 cm d'eau.
  • Visites hebdomadaires en décembre-janvier (20 minutes à bord) : pompe de cale, odeurs, niveaux batterie, humidité intérieure.
  • Test moteur une fois par mois pour éviter le grippage. 15 minutes au ralenti à température, vanne d'eau ouverte.
  • Désinfectant antimoisissure dans les coffres humides (cales avant, coffres de cockpit).
  • Carnet de bord d'hivernage tenu à jour : chaque visite est datée et les écarts notés.

Voilier à sec sur ber

Check-list pour un voilier sorti de l'eau, stocké sur une aire technique ou dans un hangar, pendant 4 à 6 mois. 7 points spécifiques en plus du tronc commun.

  • Ber adapté au bateau, avec ceinture de soutien à la quille et supports latéraux rembourrés aux bonnes cotes. Un ber mal positionné provoque des déformations de coque.
  • Bâche de protection étanche mais respirante (type polyéthylène microperforé ou toile acrylique). Éviter le polyéthylène plein qui piège l'humidité.
  • Safran en position libre ou démonté selon l'accessibilité. Permet l'entretien de la mèche hors saison.
  • Passe-coques ouverts et purgés pour éviter la stagnation d'eau dans les vannes et les circuits.
  • Antifouling poncé léger au printemps avant remise à l'eau, application de 1 à 2 couches selon l'usure constatée. Le tarif est équivalent à flot ou à sec, mais la préparation est plus confortable à sec.
  • Anodes vérifiées et remplacées si usure supérieure à 40 %.
  • Accès protégé contre le vandalisme et le vol si l'aire technique n'est pas gardiennée. Fermer les coffres et la cabine à clé, retirer l'électronique démontable si possible.

Pour comparer les avantages et inconvénients des deux méthodes, voir le retour d'expérience sur l'hivernage à flot vs à sec sur 5 saisons qui donne les coûts réels en 2024-2025.

Semi-rigide ou open moteur

Les bateaux sans cabine fermée ont une logique d'hivernage spécifique, plus orientée moteur et structure.

  • Stockage sur remorque hors d'eau recommandé. Le semi-rigide supporte mal un hivernage à flot en zone de gel (risque sur les flotteurs et l'électronique embarquée).
  • Démontage et rangement intérieur de toute l'électronique démontable (sondeur, GPS portable, radio VHF portable). Stockage au sec à température ambiante.
  • Flotteurs des semi-rigides dégonflés à 50 % pour limiter la tension sur les tissus et les coutures pendant les écarts de température. Ne pas dégonfler complètement, le tissu se plisse.
  • Lavage intérieur et extérieur au Silverly (nettoyant spécifique hypalon) si flotteur en hypalon, au nettoyant neutre si PVC. Application d'un protecteur UV type 303 Aerospace Protectant.
  • Moteur hors-bord hiverné verticalement pour permettre l'évacuation complète de l'eau de refroidissement. Jet d'eau douce dans le circuit jusqu'à sortie d'eau claire.
  • Bougies dévissées, 5 à 10 ml d'huile moteur dans chaque chambre de combustion avant remontage. Évite la corrosion de piston pendant 4 mois d'immobilisation.
  • Hélice démontée, nettoyée, graissée sur l'arbre avant remontage. Vérification du joint d'arbre, remplacement tous les 3 ans.

Pour le protocole moteur hors-bord en détail, se référer à l'entretien moteur hors-bord, protocole annuel.

Vedette habitable ou motor-yacht

Les vedettes de 8 à 15 mètres motorisées par un ou deux diesel inboard réclament un entretien spécifique, souvent délégué à un professionnel, mais que le propriétaire peut superviser.

  • Vidange huile moteur chaude après dernière sortie, filtre à huile neuf et filtre carburant neuf.
  • Vidange transmission ou Z-drive, remplacement du joint si fuite constatée. 60 à 120 euros de pièces par transmission.
  • Circuit de refroidissement rincé à l'antigel si le moteur reste à bord en zone de gel. 6 à 12 litres d'antigel selon la cylindrée.
  • Inverseur mis en position neutre, arbre libre de tourner.
  • Réservoirs de gas-oil traités au biocide si stockés pleins. Le développement bactérien dans le gasoil est la première cause de panne au redémarrage printanier.
  • Compartiment moteur ventilé par grille ou aérateur solaire pendant l'hivernage. L'enfermement favorise la corrosion des pièces électriques.
  • Coffres de chaîne vidés et séchés, chaîne graissée et marquée tous les 10 mètres pour la saison suivante.

Ordre d'exécution recommandé

Un hivernage bien fait prend 1 à 2 journées de travail réparties sur 2 à 3 week-ends en octobre-novembre. Ordre logique :

  • Sortie de l'eau si à sec, dernière ballade moteur si à flot
  • Nettoyage extérieur complet
  • Vidange des circuits hydrauliques et des fluides moteur
  • Pose du matériel d'hivernage (housse, bâche, chargeur)
  • Rangement intérieur (voiles, coussins, électronique)
  • Fermeture de vannes, débranchement batteries
  • Photographies datées et carnet de bord final

Un hivernage raté coûte 1 200 à 3 500 euros en réparations au printemps (moteur grippé, coque fissurée, électronique noyée). Un hivernage bien conduit représente 6 à 10 heures de travail personnel et 80 à 150 euros de fournitures (antigel, stabilisateur, antimoisissure). Le ratio effort/coût évité est largement en faveur du propriétaire qui prend le temps.

Pour les décisions structurelles autour de l'hivernage (à flot ou à sec, lequel choisir), le retour d'expérience sur l'hivernage à flot vs à sec détaille le comparatif chiffré sur 5 saisons.

Sources et références

  • Notice hivernage constructeur Beneteau 2024, accessible sur le site beneteau.com
  • Notice hivernage Zodiac et Bombard pour semi-rigides, disponibles sur les sites des constructeurs
  • Guide entretien moteur Yamaha et Mercury, documentation technique 2025
  • Protocoles assureurs plaisance April Marine, Generali Navi, 2026
  • Fédération des Industries Nautiques, recommandations hivernage consolidées 2025

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