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Bénéteau Antares 11 : avis, fiche technique, occasion 2026

Vedette timonier Bénéteau Antares 11 : dimensions, motorisation 2x300 cv, prix neuf 2026, fourchettes occasion et retours d'un plaisancier qui a navigué dessus.

Résumé

Vedette timonier de 11,08 m signée Bénéteau, coque planante avec double motorisation hors-bord (2 x 200 ou 2 x 300 cv) ou moteurs inboard selon la déclinaison Fly. Deux cabines, couchage pour 4 à 5 personnes en croisière, grand cockpit ouvert pour la navigation côtière famille. Budget neuf 2026 autour de 250 000 à 310 000 euros en OB bien équipé, jusqu'à 316 680 euros TTC pour un Fly avec 2 x 300 cv Mercury V8 et joystick. Occasion : entre 90 000 et 180 000 euros selon l'année et la motorisation, avec un pic d'offres sur les modèles 2020-2022.

Ce que l'Antares 11 propose vraiment

Je navigue sur des timoniers depuis quinze ans, j'ai eu deux Antares avant celui-là (un 680 et un 805 pendant huit saisons), et j'ai passé trois jours en mer sur un 11 OB équipé 2 x 300 cv Mercury en septembre 2025, au départ de La Grande-Motte. Une vraie sortie famille avec nuit au mouillage, appareillage par 15 noeuds de mistral, et retour au port par mer formée.

L'Antares 11 reprend l'esprit des vedettes timonier Bénéteau des années 2000 (l'Antares 9, 10.80, 13.80) adapté au goût actuel : plus de lumière, plus d'ouverture vers le cockpit, lignes moins massives. La cible est claire : plaisancier côtier famille qui veut un bateau polyvalent, capable de sortir à six adultes à la journée et de faire un week-end à quatre avec deux enfants dans la cabine arrière.

C'est un bateau honnête. Pas un coup de foudre, pas une déception. La vraie question, c'est : vaut-il son prix face à un Jeanneau Merry Fisher 1095 ou à un Quicksilver Pilothouse 875 ?

Fiche technique du 11 OB

Les chiffres officiels de Bénéteau (site constructeur, consulté en avril 2026) :

  • Longueur hors tout : 11,08 m
  • Largeur : 3,51 m
  • Tirant d'eau : 0,80 m
  • Déplacement à vide : 6 100 kg
  • Capacité carburant : 800 litres
  • Capacité eau douce : 200 litres
  • Réservoir eaux noires : 80 litres
  • Motorisation hors-bord : 2 x 200 cv ou 2 x 300 cv
  • Vitesse maxi avec 2 x 300 cv : 35 noeuds
  • Vitesse de croisière à 2 x 300 cv : 24 noeuds pour 103 l/h
  • Catégorie CE : B (hauturier limité, vent jusqu'à force 8, vagues jusqu'à 4 m)
  • Capacité maxi : 10 personnes à la journée

Le 0,80 m de tirant d'eau change tout pour le plaisancier qui veut naviguer en Méditerranée côtière ou qui passe régulièrement par des zones peu profondes en Atlantique (Bassin d'Arcachon, rade de Lorient, estuaires bretons). C'est le vrai atout technique du bateau par rapport à une vedette inboard classique qui demande 1,10 à 1,20 m sous la quille.

Les 800 litres de carburant permettent une autonomie confortable : à 24 noeuds et 103 l/h (soit 4,3 litres par mille), on tient environ 185 milles avec 80 % du réservoir, c'est-à-dire un aller-retour Saint-Tropez-Calvi sans remplir. À 18 noeuds de croisière économique, on tombe autour de 60 l/h et l'autonomie passe à 240 milles.

La version Fly (pilothouse avec flybridge) partage la même coque mais gagne un poste de pilotage extérieur sur le toit. C'est une autre philosophie, et le poids augmente de 400 à 500 kg selon équipement. La Fly pèse plus lourd, consomme plus, se revend mieux en Méditerranée.

En navigation : le timonier qui fait son job

Appareillage à 8 h du matin dans le golfe du Lion, 15 noeuds établis au 270, mer clapot de 50 cm à 1 m. Le bateau sort du port sans surprise, la double hélice facilite les manoeuvres (surtout avec le joystick option à 4 500 euros que je recommande vivement si vous hésitez). Cap sur les Stes-Maries-de-la-Mer, 18 milles dans le petit temps.

À 18 noeuds, régime économique, la timonerie reste parfaitement exploitable. Visibilité 360 degrés depuis le poste de pilotage intérieur, c'est le premier vrai argument du bateau pour la navigation côtière française : à Sète, à Saint-Raphaël, à Saint-Malo, on navigue souvent par temps couvert, par crachin ou par bon vent. Le timonier fait sa vraie différence dans ces conditions, pas en plein cagnard d'août.

À 24 noeuds, la carène planante s'installe, la consommation grimpe à 103 litres heure. C'est beaucoup si vous faites 200 milles par saison. C'est raisonnable si vous êtes dans la moyenne française (80 à 120 heures moteur par an selon l'enquête 2023 de la Fédération des Industries Nautiques).

Retour l'après-midi par mer formée sur le travers, clapot court de 1,20 m, vent établi 25 noeuds. Le bateau tape sec sur les premières vagues, l'étrave plonge moins qu'un Merry Fisher 1095 (je l'ai comparé en duo dans le golfe de Saint-Tropez en 2024) mais plus qu'un Nimbus T11. Rien d'inquiétant. Les affaires qui ne sont pas rangées en cabine valsent.

Mon avis technique : la coque OB est pensée pour naviguer à 22-26 noeuds. En dessous, le bateau déjauge mal et consomme disproportionnellement. Au-dessus, il tape plus que nécessaire. Le créneau est serré mais confortable quand on trouve son régime.

Aménagement intérieur : deux cabines vraiment utiles

La cabine avant a un vrai lit queen-size (1,40 x 2,00 m pour ce que j'ai mesuré, la doc officielle parle de dimensions identiques). Hauteur sous barrots 1,90 m devant, 1,20 m au niveau des pieds, ce qui est standard sur ce segment. Rangement sous le matelas accessible par vérin hydraulique, soute pour deux valises.

La cabine arrière de pleine largeur (transversale) est la vraie surprise. Elle couche trois personnes selon Bénéteau, plus réalistement deux adultes plus un enfant, ou deux enfants confortables. Le lit fait 1,90 x 1,90 m environ, avec une hauteur sous barrots plus basse (1,10 m). C'est la cabine idéale pour les enfants qui dorment dedans sans jamais se cogner le matin.

Le carré salon transforme en couchage d'appoint (deux adultes serrés ou deux enfants), ce qui porte la capacité théorique à six couchages. En pratique, je recommande quatre pour un week-end prolongé et cinq pour une nuit de dépannage.

La cuisine en longueur comporte deux plaques électriques, un évier, un réfrigérateur 75 litres, et un four micro-ondes en option. Ce n'est pas un bateau pour faire des pâtes au pesto tous les soirs de croisière. Pour trois nuits, ça passe. Pour deux semaines aux Baléares, prévoyez le restaurant.

La salle d'eau avec douche séparable est correcte. Hauteur 1,85 m, WC marine électrique, évier, miroir, rangement pour trousses de toilette. Le système d'eaux noires (réservoir de 80 litres) est standard, conforme aux zones à réglementation renforcée.

Le cockpit : le vrai lieu de vie

C'est là que l'Antares 11 se démarque vraiment. Le cockpit fait autour de 6 m² (estimation sur pont), avec :

  • Banquette en U à l'arrière pour six personnes
  • Table démontable en teck (option, comptez 1 800 euros chez le concessionnaire)
  • Plage de bain hydraulique à l'arrière sur la version Fly, manuelle sur l'OB
  • Douchette eau douce sur le tableau arrière
  • Sellerie extérieure vinyle marine standard

Le passavant tribord est un peu étroit (25 cm environ au plus resserré), classique des vedettes familiales. Rien de dramatique mais demandez à votre compagne ou compagnon de voir s'il passe confortablement avant l'achat : c'est le premier motif de regret sur ce type de bateau.

À qui je le conseille, à qui je ne le conseille pas

Je le conseille :

  • au plaisancier côtier qui fait 80 à 150 heures par saison, en famille avec enfants jusqu'à 12 ans
  • à celui qui veut un bateau passe-partout pour sortir en Méditerranée depuis Cavalaire, Sanary, La Grande-Motte, ou en Atlantique depuis Arcachon et La Rochelle
  • à celui qui change de vedette tous les 5 à 7 ans et privilégie la revente (Bénéteau a le meilleur réseau France-Europe, la décote est plus douce que sur les marques plus confidentielles)
  • à celui qui a besoin d'un timonier pour naviguer hors été (mai, juin, septembre, octobre en Atlantique, toute l'année pour certains en Méditerranée)

Je ne le conseille pas :

  • au pêcheur côtier sérieux qui sort à la traîne ou à l'épave. Le cockpit n'est pas pensé pour ça, et un semi-rigide ou un day-cruiser pêche fera mieux pour moitié moins cher. Voir mon retour sur le Valiant 625 Sport Fishing pour comparer.
  • au couple qui vit à bord plus de deux semaines d'affilée. Trop petit, cuisine trop basique, pas assez de rangements.
  • au chasseur de performance. À 35 noeuds de vitesse maxi avec 2 x 300 cv, ce n'est pas un bateau rapide selon les standards du segment. Un Jeanneau Flyer 9 ou un day-cruiser open dépasse les 40 noeuds avec une motorisation équivalente.

Occasion 2026 : la fourchette honnête

J'ai épluché Annonces du Bateau, YachtWorld, Band of Boats et Leboncoin entre janvier et avril 2026. Le marché Antares 11 est actif mais pas surdimensionné : 20 à 25 annonces actives en permanence en France et sur les côtes méditerranéennes européennes.

Les fourchettes que j'observe (moteur récent, entretien suivi, équipement correct) :

AnnéeMotorisationHeures moteurFourchette prix
2019-20202 x 200 cv400 à 600 h90 000 à 120 000 euros
2019-20202 x 300 cv400 à 600 h110 000 à 140 000 euros
2021-20222 x 200 cv200 à 400 h130 000 à 160 000 euros
2021-20222 x 300 cv200 à 400 h150 000 à 180 000 euros
2023-20242 x 300 cvmoins de 200 h200 000 à 240 000 euros

Sur Annonces du Bateau en avril 2026, la fourchette affichée allait de 35 000 à 324 900 euros, ce qui inclut des bateaux mal entretenus ou avec moteurs anciens en bas de gamme, et du neuf-quasi-neuf en haut.

Ce qu'il faut vérifier à l'essai :

  1. L'état des hélices et des embases hors-bord. Une embase refaite à 500 heures coûte 3 500 à 5 000 euros pièce. Deux embases = le prix d'un entretien annuel complet.
  2. L'électronique de bord. Les écrans Raymarine ou Garmin de 2019 commencent à dater. Prévoyez 3 000 à 6 000 euros de mise à niveau si vous êtes équipé en cartographie moderne.
  3. La sellerie du cockpit. Le vinyle marine se décolore au soleil méditerranéen en 6 à 8 ans. Remplacement complet : 4 000 à 6 000 euros.
  4. Le gelcoat. Les Antares 11 sortis entre 2019 et 2021 ont parfois des micro-fissures sur les passages de pont très exposés. Rien de structurel, mais cosmétique désagréable à réparer (1 500 à 3 000 euros).
  5. L'historique d'entretien des moteurs. Mercury et Yamaha ont des carnets électroniques consultables chez le concessionnaire. Un moteur 200 cv sans historique vaut 2 500 euros de moins, 300 cv sans historique 3 500 euros de moins.

Le sweet spot actuel selon moi : un 2021 avec 2 x 300 cv Mercury V8 autour de 300 heures, à 155 000 à 165 000 euros. On a le bateau moderne, des moteurs récents avec encore 1 500 heures de vie devant, et une décote déjà absorbée.

Comparaison rapide avec les concurrents directs

  • Jeanneau Merry Fisher 1095 : quasi-jumeau technique, un peu moins cher en neuf (220 000 à 280 000 euros), plus étroit en cabine arrière mais plus marin à mon goût. L'ancien propriétaire sur lequel j'ai essayé le 11 OB hésitait encore entre les deux.
  • Quicksilver Pilothouse 875 : un cran en dessous en taille et en prestations, 160 000 à 200 000 euros neuf, finition plus rustique mais qualité prix excellente pour le pêcheur-cruiseur.
  • Nimbus T11 : plus haut de gamme, finition scandinave, 350 000 à 420 000 euros neuf, tenue de mer supérieure. Public différent.
  • Bénéteau Antares 9 OB : le petit frère à 200 000 à 240 000 euros neuf, 8,99 m. Ceux qui n'ont pas besoin des deux cabines trouveront leur compte pour 60 000 à 80 000 euros de moins. Voir mon retour détaillé sur l'Antares 7 pour la gamme.

Sources

  • Bénéteau, site constructeur : page Antares 11 OB (consultée en avril 2026), fiche technique, motorisations, prix indicatifs
  • SGB Finance, guide Bénéteau Antares 11 : prix et financement
  • YachtWorld, Annonces du Bateau, Band of Boats, iNautia, Leboncoin : relevé d'annonces d'occasion janvier-avril 2026
  • GlobeSailor, fiche technique Antares 11 OB
  • Technic Marine Plaisance, fiche Antares 11 OB neuf