Résumé
Le phare des Baleines, à la pointe nord-ouest de l'île de Ré, abrite deux ouvrages : la tour de Vauban construite en 1682, et le phare actuel de 1854 qui culmine à 57 mètres. Avec ses 257 marches, il offre l'un des plus beaux panoramas de la côte atlantique. Plus de 200 000 visiteurs par an.
Une pointe dangereuse depuis l'Antiquité
La pointe ouest de l'île de Ré est l'un des promontoires les plus exposés de la côte atlantique française. Les courants entre l'île et les pertuis charentais s'y combinent avec la houle d'ouest, et les fonds rocheux affleurants ont fait des ravages dans la marine commerciale et militaire pendant des siècles.
Le nom même de la pointe, baptisée des Baleines, viendrait des cétacés qui s'y échouaient régulièrement, attirés ou désorientés par les courants. Les habitants de Saint-Clément-des-Baleines en tiraient une partie de leurs revenus jusqu'au dix-huitième siècle.
Au dix-septième siècle, après plusieurs naufrages spectaculaires de navires marchands en provenance de la Rochelle, Vauban est consulté pour faire ériger une signalisation pérenne.
La tour de Vauban en 1682
Sébastien Le Prestre de Vauban, ingénieur militaire de Louis XIV, conçoit en 1682 une tour-phare circulaire en pierre de taille. Elle mesure 29 mètres de haut et abrite une lanterne au sommet, où l'on entretient un feu de bois la nuit.
L'ouvrage est l'un des premiers phares modernes de la côte atlantique, et il fonctionne de manière continue jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle. Les gardiens montaient le bois par des escaliers extérieurs, et le feu brûlait toute la nuit avec une portée d'environ 5 milles selon les conditions de visibilité.
La tour de Vauban est aujourd'hui classée monument historique. Elle se visite en complément du phare moderne, et permet de comprendre l'évolution des techniques de signalisation maritime.
Le phare moderne de 1854
Avec l'augmentation du trafic maritime au dix-neuvième siècle et les progrès de l'optique de Fresnel, la tour de Vauban devient insuffisante. Sa portée et la qualité de son éclairage ne suffisent plus à signaler la pointe correctement aux nouveaux navires de commerce.
L'ingénieur Léonce Reynaud, par ailleurs auteur de plusieurs ouvrages emblématiques en mer d'Iroise, conçoit en 1849 un nouveau phare qui sera mis en service en 1854. La tour fait 57 mètres de haut, en pierre de taille de granit, avec une lampe à huile à mèches multiples concentrée par une lentille de Fresnel du premier ordre.
Au sommet, la lanterne offre une portée optique de 27 milles, considérablement supérieure à celle de la tour de Vauban. Le phare est électrifié en 1936, automatisé en 2000.
Les 257 marches
Le phare est ouvert au public et l'ascension fait partie des grandes attractions de l'île de Ré. Les 257 marches d'un escalier en colimaçon mènent à la galerie supérieure, juste sous la lanterne.
L'effort est réel. Comptez 8 à 12 minutes pour monter au rythme tranquille, sans pause. L'escalier est étroit et la circulation à double sens demande un peu d'attention.
Au sommet, le panorama récompense largement la montée. Par temps clair, vous voyez l'ensemble de l'île de Ré, le pertuis Breton, l'île d'Oléron au sud, La Rochelle à l'est, et parfois les côtes vendéennes au nord. Les jours de très bonne visibilité, le phare de Cordouan apparaît à l'horizon, à plus de 35 milles au sud.
Le musée et le site
Au pied du phare, un petit musée présente l'histoire des deux édifices, la vie des gardiens et l'évolution des techniques de signalisation. Photographies anciennes, lampes d'époque, lentilles de Fresnel démontées d'autres phares lors des modernisations.
L'ensemble du site est aménagé pour la visite, avec parkings, café, boutiques et espaces de pique-nique. C'est l'une des destinations touristiques majeures de l'île de Ré, avec une fréquentation très forte en juillet-août.
Tarifs et horaires en 2026
Tarif adulte 2026 : environ 5 euros pour le phare et le musée. Tarif enfant (5-17 ans) : 3,50 euros. Tarif famille disponible. Le site est ouvert toute l'année, avec horaires étendus en été et réduits en hiver.
Les jours de grand vent, l'accès à la galerie supérieure peut être fermé pour des raisons de sécurité. Vérifiez avant de venir si la météo est dégradée.
Visiter en bateau
Pour les plaisanciers, le port le plus proche est Saint-Martin-de-Ré, au nord-est de l'île, à environ 17 km du phare. Possibilité de louer un vélo sur place pour rejoindre la pointe ouest, c'est l'option la plus agréable. Les pistes cyclables de l'île sont remarquablement aménagées et permettent une balade tranquille à travers les marais salants et les villages classiques rétais.
Mouillage devant la pointe des Baleines déconseillé sauf par calme plat absolu. Les fonds sont rocheux et la houle d'ouest rend tout mouillage très inconfortable. Préférez les ports d'Ars-en-Ré ou de Saint-Martin-de-Ré pour une escale paisible.
Combiner avec d'autres curiosités
L'écomusée du marais salant, à Loix, complète bien la visite du phare. Il présente la culture du sel à Ré, qui a façonné les paysages depuis l'Antiquité.
L'abbaye de Châteliers, près de Saint-Martin-de-Ré, est une étape architecturale intéressante.
Pour les amateurs de phares, faire le détour par le phare des Sept Îles à Trousse-Chemise et par les feux de port du Bois-Plage permet de comprendre la signalisation locale en complément du grand phare des Baleines.
Pour préparer votre escale à l'île de Ré et anticiper les marées dans le pertuis Breton, BoatMap propose une cartographie nautique adaptée et les prévisions de courants à jour.
