Corse

Observer le poisson-lune au large de Corse

Mola mola, le poisson-lune, se voit en surface au large de la Corse en été. Comportement, sites d'observation et bonnes pratiques.

Résumé

Mola mola, le poisson-lune, se voit en surface au large de la Corse en été, généralement immobile, présentant son flanc au soleil. C'est le plus lourd des poissons osseux. Les observations se concentrent au large de la côte ouest et au sud, par fonds supérieurs à cinq cents mètres.

Le plus lourd des poissons

Mola mola, le poisson-lune ou poisson-soleil, est l'un des poissons les plus étranges au monde. Une silhouette ronde, presque circulaire, sans queue véritable. Une nageoire dorsale et une nageoire anale très hautes qui se font face. Une bouche petite et ronde. Un corps gris argenté, parfois bleuté, à la peau épaisse.

Et surtout une taille démesurée. Adulte, le mola atteint trois mètres de longueur et plus de mille kilos. Le record vérifié dépasse deux tonnes. C'est le plus lourd des poissons osseux au monde, l'équivalent en taille d'un petit cachalot, mais sans dents et sans agression.

Sa biologie est fascinante. Mola mola se nourrit principalement de méduses, qu'il consomme en quantités énormes. Une autopsie sur un mola adulte révèle parfois plusieurs kilos de méduses dans l'estomac. Il joue donc un rôle important dans la régulation des populations de cnidaires, ce qui en fait un allié précieux dans une Méditerranée envahie par les méduses.

Pourquoi en surface

Le mola passe la plupart de son temps en plongée, jusqu'à six cents ou huit cents mètres, à la recherche de méduses. Ces plongées le refroidissent fortement. Pour réchauffer son corps et faciliter la digestion, il remonte régulièrement en surface et se met sur le flanc, présentant un côté au soleil.

C'est cette position caractéristique qui rend le mola identifiable et observable. Vu de loin, il ressemble à un disque flottant, parfois confondu avec un cadavre de poisson ou un déchet flottant. C'est en s'approchant qu'on voit la nageoire dorsale émerger comme un aileron.

Une autre raison de la remontée : le toilettage. Le mola attire des oiseaux marins (mouettes, goélands) et des poissons nettoyeurs qui débarrassent sa peau des parasites. C'est l'un des spectacles rares à voir en mer : un mola immobile en surface, une mouette posée sur son flanc, attaquant à coups de bec les parasites cutanés.

Où le voir en Corse

Les observations en Corse se concentrent dans trois zones principales.

La côte ouest, entre Calvi et Ajaccio, par fonds supérieurs à mille mètres. Les molas sont régulièrement signalés au large de la pointe de la Revellata et du golfe de Sagone.

Les Bouches de Bonifacio, en particulier le secteur entre les Lavezzi et la Sardaigne. Eaux profondes, courants riches en méduses.

Le Cap Corse, surtout la pente continentale est, à plus de cinq milles de la côte.

Saison : juin à octobre, avec un pic en août et septembre quand les méduses sont les plus abondantes en Méditerranée.

Comment l'approcher

Le mola n'a pas la prudence d'un cétacé. Il est lent, paisible, et se laisse approcher facilement quand il est en surface. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut en abuser.

Coupez le moteur à cinquante mètres. Approchez en dérive, lentement. Si l'animal s'enfonce, ne le suivez pas.

Pas de plongée libre à proximité immédiate sans précaution. Le mola est calme, mais ses réactions sont imprévisibles, et un coup de queue (ou plutôt de pseudo-queue) peut être violent. Si vous tenez à plonger, restez à dix mètres minimum et observez sans toucher.

Pas de toucher. Sa peau est fragile et couverte d'une couche protectrice dont il a besoin.

Pas de remorquage, pas d'accroche. Plusieurs accidents ont été signalés où des plaisanciers tentaient de soulever ou de tirer un mola « endormi », ce qui peut blesser l'animal et les humains.

Les menaces

Mola mola n'est pas en danger critique mais subit plusieurs pressions.

Capture accidentelle dans les filets dérivants à thon (plus de cent mille molas capturés chaque année dans le monde, dont une partie en Méditerranée).

Ingestion de plastique, qu'il confond avec les méduses. Les sacs plastiques flottants sont une cause majeure de mortalité.

Réchauffement climatique qui modifie la distribution des méduses et donc des molas.

Collisions avec les bateaux. Sa position en surface le rend vulnérable, particulièrement aux ferries et aux navires rapides.

Les autres molas méditerranéens

Mola mola n'est pas la seule espèce de mola en Méditerranée.

Mola tecta, le mola dissimulé, a été décrit comme espèce distincte en 2017. Plus rond, sans la bosse frontale caractéristique du mola mola. Présent en Méditerranée mais distribution mal connue.

Ranzania laevis, le mola élancé, beaucoup plus petit (un mètre au maximum), de forme allongée. Espèce pélagique tropicale, observée occasionnellement en Méditerranée.

Pour identifier précisément, photographiez de près le profil et la queue, et soumettez vos photos à iNaturalist ou au programme MOLA-MOLA suivi par plusieurs centres scientifiques européens.

Signaler

L'application Obsenmer accepte les observations de molas en Méditerranée. Vos données contribuent au suivi de la population et à la compréhension de leur distribution.

Pour préparer

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