Bretagne Nord

Macareux moine en Bretagne, saison et sites

Le macareux moine niche aux Sept-Îles de mai à juillet. Sites, observation depuis la mer, distance d'approche et état de la population.

Résumé

Le macareux moine niche en Bretagne uniquement aux Sept-Îles, sur l'îlot Rouzic. La saison s'étend de fin avril à juillet. La population française est en chute, environ deux cents couples aujourd'hui contre plusieurs milliers au début du vingtième siècle. Distance d'approche minimale trois cents mètres.

Le clown des falaises

Le macareux moine, Fratercula arctica, est l'un des oiseaux marins les plus reconnaissables au monde. Trente centimètres, dos noir, ventre blanc, joues blanches et bec massif coloré rouge, jaune et bleu en saison de reproduction. Pattes orange vif. Une silhouette trapue qui lui a valu son surnom de perroquet de mer.

C'est aussi un nageur exceptionnel. Il plonge à trente mètres pour attraper de petits poissons, principalement des lançons. Il peut rester plus d'une minute en apnée et tenir jusqu'à dix poissons dans son bec en même temps, alignés en travers.

À terre, il niche dans des terriers qu'il creuse dans la pelouse rase au sommet des îles. Il marche maladroitement, vole les ailes battues très vite, et se laisse facilement approcher quand il pose. C'est cette confiance qui le rend si vulnérable.

L'unique site français

Le macareux moine ne niche qu'à un seul endroit en France : sur l'îlot de Rouzic, dans l'archipel des Sept-Îles, au large de Perros-Guirec. C'est la limite sud de son aire de reproduction, qui s'étend sinon de la Norvège à l'Islande et à l'Écosse.

Au début du vingtième siècle, la colonie comptait plusieurs milliers de couples. Au milieu des années 1980, encore plus de mille. Aujourd'hui, deux cents couples environ subsistent. La cause principale est le réchauffement de l'eau, qui éloigne les bancs de lançons dont dépendent les poussins. Les parents reviennent au nid avec moins de poissons, et les jeunes meurent de faim.

Les Sept-Îles sont en réserve naturelle nationale depuis 1976, gérée par la LPO. C'est l'un des sites les mieux protégés de France métropolitaine, mais la protection ne suffit pas face au changement climatique.

Quand y aller

La saison d'observation s'étend de fin avril à mi-juillet.

Fin avril et mai : retour des adultes à la colonie. Les couples se reforment, creusent ou rénovent leurs terriers, et commencent à pondre. Activité visible en surface autour de l'îlot.

Juin : éclosion et nourrissage. C'est la période la plus active. Les adultes font des allers-retours toute la journée entre la mer et les terriers, le bec plein de lançons. Forte concentration en mer autour de l'îlot.

Juillet : envol des jeunes. Les poussins sortent du terrier la nuit et s'élancent en mer sans repasser à terre. Les adultes quittent la colonie et reprennent la vie pélagique.

D'août à mars, le macareux est en pleine mer, dispersé en Atlantique nord. Très peu d'observations possibles depuis la côte bretonne.

Comment observer

L'observation se fait en mer, à distance de l'îlot Rouzic. Le débarquement est interdit, et il l'a toujours été. La colonie nichant dans des terriers, l'effet d'une perturbation à terre serait catastrophique.

Depuis Perros-Guirec ou Trégastel, sortez en bateau. Les vedettes commerciales font des sorties commentées en saison. À votre propre bord, mettez le cap sur Rouzic mais respectez les trois cents mètres réglementaires.

À l'approche, les macareux sont visibles à l'œil nu posés en surface autour de l'îlot. Plumage noir et blanc, bec coloré, ils flottent comme de petits canards. En vol, ailes battues très vite, vol bas et rectiligne.

Aux jumelles 8x42, les détails se voient bien : couleur du bec, comportement, parfois le poisson tenu en travers.

Les règles strictes

Trois cents mètres minimum autour de Rouzic. Sans exception.

Pas de débarquement sur Rouzic. Jamais.

Pas de drone. Interdit dans toute la réserve.

Cinq nœuds maximum dans toute la zone des Sept-Îles.

Sur l'île aux Moines, seule île ouverte au public, parcours balisé obligatoire. Pas de chien, pas de feu, pas de cueillette.

Une espèce à protéger

Le macareux moine est classé vulnérable au niveau européen. La population mondiale est en déclin sur la quasi-totalité de son aire de répartition. Les principales menaces sont le réchauffement de l'eau, la raréfaction des lançons, les marées noires (le pétrole détruit l'isolation thermique des plumes), et les filets dérivants.

À Rouzic, la LPO mène depuis quarante ans un programme de suivi avec baguage des poussins. Les données alimentent la recherche internationale et orientent les décisions de gestion.

Une expérience rare

Voir un macareux pour la première fois est un petit événement. Le bec coloré, la démarche un peu pataude au-dessus de l'eau, l'allure de peluche maladroite : c'est un oiseau qui ne ressemble à aucun autre. Aux Sept-Îles, c'est aussi un témoin fragile d'une époque où la Bretagne nourrissait des colonies marines beaucoup plus nombreuses.

Pour préparer

BoatMap référence les ports de Perros-Guirec, Trégastel et Ploumanac'h avec les distances aux Sept-Îles. Utile pour caler une sortie d'observation en juin.

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