Résumé
Par vent d'est, les mouillages classiques des Lérins, côté nord de Sainte-Marguerite et côté est de Saint-Honorat, deviennent inutilisables. La houle entre directement et le clapot rend la nuit impossible. Heureusement, l'archipel offre des micros côtes à l'abri sur les façades opposées. Encore faut-il les connaître.
J'ai dû apprendre ces coins à la dure, après une nuit blanche à Sainte-Marguerite par 25 nœuds d'est, en 2017. Depuis, dès que la prévision annonce un secteur 60 à 110 degrés établi, je change mon plan de route.
Petite mise au point : on parle de micro mouillages, donc de coins qui tiennent deux, trois, parfois quatre bateaux. Si l'on cherche du grand espace, on file plutôt sur la grande rade de Cannes ou on rentre au port de Golfe-Juan.
La pointe du Dragon, façade ouest de Sainte-Marguerite
C'est mon repli numéro un par vent d'est. La pointe ouest de Sainte-Marguerite, juste au sud du fort, offre un petit creux sur sable de 4 à 6 mètres. La côte coupe le vent. Le seul ennemi, c'est la houle qui contourne l'île, mais elle est cassée par les hauts-fonds.
Attention : la zone est très proche du chenal de circulation entre Lérins et Cannes. On évite de mouiller trop au large pour ne pas se faire klaxonner par les ferries. On reste collé à la côte, sondeur en main.
L'accès se fait par le nord en contournant l'île, ou par le sud en passant entre les deux îles via le plateau du Milieu. Avec un peu de tirant d'eau, le passage central demande de l'attention.
Le creux sud-ouest de Saint-Honorat
Saint-Honorat, l'île monastère, n'autorise pas le mouillage côté nord ni dans le chenal entre les deux îles (zone monacale et écosystème protégé). Mais sur la façade sud-ouest, juste avant la pointe des Saintes, il y a un petit creux qui tient deux bateaux maximum.
Le fond est mixte sable et roche. On vise la tache claire entre 5 et 8 mètres. Tenue correcte si l'ancre se loge bien. Par 20 nœuds d'est, c'est plat. Au-delà, ça bouge un peu mais ça reste tenable.
L'inconvénient principal : on est exposé au sud. Si la mer formée arrive du sud-est en plus du vent d'est, on annule. C'est le cas typique d'un coup de marin résiduel.
Pointe de Batéguier sud
La pointe de Batéguier, à l'ouest de Sainte-Marguerite, se prolonge par des hauts-fonds. Juste au sud de la pointe, un petit creux sablonneux peut accueillir deux ou trois bateaux. Profondeur 4 à 7 m. C'est plus exposé que la pointe du Dragon mais moins fréquenté.
J'y vais quand le Dragon est plein. La fin d'après-midi en juillet, c'est à peu près systématique.
L'îlot Saint-Ferréol
Entre Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, il y a quelques cailloux émergeants dont l'îlot Saint-Ferréol. Au sud-ouest immédiat de cet îlot, on trouve un fond de 3 à 5 m abrité du nord-est. C'est un mouillage de pause déjeuner, pas de nuit. Trop étroit, trop de cailloux autour.
Mais pour faire une halte sandwich pendant qu'on attend que le vent tourne, c'est imbattable. On y est seul à 90 % du temps.
Ce que je vérifie avant chaque sortie
La météo, évidemment. Mais aussi le bulletin de la préfecture maritime sur les zones temporaires interdites pour épandage, exercices militaires ou tournages (les Lérins servent souvent de décor).
Je regarde aussi l'état de la houle au cap Ferrat, qui est un bon indicateur de ce qui va arriver sur les Lérins. Si Ferrat annonce 1 m de mer, on aura 50 cm aux Lérins, parfois plus selon la direction.
Au mouillage, je laisse toujours la VHF allumée canal 16 et 9 (le canal 9 est utilisé localement par les abbayes et capitaineries). On peut entendre des consignes spécifiques aux Lérins, surtout en haute saison.
Trois conseils pratiques
D'abord, si l'on n'a pas un GPS précis, on évite la passe entre les deux îles par mauvaise visibilité. Les hauts-fonds sont mal balisés et le courant peut surprendre.
Ensuite, on n'oublie pas que la vitesse est limitée à 5 nœuds dans tout l'archipel. Les contrôles existent.
Enfin, si la nuit s'annonce vraiment musclée, on ne s'entête pas. Le port de Cannes Vieux Port ou la rade de Mandelieu sont à 30 minutes. Mieux vaut payer un soir au ponton que casser une ancre ou un safran.
Pour cartographier ces petits coins et les retrouver d'une saison à l'autre, je les enregistre comme favoris dans BoatMap. Ça reste plus pratique qu'un carnet de notes papier qui prend l'humidité dans le carré.
