La liche amie (Lichia amia) est l'un des plus grands carangidés des eaux françaises. Poisson pélagique côtier, capable de dépasser 1,80 mètre pour 30 kilos, elle fréquente les bordures de plages, les estuaires et les passes rocheuses. Très prisée des pêcheurs sportifs en Méditerranée et en Atlantique Sud, elle réagit spectaculairement à la pêche au leurre. Fiche espèce complète.
Description et identification
La liche amie est reconnaissable à plusieurs caractéristiques bien marquées (source : DORIS - FFESSM) :
- Silhouette : corps très allongé et comprimé latéralement, en forme de lame.
- Ventre : blanc, nettement concave (aspect creusé vu de profil).
- Dos : gris-bleu à vert olive, reflets argentés sur les flancs.
- Nageoires dorsale et anale : symétriques, hautes, falciformes (en forme de faux), caractère unique chez les carangidés européens.
- Nageoire caudale : très fourchue, longs lobes.
- Taille adulte : 60 centimètres à 2 mètres, poids courant 3 à 15 kilos, record européen autour de 30 kilos.
À ne pas confondre avec :
- La sériole couronnée (Seriola dumerili) : corps plus massif, ligne oblique jaune sur la tête, nageoires moins falciformes.
- La palomine (Trachinotus ovatus) : plus petite, tête plus ronde, points noirs sur les flancs.
La confusion la plus fréquente pour un pêcheur débutant, c'est avec la sériole. Le critère rapide : la liche a le ventre blanc concave, la sériole a le ventre convexe.
Habitat
La liche amie est un poisson côtier et pélagique. Elle évolue dans la colonne d'eau, généralement à moins de 500 mètres du rivage et à moins de 20 mètres de profondeur.
Ses zones de prédilection :
- Bordures de plages à rouleaux : sables où se concentrent les mulets, proies favorites.
- Embouchures de rivières et lagunes : Camargue, étangs languedociens, Golfe du Lion.
- Passes rocheuses avec courant : où les poissons-proies sont contraints dans le flux.
- Zones de digues et tétrapodes : abris à poisson-fourrage.
- Plaines de sable proches d'herbiers : zones de chasse ouvertes.
Répartition : toute la Méditerranée, de la Côte d'Azur à la Tunisie, et Atlantique est, de la Bretagne jusqu'en Afrique de l'Ouest. En France, les populations sont les plus denses en Méditerranée occidentale et dans le Golfe de Gascogne au sud de la Gironde.
Saisonnalité
La liche amie est un poisson migrateur saisonnier. Sa présence côtière suit les montées de température de l'eau et les concentrations de mulets.
| Saison | Présence côtière | Zone privilégiée |
|---|---|---|
| Hiver (déc-fév) | Faible, grands fonds | Au large, 50 m et plus |
| Printemps (mars-mai) | Remontée, présence régulière | Côtes provençales, golfe du Lion |
| Été (juin-août) | Maximale, chasses spectaculaires | Lagunes, plages, estuaires |
| Automne (sept-nov) | Très bonne, grosses pièces | Côtes, bord, passes |
Les meilleures fenêtres de pêche : avril-mai (montaison vers les côtes, poissons faims post-hivernale) et septembre-novembre (chasses de fin de saison, grosses pièces avant la migration).
Alimentation
La liche amie adulte est quasi exclusivement piscivore. Elle chasse essentiellement :
- Mulets (Chelon labrosus, Mugil cephalus) : proie principale, d'où son attirance pour les estuaires.
- Orphies (Belone belone) : proies rapides, pélagiques.
- Sardines, anchois, sprats : en banc, lors des chasses estivales.
- Céphalopodes : calamars et seiches occasionnellement.
C'est un prédateur de surface qui chasse en marsouinant, souvent en groupes de 3 à 10 individus. Les chasses sont visibles à l'œil nu : éclaboussures, oiseaux qui piquent, mulets qui sautent.
Les juvéniles (moins de 30 cm) sont plus variés dans leur régime : crustacés, petits poissons, larves.
Conservation
La liche amie n'est pas considérée comme menacée à l'échelle mondiale (statut UICN : Préoccupation mineure - LC). Ses populations restent localement pressurées par la pêche de loisir et la pêche de subsistance, en particulier en Méditerranée française où la pression augmente chaque année.
Pour préserver la ressource, plusieurs principes sont recommandés par les associations de pêcheurs sportifs (source : FNPPSF, FFPML) :
- No-kill volontaire sur les grosses reproductrices (plus de 1 mètre), relâchées avec précaution.
- Limiter les prélèvements à un ou deux poissons par sortie.
- Manipulation courte et humide pour le no-kill, pas de photo interminable.
Taille légale et réglementation
En France : il n'existe pas à ce jour (avril 2026) de taille minimale réglementaire fixée par arrêté ministériel pour la liche amie sur le littoral français métropolitain. Certains règlements locaux ou prud'homies peuvent en imposer une : à vérifier au cas par cas.
Recommandation de taille "éthique" largement partagée dans la communauté pêche de loisir : 55 à 60 cm minimum pour prélever, relâche en dessous. La maturité sexuelle est atteinte autour de 45 à 50 centimètres, donc cette recommandation laisse les poissons se reproduire au moins une fois.
Autres règles applicables à la pêche de loisir en mer :
- Marquage obligatoire : ablation de la partie inférieure de la caudale dès débarquement (arrêté du 17 mai 2011, applicable aux espèces sous taille légale).
- Quota journalier : pas de quota spécifique pour la liche, mais la pêche de loisir reste limitée à la consommation du pêcheur et de son foyer.
- Pêche professionnelle interdite aux plaisanciers : toute vente est prohibée.
Pour les règles générales de pêche plaisance en Méditerranée, voir aussi le mémo pêche plaisance pour la Méditerranée.
Pêche associée
La liche amie se pêche principalement au leurre, du bord comme en embarcation.
Techniques les plus efficaces :
- Stickbait et popper de surface : 14 à 20 cm, en mimant un mulet blessé. Lancer au-delà des chasses visibles, animation lente avec pauses.
- Jerkbait coulant : 12 à 17 cm, animation saccadée avec pauses longues.
- Pêche au vif : mulet vivant sur empile longue (1 mètre), hameçon simple fort (5/0 à 7/0). Redoutable sur grosse liche.
- Jig métallique : 40 à 80 grammes, animation verticale ou lancer-ramener rapide.
Matériel recommandé :
- Canne : spinning 2,40 à 2,70 mètres, puissance 20 à 60 grammes.
- Moulinet : taille 4000 à 6000, frein puissant (la liche fait des rushs de plus de 50 mètres).
- Tresse : PE 1,5 à 2,5, 200 mètres minimum.
- Bas de ligne fluorocarbone : 0,60 à 0,80 mm, 1 mètre minimum (abrasion contre les dents et les rayons dorsaux).
Spots classiques :
- Étangs de Thau, de Berre, de Mauguio (Hérault et Gard)
- Embouchure du Rhône, plages de Camargue
- Côte varoise, entre Hyères et Saint-Tropez
- Calanques de Marseille (moins abondante mais présente)
- Atlantique sud : côte basque, embouchure de l'Adour, bassin d'Arcachon
Combat : la liche est connue pour ses rushs horizontaux spectaculaires en surface, souvent accompagnés de sauts. Combat long (5 à 15 minutes selon taille), nécessite une canne solide et un frein bien réglé. Beaucoup de poissons perdus par frein trop serré ou nœud mal serré.
Consommation
La chair de la liche amie est blanche, ferme, peu grasse. Elle supporte bien le grill, le four, et les préparations crues (ceviche, tartare). Elle est comparable à une chair de bar ou de maigre. Les gros spécimens (plus de 5 kilos) ont une chair plus dense et peuvent gagner à être marinés avant cuisson.
Les pêcheurs sportifs français relâchent de plus en plus les liches, en raison de leur valeur récréative plus que culinaire. C'est un choix individuel, pas une obligation.
