Manche

Bar, dorade, maquereau : le mémo complet 2026 du pêcheur plaisancier en Manche

Tailles, quotas, fermetures, marquage : le mémo 2026 par espèce pour la pêche de plaisance en Manche (zone CIEM VIIe), tableaux à imprimer.

Mémo synthétique de la réglementation 2026 pour la pêche maritime de loisir en Manche, façade comprise entre la frontière belge (Dunkerque) et la pointe de Bretagne nord (Roscoff), zone CIEM VIIe pour l'essentiel et CIEM VIId à l'est de l'estuaire de la Seine. Pensé pour rester dans la pochette plastique de la table à cartes ou collé au tableau de bord d'un open. Six espèces que tout plaisancier de la zone croise au moins une fois par an : bar, dorade royale, dorade grise, maquereau, lieu jaune, vieille. Chiffres vérifiés sur Légifrance, sur les sites des DIRM Manche Est-Mer du Nord et Nord Atlantique-Manche Ouest, et sur la note de la préfecture maritime de la Manche-Mer du Nord du 28 février 2026.

Ce que la zone Manche change par rapport au reste

Trois choses séparent la pêche en Manche de ses voisines, et il vaut mieux les avoir en tête avant de mouiller la canne.

D'abord, la zone CIEM VIIe (Manche Ouest, du Cotentin à la pointe Saint-Mathieu) et la zone CIEM VIId (Manche Est, du Cotentin à la frontière belge) suivent la même grille pour le bar, le lieu jaune et la dorade. C'est la zone "nord" mentionnée dans la quasi-totalité des arrêtés de loisir français. Pas de ligne du 48e parallèle qui coupe la zone, contrairement à ce qu'on lit parfois sur des forums : ce parallèle découpe la Bretagne, pas la Manche.

Ensuite, la Manche est l'une des deux façades, avec la Mer du Nord, où le moratoire bar de février-mars s'applique chaque année depuis 2018, reconduit pour 2026 par le règlement UE 2026/249 du 26 janvier 2026. Pendant ces deux mois, la détention à bord est interdite. On peut sortir une canne, capturer, photographier. Pas garder.

Enfin, depuis le 12 février 2026, l'application européenne RecFishing impose à tout pêcheur plaisancier de 16 ans et plus de s'enregistrer s'il cible une espèce dite "sensible". En zone Manche : bar, lieu jaune, maquereau, thon rouge. La déclaration journalière des captures, y compris celles relâchées, devient obligatoire pour ces quatre espèces. Pour comprendre comment ça se passe en pratique, voir la FAQ marquage et déclarations pêche plaisance.

Tableau récapitulatif par espèce, Manche 2026

Je l'ai construit pour qu'il tienne sur une page A4 imprimée. Cellules complétées avec les arrêtés en vigueur au 19 avril 2026.

EspèceTaille mini MancheQuota / jour / pêcheurFermeturesMarquage caudal
Bar (Dicentrarchus labrax)42 cm3 du 1er avril au 31 décembre, 0 en février-mars (no-kill seul autorisé)1er février au 31 mars 2026Oui, dès la remontée à bord
Dorade royale (Sparus aurata)23 cmPas de quota chiffré, déclaration RecFishing si captureAucuneOui, dès la remontée à bord
Dorade grise / griset (Spondyliosoma cantharus)23 cmPas de quota chiffréAucuneNon obligatoire en Manche
Maquereau commun (Scomber scombrus)20 cm en VIIe et VIId, 30 cm en CIEM IV (Mer du Nord)10 / jour, depuis l'arrêté du 1er avril 2026AucuneOui, juste avant débarquement (exception)
Lieu jaune (Pollachius pollachius)42 cm2 / jour de mai à décembre, 0 de janvier à avril1er janvier au 30 avril 2026Oui, dès la remontée à bord
Vieille commune (Labrus bergylta)30 cmPas de quota chiffréAucuneNon obligatoire

Sources consolidées : arrêté du 26 octobre 2012 modifié au 6 janvier 2026 pour les tailles, arrêté du 1er avril 2026 pour le maquereau, règlement UE 2026/249 du 26 janvier 2026 pour le bar et le lieu jaune. Pour le détail national des tailles façade par façade, le mémo tailles minimales de pêche de plaisance reste la référence à imprimer en complément.

Bar : ce que veut vraiment dire le moratoire

C'est le poisson roi de la Manche, et celui dont la réglementation a le plus bougé en 10 ans. Le quota 2026 confirme la hausse de 2025 : on garde 3 bars par pêcheur par jour entre le 1er avril et le 31 décembre, dans toute la zone CIEM VIId-h, dont relèvent à la fois la Manche Est et la Manche Ouest. La taille minimale reste à 42 cm, mesurée du museau bouche fermée à l'extrémité de la nageoire caudale étirée.

Le moratoire de février-mars n'est pas une fermeture totale. C'est une interdiction de détention : on peut sortir, on peut pêcher à la canne ou à la ligne à la main, on doit relâcher. Filets fixes, palangres et chasse sous-marine sont interdits sur le bar pendant ces deux mois. Les contrôles maritimes sont fréquents en mars dans le Solent français (zone autour de Cherbourg, de Saint-Vaast à Goury) parce que c'est la fin du frai et que la tentation est forte. La sanction pour détention de bar pendant le moratoire monte à 22 500 euros d'amende selon l'article L945-4 du Code rural et de la pêche maritime.

Une chose qui n'apparaît pas toujours dans les notices : la déclaration RecFishing s'applique aussi aux bars relâchés. Trois bars sortis, photographiés, remis à l'eau le 14 mars 2026 : trois lignes à entrer dans l'application le soir-même. Le no-kill compte comme capture. Pour l'historique précis du quota et son évolution, voir le mémo quotas de pêche plaisance 2026.

Dorade royale et dorade grise : deux espèces, deux règles

Les deux dorades qui peuplent la Manche ont la même taille minimale (23 cm) et arrivent avec les mêmes premiers vraies chaleurs (mai-juin). Mais ce sont deux espèces différentes, et la réglementation 2026 commence à les traiter différemment.

La dorade royale (Sparus aurata) est entrée en 2026 sur la liste RecFishing en façade Manche-Atlantique. Pas de quota chiffré pour autant : si vous en sortez 5 dans la journée, vous gardez les 5, à condition que chaque poisson dépasse 23 cm et que chacun soit marqué d'une coupe nette de la partie inférieure de la nageoire caudale, dès la remontée. Et déclaré le soir. La dorade royale est en expansion vers le nord depuis 10 ans : on en sort désormais régulièrement entre Cancale et Granville, là où elle était anecdotique avant 2015.

La dorade grise (le griset, Spondyliosoma cantharus) reste à 23 cm minimum, sans quota et sans marquage obligatoire en Manche. C'est l'espèce idéale pour initier les enfants : les bancs se posent souvent au-dessus des épaves entre 15 et 30 mètres de fond, mordent franc, ne demandent pas un matériel sophistiqué. À noter cependant que la taille biologique (taille à laquelle 100 % des griset se sont reproduits) est de 25 cm en Manche selon les données Ifremer : remettre à l'eau les poissons entre 23 et 25 cm, c'est légal mais ce n'est pas neutre pour la ressource.

Maquereau : 10 par jour, le quota qui a fait du bruit

C'est la grande nouveauté 2026. L'arrêté ministériel du 1er avril 2026 crée pour la première fois un quota maquereau en pêche de loisir : 10 spécimens par pêcheur et par jour sur l'ensemble des zones CIEM 4, 7 et 8. Toute la France métropolitaine, donc, sauf la Méditerranée qui reste à 18 cm sans quota chiffré.

Le seuil avait été envisagé à 5 par pêcheur dans la consultation publique de l'automne 2025, ce qui aurait fait s'écrouler une bonne partie de l'économie des sorties à la mitraillette. Les fédérations (FNPP, FFPM) ont mobilisé. On est arrivés à 10. C'est encore un peu serré pour les sorties en famille de quatre où chacun bombarde la mitraillette, mais c'est jouable.

Taille minimale en zone CIEM VIIe (Manche) : 20 cm. Attention au passage en zone CIEM IVc (Mer du Nord, en gros à l'est de Boulogne-sur-Mer) où la taille mini grimpe à 30 cm par disposition spéciale UE. Si vous pêchez au large de Calais ou de Dunkerque, c'est 30 cm.

Le marquage du maquereau est une exception au régime général : il peut se faire juste avant le débarquement, pas dès la remontée. Raison : un maquereau marqué à la coupe à 17h prend un coup d'oxydation sur la chair en 4 heures de glacière, et perd sa qualité culinaire. Tolérance administrative confirmée par la note DIRM Nord Atlantique-Manche Ouest du 9 avril 2026. Pour un retour terrain sur la pêche au maquereau, lire le récit de Kevin sur ses 4 spots de pêche au maquereau depuis Saint-Malo : il détaille les fenêtres de marée, les montages et les zones qui marchent réellement entre Cap Fréhel et Chausey.

Lieu jaune : la fermeture qui dure 4 mois

Le lieu jaune est l'autre espèce qui a beaucoup bougé en 2026. Sa population a chuté en zone CIEM VIIe au point que la Commission européenne a imposé un plan de gestion strict pour 2026-2028. Trois choses à retenir :

  • Taille minimale portée à 42 cm depuis 2025, contre 30 cm jusqu'en 2024. C'est presque un doublement de l'âge minimal de capture (3 à 4 ans contre 2 ans avant).
  • Fermeture totale du 1er janvier au 30 avril 2026. Aucune capture, ni détention, ni no-kill autorisé sur l'espèce. C'est plus strict que pour le bar, qui tolère le no-kill en moratoire.
  • Quota de 2 lieus jaunes par pêcheur par jour du 1er mai au 31 décembre 2026. C'était 5 en 2024.

Le lieu jaune est aussi sur la liste RecFishing. Toute capture est à déclarer. Si un Beneteau Antares se présente à la cale de Cherbourg avec quatre lieus jaunes dans la glacière, l'unité littorale des affaires maritimes vérifiera la déclaration, le marquage caudal et la taille des poissons. L'amende pour dépassement de quota est de 1 500 euros par poisson surnuméraire.

Vieille commune : la zone grise de la zone Manche

C'est le poisson dont personne ne parle dans les arrêtés mais que tous les apneistes et pêcheurs au leurre dur de la Manche connaissent. La vieille commune (Labrus bergylta) vit dans les têtes de roche entre 5 et 30 mètres, du Cotentin à la baie de Saint-Brieuc. Elle est vulnérable parce qu'elle change de sexe au cours de sa vie (toutes naissent femelles, deviennent mâles vers 6-7 ans), et qu'un mâle dominant retiré d'une zone fragilise tout le harem.

Taille minimale 30 cm sur la façade Manche-Atlantique, fixée par l'arrêté du 26 octobre 2012 modifié. Pas de quota chiffré, pas de fermeture, pas d'obligation de marquage. La FFPSA recommande aux apneistes une auto-limitation à 2 vieilles par sortie et par pêcheur, mais ce n'est pas réglementaire. C'est une limite morale, et je trouve qu'elle vaut d'être suivie. Sortir 8 vieilles d'un même tombant en une matinée, ça fait du bien sur le moment, mais ça vide la zone pour 5 ans.

Récapitulatif : ce qu'il faut avoir à bord

Trois choses minimum dans la sacoche pour être en règle en Manche en 2026 :

  • Un pied à coulisse (12 à 18 euros) pour mesurer franchement les poissons douteux, plutôt que d'estimer à l'œil.
  • L'application RecFishing installée et le compte créé. Cinq minutes le soir où on a pêché du bar, du lieu jaune, du maquereau ou de la dorade royale.
  • Une paire de ciseaux à éviscérer dédiée au marquage caudal. Pas le couteau de cuisine, qui glisse et rate la coupe trois fois sur quatre dans le mouvement de roulis.

Et un papier à jour de la réglementation imprimée, parce que le réseau est rare au-delà de 8 milles. Ce mémo est conçu pour ça.

Ce qui peut encore bouger en 2026

L'application RecFishing a connu plusieurs ratés techniques depuis son lancement le 12 février : déclarations non remontées, identifiants perdus, bug de géolocalisation au large des îles Anglo-Normandes. La Commission européenne a annoncé un correctif pour mai 2026. En attendant, gardez une trace papier ou photo de vos déclarations.

Côté plan de gestion, un comité scientifique CIEM se réunit en juin 2026 pour réévaluer le stock de bar VIId-h. Si l'avis est défavorable, le quota pourrait redescendre à 2 par jour à partir de janvier 2027. Rien n'est acté.

Je remettrai cette page à jour à l'automne 2026 quand les arrêtés post-évaluation seront publiés.

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