Résumé
Trajet d'environ 180 milles d'Ajaccio à Bonifacio en longeant la côte ouest et sud, avec 9 escales naturelles sur 10 jours. Conditions estivales : libeccio dominant l'après-midi, mer formée à très formée selon le vent, mouillages forains très praticables côté est des caps mais à éviter exposés ouest. Saison conseillée : de mi-juin à mi-septembre, avec un creux de fréquentation début septembre.
Jour 1 : Ajaccio, base et avitaillement
Arrivée la veille au port Tino Rossi pour un départ en pleine forme. Réservation indispensable en saison, tarif nuitée pour 12 m autour de 65 euros en juillet. Avitaillement complet le matin au marché Campinchi pour les fruits et légumes, courses sèches au Carrefour de la route de Mezzavia. Eau et carburant pleins. Briefing équipage et vérification matériel sécurité avant départ.
Départ vers 14 h pour ne pas tomber dans le libeccio du matin. Cap sur les îles Sanguinaires, mouillage de courtoisie devant l'île Mezzu Mare en 6 m sur sable. Soirée tranquille face au coucher de soleil, le rouge des roches est au rendez-vous.
Jour 2 : Cargèse et golfe de Sagone
Départ 7 h, 18 milles plein nord-ouest. Brise faible le matin, parfait. Arrivée à Cargèse vers 11 h, mouillage devant la plage de Pero. Fond sable, 5 m, tenue correcte. Visite des deux églises grecque et latine au village. Bain dans une eau à 22 degrés. En fin d'après-midi, repli vers Sagone si l'ouest forcit, mouillage protégé devant la plage de Sagone même en 3 m.
Jour 3 : Calanques de Piana
12 milles plein nord. La descente vers la baie d'Arone offre déjà un avant-goût des couleurs ocre du massif. Mouillage forain devant la plage d'Arone en 4-5 m sur sable. L'après-midi, sortie en annexe au pied des calanques de Piana, classées au patrimoine mondial. Je conseille d'y aller tôt le matin du lendemain pour la lumière, retour mouillage avant 11 h pour devancer la brise thermique.
Jour 4 : Girolata, le bijou
15 milles depuis Arone, en passant la pointe de Senino. Le golfe de Girolata se gagne par mer. Aucune route ne mène au village, c'est le seul accès. Mouillage forain interdit dans la zone protégée de la réserve de Scandola : prendre une bouée gérée par la mairie d'Osani, environ 30 euros la nuit. Tenue acceptable, attention aux herbiers en bordure.
Soirée poisson au restaurant Le Cabanon, langouste à 95 euros le kilo en 2025, prix à confirmer en 2026. Vue sur la baie depuis la terrasse. Coucher dès 22 h, on est crevé et on en reprendra demain.
Jour 5 : Réserve de Scandola
Navigation contemplative dans la réserve, vitesse limitée à 5 nœuds. Survol par les balbuzards pêcheurs régulier en juin. Sortie nord par la pointe de Palazzu, cap au sud-ouest pour 22 milles vers Calvi. Vent de sud à sud-ouest 15 nœuds, allure de portant. Arrivée Calvi en fin d'après-midi, capitainerie animée mais place trouvée à 80 euros nuitée pour 12 m.
Citadelle, soirée bar à terre, vie nocturne typique de juillet. Recharge des batteries au sens propre comme au figuré.
Jour 6 : Transit Calvi - Saint-Florent
35 milles, journée plus longue. Départ 6 h pour profiter d'un vent encore peu marqué. La traversée du Désert des Agriates depuis le large est minéral et silencieuse. À Saint-Florent, port récemment modernisé, places passage 65 euros en juillet pour 12 m. Le village est mignon, terrasses au soleil couchant. Visite du couvent franciscain de la Pietra di l'Abro à 30 minutes en taxi le lendemain matin si calé sur la météo.
Jour 7 : Plages du Désert des Agriates
Demi-journée tranquille. 8 milles vers la plage de Saleccia, mouillage forain en 4 m sur sable. Eau turquoise, fréquentation modérée hors mi-août. Bain, déjeuner à bord. L'après-midi, déplacement vers Loto, plage voisine plus petite et plus calme. Nuit au mouillage, conditions favorables car les vents thermiques décroissent en fin de journée.
Jour 8 : Bastia ou direct sud-est
Choix selon humeur et météo : escale technique à Bastia (gros port commercial, ambiance moins agréable mais avitaillement) ou cap au sud-est direct vers les îles de Lavezzi via cap Corse et côte est. Je recommande la deuxième option si la météo est stable : 60 milles d'une traite avec une escale courte à Macinaggio (port abrité au nord-est du cap Corse) pour casser la nav.
Jour 9 : Lavezzi, le clou du voyage
Réveil aux Lavezzi. Bouées de mouillage gérées par l'Office de l'environnement de Corse, réservation obligatoire en juillet-août via le site officiel. Eaux turquoises sur granit, fonds entre 3 et 6 m. Plongée masque et tuba dans la passe entre Cavallo et Lavezzi. Site classé réserve naturelle, pêche interdite, mouillage strict sur bouées seulement.
L'après-midi, transit court vers Bonifacio, 7 milles. L'arrivée par mer dans la falaise de calcaire reste un des plus beaux moments de la côte méditerranéenne française.
Jour 10 : Bonifacio, terminus
Port de Bonifacio dans la marina haute. Tarif nuitée 12 m en juillet : 110 euros. Visite ville haute, escalier du roi d'Aragon, cimetière marin. Restitution du bateau le soir ou le lendemain matin selon contrat. Compter une demi-journée pour le rangement, le rinçage et la préparation à l'inventaire.
Bilan et conseils
Distance totale : environ 180 milles. Consommation gasoil sur 50 % moteur estimée à 350-450 L selon bateau et vent. Budget escales en juillet : 600 à 800 euros pour 5 nuits port. Reste 5 nuits au mouillage gratuit hors bouées payantes (Girolata 30, Lavezzi 30-40 euros).
Voir aussi Corse en voilier : ports incontournables et Lavezzi : règles de mouillage.
Pour préparer un itinéraire en Corse avec ses contraintes (réservation bouées, météo, ports), BoatMap permet de tracer le parcours et synchroniser les escales avec les conditions prévues.
