Résumé
La houle résiduelle est l'écho lointain de tempêtes parfois situées à 1500 milles. Elle traverse l'Atlantique avec une longue période et arrive sur la côte sous forme de rouleaux qui peuvent rendre certains mouillages intenables sans qu'il y ait un souffle de vent local. Lire la période et la direction des bulletins de houle est la clé.
Ce qu'on appelle la houle résiduelle
Quand une tempête fait rage au milieu de l'Atlantique, elle génère des vagues qui se propagent ensuite dans toutes les directions, en perdant peu d'énergie. Sur la côte française, on reçoit l'écho des dépressions formées au large de Terre-Neuve plusieurs jours après leur passage.
Cette houle résiduelle se distingue de la mer du vent par sa longue période, généralement entre 10 et 16 secondes. Plus la période est longue, plus la houle a parcouru de distance et plus elle pénètre profondément dans les baies et anses.
Lire la période
Le bulletin marine donne la hauteur significative et la période moyenne ou la période de pic. Quelques repères :
- Période 5 à 7 secondes, c'est de la mer du vent local, peu pénétrante
- Période 8 à 10 secondes, houle proche, modérément pénétrante
- Période 11 à 14 secondes, houle longue typique d'arrière saison, très pénétrante
- Période 15 secondes et plus, houle très longue, capable de contourner les caps et entrer dans les baies réputées abritées
Une houle de 1,50 m et 12 secondes paraît modeste sur le papier. En réalité, elle peut faire rouler un bateau au mouillage dans une anse ouverte de 90 degrés sur l'horizon.
Les mouillages piégés
Sur la côte atlantique sud, plusieurs mouillages classiques deviennent inconfortables par houle longue de l'ouest, surtout entre octobre et avril :
- Saint-Martin-de-Ré sur sa face nord, par houle de nord-ouest longue
- Le Pyla face à la dune, dans le bassin d'Arcachon, par grosse houle d'ouest qui passe la passe sud
- Cap Ferret côté océan, totalement inutilisable par houle d'ouest
- L'anse de Pen-Bron par houle de sud-ouest longue, qui pénètre malgré l'orientation
Le piège est de mouiller en fin d'après-midi par mer plate et de découvrir au coucher du soleil que la houle de fond commence à entrer dans la baie.
Anticiper
Trois bonnes habitudes :
- Consulter les cartes de houle sur Windy ou via les bulletins Météo France pour voir d'où elle vient et avec quelle période
- Croiser avec l'orientation de votre mouillage : un mouillage ouvert sur l'ouest est exposé à toute houle ayant une composante ouest
- Préparer un plan B vers un abri tournant le dos à la houle attendue
Pour la côte atlantique sud, les abris fiables par houle longue d'ouest sont rares hors ports : Saint-Gilles-Croix-de-Vie, La Rochelle, Royan derrière la Coubre, Arcachon dans le bassin intérieur, Capbreton au port.
Pendant le mouillage
Si la houle entre, plusieurs options :
- Affourcher le bateau pour orienter l'étrave dans la houle
- Allonger le mouillage et accepter le roulis avec un harnais latéral pour stabiliser
- Lever et changer de zone
L'affourchage avec deux mouillages perpendiculaires permet de maintenir un cap dans la houle, au prix d'une procédure plus complexe à lever.
Lire les bulletins large
Le bulletin grand large publié par Météo France distingue la mer du vent et la houle. Cherchez des annonces du type « houle résiduelle d'ouest 2 à 3 m, période 12 à 14 s ». Cette houle traverse les approches sans être nourrie par le vent local. Elle est l'élément le plus piégeux pour le plaisancier qui ne regarde que le vent du jour.
Un site libre comme magicseaweed.com (anciennement) ou les modèles de houle accessibles depuis Météociel donnent des cartes graphiques claires.
Synthèse
Pour le plaisancier qui fréquente la côte atlantique en arrière saison, lire la période et la direction de houle est aussi important que regarder le vent. Pour préparer un mouillage en croisant ces données, BoatMap propose une vue synthétique avec bulletin et marée.
