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Tour de France à la voile : histoire et grandes étapes des régates

Le Tour de France à la voile, course mythique née en 1978 : histoire, étapes-clés et figures qui ont fait sa légende.

Résumé

Le Tour de France à la voile, créé en 1978 par Bernard Decré, fait découvrir le littoral français en régates. Quarante éditions plus tard, la course a vu défiler les plus grands skippers et reste un rendez-vous d'été suivi par des centaines de milliers de spectateurs sur les côtes.

L'idée d'un journaliste

Bernard Decré est journaliste à L'Équipe quand il imagine en 1977 une course par étapes le long des côtes françaises, sur le modèle du Tour de France cycliste. L'idée séduit immédiatement les marins : faire connaître la France maritime au public, donner aux régatiers un format spectaculaire, et créer un rendez-vous estival comparable au cyclisme ou au football.

La première édition est lancée en juillet 1978, sur un parcours qui relie Dunkerque à Menton en sept étapes. Le bateau retenu est le quart-tonner, un voilier monotype d'environ 7 mètres conçu pour les régates côtières. Les équipages sont des amateurs ou des semi-professionnels, le format mêle régates côtières et étapes en flotte.

Une formule qui évolue

Le Tour change plusieurs fois de support au fil des décennies. Après le quart-tonner, ce sont les Beneteau First 30 dans les années 1990, puis les M34 en 2010, et aujourd'hui les Diam 24 OD, trimaran rapide adopté en 2015. Chaque changement reflète l'évolution de la voile française et le souhait d'une course toujours plus spectaculaire.

Le format des étapes évolue aussi. Aux longues étapes de fond des débuts succèdent des stadium racings, courses courtes très près du bord, sur trois à six manches par jour. Cette formule rapproche le public des bateaux et favorise les rebondissements. Le suivi par GPS permet aujourd'hui de retransmettre les courses en direct.

Les figures fondatrices

Eric Tabarly, déjà célèbre pour ses traversées en solitaire, participe à la deuxième édition de 1979. Il termine deuxième et donne au Tour ses premières lettres de noblesse. Eric Loizeau, Lionel Péan, Yves Parlier passeront tous par le Tour dans les décennies suivantes. Pour beaucoup de jeunes navigateurs, c'est une école de régate avant les courses au large.

Loïck Peyron y court en 1980 avant son destin de skipper océanique. Plus tard, Franck Cammas, Yann Eliès, Charlie Dalin, Thomas Coville font tous leurs armes sur le Tour avant de se distinguer en solitaire. La course est ainsi devenue un vivier de la voile professionnelle française.

Étapes mythiques

Certaines étapes sont entrées dans la légende. La traversée Manche-Atlantique par le Raz de Sein en 1984, dans un coup de vent à 40 nœuds, a vu trois bateaux démâtés en quelques heures. La régate finale à Saint-Tropez en 1992, gagnée à la dernière manche par Eric Loizeau d'une demi-longueur, reste une référence.

Plus récemment, le passage par la Corse en 2017, première étape ultramarine, a marqué une évolution du parcours. Les escales à Bonifacio, Calvi et Saint-Florent ont attiré un public local massif. Les étapes méditerranéennes, longtemps boudées par les organisateurs, sont maintenant pleinement intégrées.

Une fête populaire

L'aspect populaire est central dans le Tour. Chaque escale dure deux à trois jours, avec des animations à terre, des baptêmes en mer, des rencontres avec les équipages. Les villages d'arrivée sont devenus des incontournables des étés français : la Trinité-sur-Mer, Roses, Hyères, Marseille, La Rochelle, Saint-Quay-Portrieux.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sur une saison, le Tour rassemble entre 800 000 et 1,2 million de spectateurs cumulés sur le littoral, selon les années. Les retombées économiques pour les villes-étapes sont évaluées à plusieurs millions d'euros chacune. La course a profondément contribué à populariser la voile en France.

Les défis contemporains

Comme toutes les grandes compétitions, le Tour a connu ses crises. La crise économique de 2008-2010 a mis en péril plusieurs éditions. Le passage aux trimarans en 2015 a dynamisé la formule, mais a aussi durci la sélection sportive. La pandémie de 2020 a contraint à un format réduit, sans escales publiques.

L'édition 2024 a marqué le retour à un format complet sur quinze jours, avec sept villes-étapes. La participation s'est stabilisée autour de 25 équipages, dont une majorité de bateaux pro et quelques structures jeunes ou universitaires. La formule semble avoir trouvé son équilibre entre élite sportive et événement populaire.

Le Tour vu de la mer

Pour un plaisancier, croiser la flotte du Tour pendant ses navigations d'été est une expérience particulière. Les Diam 24 filent à 20-25 nœuds par bonne brise, et le spectacle des trimarans en flotte serrée sur un parcours côtier est saisissant. Beaucoup d'équipages mouillent en rade ou se rapprochent des bateaux d'organisation pour suivre les manches.

Les zones de course sont signalées par les bateaux comité et les bouées. Les plaisanciers doivent respecter ces périmètres, ce qui ne pose habituellement aucun problème, les zones étant bien balisées et le public respectueux.

Suivre le Tour 2026

Le calendrier de l'édition 2026 a été dévoilé en novembre dernier. Il reprend une formule classique avec un départ de Dunkerque, des étapes en Bretagne nord et sud, une traversée vers la Méditerranée et une arrivée à Nice mi-juillet. Les inscriptions sont ouvertes pour les équipages.

Préparer un été en plaisance qui croise le Tour, c'est anticiper les escales bondées, les zones de course et les meilleures fenêtres de navigation. Sur BoatMap, les fiches des principaux ports d'étape regroupent ces informations pratiques, partagées par les plaisanciers qui suivent la course.

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