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Plancton bioluminescent en Méditerranée, saison

La bioluminescence du plancton apparaît en Méditerranée en août, dans les eaux chaudes des calanques et des baies fermées. Sites et conditions.

Résumé

Le plancton bioluminescent en Méditerranée se manifeste principalement en août et début septembre, quand l'eau dépasse vingt-quatre degrés. Les calanques de Marseille, le golfe de Saint-Tropez, les Hyères et certaines criques corses sont des sites favorables. Le phénomène apparaît la nuit, par mer plate et sans lune.

Ce que c'est

La bioluminescence est la production de lumière par un organisme vivant. En Méditerranée, c'est principalement Noctiluca scintillans, un plancton unicellulaire de la famille des dinoflagellés, qui en est responsable. La cellule mesure deux dixièmes de millimètre, contient un système enzymatique luciférine-luciférase, et émet une brève lumière bleue quand elle est mécaniquement perturbée.

Concrètement : quand vous remuez l'eau (en passant la main, en pagayant, en plongeant), des milliers de petits points lumineux s'allument autour du mouvement. La traîne d'un bateau qui navigue lentement laisse une bande lumineuse derrière la coque. Une chute de poisson dans l'eau crée un éclair. C'est un des spectacles les plus émouvants qu'on puisse voir en mer.

Quand le phénomène apparaît

La bioluminescence dépend d'une concentration suffisante de Noctiluca dans la colonne d'eau. Cette concentration est maximale quand plusieurs conditions se combinent.

Eau chaude, plus de vingt-quatre degrés. Cela limite la saison à juillet, août et début septembre en Méditerranée française.

Eau calme. Le vent disperse les concentrations en surface. Cherchez les nuits sans brise, dans des baies abritées ou des criques fermées.

Apport de nutriments. Les blooms apparaissent souvent après une période de forte pluviométrie ou dans les zones d'eau eutrophisée. Les rejets d'eaux pluviales et de stations d'épuration créent localement des concentrations de phytoplancton dont se nourrit Noctiluca.

Lune absente ou cachée. La pleine lune efface complètement la bioluminescence, qui n'est visible qu'à condition d'avoir une obscurité quasi totale.

Les sites en France

Plusieurs zones ont une réputation établie pour la bioluminescence.

Les calanques de Marseille, particulièrement les calanques de Sormiou, Morgiou et Sugiton, en pleine canicule estivale. Les eaux calmes piégées entre les falaises favorisent les concentrations.

Le golfe de Saint-Tropez et les Issambres, avec ses petites criques abritées comme Pampelonne ou la baie des Cannebiers.

La rade d'Hyères et les îles d'or, en particulier la baie de Port-Cros par mer plate.

La Corse : la baie de Saint-Florent, les criques au sud d'Ajaccio, et certaines anses du Cap Corse.

La rade de Toulon, paradoxalement, voit régulièrement des blooms en août, en lien avec l'enrichissement organique de la rade.

Comment vivre l'expérience

Sortez la nuit, à partir de vingt-trois heures, quand l'obscurité est complète. Vérifiez le calendrier lunaire : nouvelle lune ou lune couchée tôt sont les meilleures conditions.

Mouillez dans une crique calme, moteur coupé. Laissez vos yeux s'adapter à l'obscurité pendant dix bonnes minutes. Évitez d'allumer les feux de cabine ou les phares.

Trempez la main dans l'eau, agitez doucement. Si la bioluminescence est présente, vous verrez immédiatement les points lumineux. Plus vous remuez, plus c'est intense, mais le phénomène s'épuise rapidement (les cellules ont besoin de quelques secondes pour se recharger).

Si vous avez de la place et l'eau est correcte, plongez. La bioluminescence en nage est une expérience unique : chaque mouvement de bras laisse une traîne lumineuse, le corps entier semble auréolé.

Une rame ou une pagaie produit aussi un effet spectaculaire, particulièrement adapté à un kayak ou un paddle.

Les fausses alertes

Plusieurs phénomènes sont parfois confondus avec la bioluminescence.

La fluorescence des reflets de lampes ou de phares de bateau au loin, qui ne réagit pas aux mouvements.

Les méduses bioluminescentes (Pelagia noctiluca) qui émettent une lumière en cas de stress, mais beaucoup plus diffuse et localisée que Noctiluca.

Les marées rouges, qui sont des blooms de dinoflagellés sans bioluminescence, ou avec une bioluminescence faible.

Pour confirmer, le test est simple : si le phénomène réagit au mouvement de l'eau, c'est bien Noctiluca.

Une question écologique

Les blooms de Noctiluca sont en partie liés à la pollution organique. Ils sont plus fréquents et plus intenses dans les zones enrichies en nutriments par les rejets humains. Voir un beau spectacle bioluminescent peut donc être paradoxalement un signe de stress de l'écosystème.

À forte concentration, Noctiluca consomme l'oxygène dissous et peut localement asphyxier les eaux, provoquant des mortalités de poissons. Les zones de bloom durables sont surveillées par le réseau REPHY de l'Ifremer.

Photographier

La bioluminescence est très difficile à photographier. Les téléphones modernes en mode nuit captent partiellement le phénomène, mais le rendu est rarement à la hauteur de l'expérience visuelle. Un appareil reflex avec un objectif lumineux (f/1.8 ou plus) et une longue exposition donne de meilleurs résultats. Acceptez surtout que le souvenir vaut souvent mieux que l'image.

Pour préparer

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