Résumé
Le tenya est une technique japonaise d'origine, parfaitement adaptée aux petits fonds bretons. On pêche entre 5 et 20 mètres avec un tenya de 5 à 15 grammes, un appât naturel (crevette, langoustine, ver) et une animation type pause-rebond. Très efficace sur dorades, sars, vieilles, parfois bars curieux.
Comprendre le tenya
Un tenya est un hameçon plombé avec un assist hook supplémentaire. Le plomb a souvent une forme aplatie ou angulaire pour donner au montage une nage particulière à la descente. L'appât (crevette ou langoustine entière) se monte sur l'hameçon principal, l'assist hook prend les attaques de côté.
L'avantage principal : le tenya combine la précision d'une pêche aux appâts naturels avec la vivacité d'une pêche aux leurres. Pas besoin de bas de ligne complexe, le montage est direct, accessible aux débutants.
Le matériel adapté
Une canne casting ou spinning de 1.90 à 2.40 m, action rapide, puissance 5 à 25 g. Une canne souple permet de bien sentir les touches discrètes des dorades.
Moulinet 2500 à 3000, garniture tresse 10 à 12/100 sur 150 m minimum. Tresse fine pour bonne sensibilité et faible prise au courant.
Bas de ligne fluorocarbone 25 à 30/100 sur 1.50 à 2 m. Le fluorocarbone se voit moins en eau claire bretonne.
Tenya de 5 à 15 grammes selon la profondeur et le courant. Une boîte avec trois poids couvre 5 à 25 m de fond.
Les appâts qui prennent
Le tenya pêche au mieux avec :
Crevette grise vivante : la référence en Bretagne. Achetée chez un mareyeur ou pêchée à l'épuisette en estuaire. Se monte entière, queue piquée par l'hameçon principal, antennes vers l'avant.
Petite langoustine vivante ou décortiquée : ultra efficace sur dorades et bars. Achetée chez le pêcheur, se conserve quelques heures dans glace.
Ver de chalut ou ver Américain : alternative quand pas de crevette. Moins productif mais correct.
Crabe vert miniature : sur sars et vieilles, à essayer si les autres appâts ne donnent rien.
Évitez les appâts congelés trop ramollis. Préférez le frais ou le vivant.
L'animation type
Le tenya s'anime simplement. Trois séquences à essayer.
Pose et pause : laisser tomber jusqu'au fond, attendre 5 à 10 secondes en gardant tendu, légère traction de quelques centimètres. Les dorades attaquent à la pause.
Rebond bref : tirer le tenya de 30 à 50 cm vers le haut d'un coup de scion, laisser retomber en gardant le contact. Imite une crevette qui sursaute.
Dérive contrôlée : laisser le bateau dériver sur le poste, tenir le tenya à 30 cm du fond, donner de petits coups de scion réguliers. Couvre une zone large.
L'absence d'animation excessive est souvent payante. Les dorades méfiantes attaquent l'appât immobile.
Les zones bretonnes
La Bretagne sud offre de nombreux postes pour le tenya.
Baie de Quiberon, fonds de 8 à 15 m sur tombants rocheux : sars, vieilles, dorades.
Archipel des Glénan, abords intérieurs des îles à 10-18 m : très productif sur dorades en juin-juillet.
Golfe du Morbihan, bordure des îles aux Moines et Arz : vieilles, sars, parfois bars.
Baie de Concarneau, plateaux à 12-20 m : dorades grises, mostelles.
Eaux du large entre Lorient et Belle-Île à 15-25 m : prises plus grosses mais plus erratiques.
Les espèces et leur comportement
Dorade royale (Sparus aurata) : la cible reine du tenya. Touche douce et discrète, ne pas ferrer trop tôt. Maille 23 cm.
Dorade grise (Spondyliosoma cantharus) : plus combative que la royale. Maille 23 cm.
Sar commun et sar à museau pointu : touches franches, ferrage rapide. Maille 23 cm.
Vieille (Labrus bergylta) : gros poisson coloré, touche brutale. Maille 18 cm.
Bar : opportuniste, prend sur le tenya quand crevette grise. Maille 42 cm.
Pageot, pagre, et autres sparidés : occasionnels. Mailles variables.
Saisons et créneaux
Le tenya fonctionne d'avril à novembre en Bretagne.
Avril-mai : dorades qui remontent dans les baies, eau encore fraîche (12-14°C). Tenya léger, animation lente.
Juin-août : haute saison. Toutes les espèces actives. Eau à 17-19°C en surface.
Septembre-octobre : dorades grosses sur les tombants extérieurs. Belle pêche en fin de saison.
Novembre : dernières sorties avant l'hiver. Vieilles très actives.
Les meilleures heures : étales de marée et heures qui suivent. La pêche pendant le fort courant est plus difficile.
Coefficients et marées
La Bretagne impose de tenir compte des marées. Le tenya pêche mal pendant le pic de courant. Privilégier :
- Mortes-eaux (coefficients 50-70)
- Étales et heures qui les encadrent (1 heure avant et 1 heure après)
- Marée descendante en fin de matinée pour eaux claires
En vives-eaux (coefficients 90+), pêcher uniquement aux étales.
Le respect des fonds
Le tenya ramasse parfois des étoiles de mer, des bernard-l'ermite, des petits hippocampes. Les remettre à l'eau immédiatement, sans manipulation. Les hippocampes, espèce protégée, doivent être relâchés délicatement.
Limiter les croches : un tenya bien placé sur un fond connu se perd peu.
Repérer les zones favorables
BoatMap référence les ports bretons et permet d'identifier rapidement la mise à l'eau la plus proche des spots à dorades.
