Résumé
L'encornet (Loligo vulgaris) chasse en surface dès la tombée de la nuit, attiré par la lumière qui concentre le plancton, puis les petits poissons. La saison productive en France court d'octobre à mars, sur fonds de 15 à 60 m. Une lampe submersible verte ou blanche de 30 à 50 W et trois turluttes étagées suffisent pour une sortie sérieuse.
1. Comprendre la chasse
L'encornet remonte en couche d'eau dès la nuit tombée. Sa stratégie : foncer sur tout ce qui réfléchit. La lumière artificielle déclenche d'abord la concentration du zooplancton, puis l'arrivée des aiguillettes et alevins, et enfin du calmar qui vient se nourrir. Vous n'allumez pas pour voir, vous allumez pour bâtir une chaîne alimentaire sous votre coque.
2. Le matériel précis
- Canne 2,40-2,70 m, puissance 30-100 g, action semi-parabolique
- Moulinet 4000-5000, tresse 15/100, fluoro 30/100 sur 2 m
- Turluttes 2.5 à 3.5 selon profondeur (taille japonaise standard)
- Lampe submersible LED 30-50 W, autonomie 6-10 h, ou rampe 12 V sur batterie auxiliaire
- Frontale rouge à bord pour ne pas brûler la vision nocturne
Le montage en grappe (potence avec deux turluttes espacées de 80 cm, plus une à la pointe lestée) couvre trois couches d'eau et triple les chances d'une touche.
3. Postes et profondeurs
Côté Méditerranée : La Ciotat, Sanary, golfe de Saint-Tropez, sur 25-45 m de fond, à deux milles de la côte. Atlantique : baie de Quiberon, pertuis charentais, embouchure de la Gironde, plus tard dans la saison (novembre à février) sur 20-35 m. En Manche, l'encornet remonte en automne sur les fonds de 30-50 m au large de Cherbourg et du cap de la Hague.
Mouillez sur ancre face au courant, lampe immergée à 1,5-2 m sous la surface du côté abrité du vent. Comptez 30 à 45 minutes pour que la chaîne s'installe avant les premières touches sérieuses.
4. L'animation gagnante
Trois temps :
- Descente contrôlée jusqu'au fond, contact, puis remontée d'un mètre
- Tirées sèches verticales de 30 à 60 cm, deux à trois fois
- Pause longue, 5 à 10 secondes, pointe basse
La touche sur turlutte se sent comme un point de lourdeur, parfois une accroche molle. Ferrage doux mais ferme. Ne brusquez jamais la remontée : le manteau se déchire et vous perdez la prise.
5. À bord : encre et chair
L'encornet expulse son encre en arrivant en surface. Un seau d'eau de mer dédié évite de transformer le pont en champ de bataille. Glaçage immédiat : la chair s'altère vite. Entre deux turluttes, essuyez-les avec un chiffon, le calmar suivant fuit l'odeur d'encre séchée.
6. Sécurité nocturne
- Feux de mouillage allumés, vérifiés
- VHF canal 16 en veille, position partagée à terre avant départ
- Gilets de sauvetage portés, pas seulement à bord
- Coupe-circuit homme à la mer, vital de nuit
- Météo vérifiée à J-1 et au départ : le mistral nocturne se lève en 30 minutes
Pour planifier une sortie de nuit avec retour au port, le calendrier de pêche plaisance 2026 recense les fenêtres et les marées.
7. Erreurs classiques
- Lampe trop puissante mal placée : elle attire trop haut, l'encornet reste en surface hors zone
- Turluttes mélangées trop serrées : emmêlement garanti à la première tirée
- Ferrage brutal : déchirure et perte
- Sortie sans réserve d'autonomie lampe : panne à 23 h, retour bredouille
8. Réglementation et taille
Pas de taille minimale réglementaire pour Loligo vulgaris en pêche de loisir, mais une éthique de base : on relâche sous 100 g, ces juvéniles assurent la saison suivante. Quota recommandé personnel : 5 kg par sortie maximum, on n'est pas un fileyeur professionnel.
En bref
L'encornet demande de la patience et un vrai protocole, surtout sur la lampe. Une fois le rythme trouvé, c'est l'une des pêches les plus régulières de l'hiver. BoatMap aide à mémoriser vos points de mouillage productifs et à recroiser les conditions (lune, vent, courant) qui ont marché.
