Nord

Observer les phoques veaux marins en baie de Somme

Voir les veaux marins en baie de Somme depuis le bateau, distance à respecter, et lecture des bancs de sable à marée basse.

Résumé

La baie de Somme abrite la plus grande colonie de veaux marins (Phoca vitulina) de France, avec plus de 600 individus en moyenne. On les observe depuis le bateau aux marées descendantes quand les bancs de sable découvrent. La règle absolue : 300 mètres de distance, jamais de débarquement à proximité des reposoirs.

La colonie historique

La baie de Somme est l'un des rares estuaires français à avoir gardé une colonie viable de veaux marins après les décennies d'effondrement. Disparus presque totalement au début du XXe siècle, les phoques sont revenus dans les années 1980 et la population a cru régulièrement depuis. Quelques phoques gris fréquentent aussi la baie, en visiteurs ou résidents partiels.

Cette colonie est un patrimoine. Elle est suivie par Picardie Nature, qui mène des comptages depuis 1986 et publie chaque année un rapport sur la situation. Sa stabilité n'est jamais acquise, et la pression de dérangement reste le facteur de risque principal.

Lire les bancs de sable

Les phoques utilisent les bancs émergents pour se reposer, se réchauffer, sécher leur pelage. Ces bancs apparaissent à marée descendante et redeviennent submergés à marée montante. Le rythme est strict, environ six heures dans chaque sens.

Les principaux reposoirs se trouvent dans la partie centrale de la baie, sur les bancs entre Le Hourdel et Saint-Valery. La position exacte change avec les morphologies de bancs, qui se déplacent au fil des saisons et des tempêtes. Ce qui était un bon site il y a trois ans peut être déplacé de 800 mètres aujourd'hui.

La règle des 300 mètres

C'est la distance recommandée par les associations naturalistes et les arrêtés préfectoraux. À 300 mètres, on observe sans déranger. À 100 mètres, on commence à inquiéter les animaux les plus sensibles. À 50 mètres, on provoque des fuites en masse vers l'eau.

Une fuite collective vers l'eau n'est pas un événement mineur. C'est une dépense énergétique, c'est un risque accru pour les nouveaux-nés en juin-juillet, c'est un signal pour la colonie que le site n'est plus sûr. Multiplié par les visites quotidiennes, ça peut faire déménager une colonie.

Le bateau est-il une bonne option

Oui, à condition de respecter la distance et de gérer son approche. Un bateau qui dérive moteur coupé à 300 mètres laisse les phoques tranquilles et offre une bonne observation. Un bateau qui s'approche moteur tournant à 100 mètres déclenche la fuite.

Les vedettes touristiques au départ du Crotoy et de Saint-Valery font ce travail correctement. Pour un plaisancier en autonomie, mieux vaut suivre leur exemple : approcher lentement, couper, observer, repartir. Pas de surplace prolongé qui multiplie l'inquiétude.

Observer depuis la terre

Pour beaucoup de monde, l'observation depuis la côte vaut largement celle en bateau. Le sentier qui longe le Hourdel, le panorama depuis Cayeux-sur-Mer, les promenades guidées de Picardie Nature : autant d'options qui ne dérangent pas et qui offrent des observations précieuses.

Une paire de jumelles 8x ou 10x suffit largement à voir les comportements à 500 ou 800 mètres. Pour la photo, il faut du long, 600 mm équivalent minimum, mais les images obtenues sont superbes.

La période juin-juillet, mise bas

La mise bas a lieu en juin et début juillet. Les nouveaux-nés (les blanchons mais pas blancs ici, le veau marin naît avec une fourrure adulte) sont fragiles et la mère les suit. Pendant cette période, le dérangement coûte plus cher : un jeune séparé de sa mère peut mourir en quelques heures.

Les associations recommandent de doubler la distance pendant juin-juillet, soit 500 mètres. Et surtout : si un jeune phoque échoué semble seul sur la plage, ne pas l'approcher, ne pas le toucher, appeler le 06 22 25 65 89 (numéro Picardie Nature) ou le 0892 70 02 80 (Réseau échouage). La mère est souvent au large, et un jeune touché par l'humain est souvent abandonné.

Marées et coefficients

Les bons jours d'observation sont les coefficients de 80 à 100, qui dégagent largement les bancs centraux. Au-delà de 110, certains bancs sont presque entièrement émergés, mais l'accès en bateau devient compliqué. En mortes eaux, les bancs émergent peu et les phoques sont moins visibles.

L'horaire idéal : deux à trois heures après la pleine mer, quand les bancs commencent à découvrir, la lumière oblique souligne le relief, et les phoques s'installent en nombre.

Saisonnalité globale

Les phoques sont visibles toute l'année en baie de Somme. La fréquentation touristique est massive en juillet-août, et les sites sont saturés. Mai et septembre offrent les meilleures conditions globales : météo, fréquentation, présence des animaux.

Préparer la sortie

Cartes nautiques à jour (la baie change vite), prévision des marées au quart d'heure près, coefficient consulté la veille, météo regardée juste avant. La baie est généreuse mais ne pardonne pas l'improvisation, on s'envase, on se fait piéger par la marée montante. Suivez les chenaux balisés ou faites-vous accompagner.

BoatMap vous aide à organiser vos sorties autour des marées et à enregistrer vos points d'observation pour suivre l'évolution de la colonie d'une année sur l'autre.

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