Résumé
Le marquage du poisson est obligatoire pour les pêcheurs de loisir français depuis l'arrêté du 17 mai 2011, mis à jour en 2023. Il consiste à sectionner la partie inférieure de la nageoire caudale immédiatement après la capture pour 11 espèces nominatives. La sanction administrative atteint 1 500 euros par infraction, jusqu'à 22 500 euros et confiscation pour le thon rouge sans bague AT.
Comprendre la règle avant de la critiquer
Le marquage obligatoire suscite encore en 2026 des débats sur les pontons. Trop contraignant, mal expliqué, contrôlé de manière inégale selon les façades : les griefs sont nombreux, mais la règle existe pour une raison simple. Elle empêche la revente du poisson de plaisance, qui est interdite. Sans marquage, un bar de 60 cm pêché à la canne et un bar pêché par un fileyeur professionnel se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
C'est cette confusion que la marque caudale supprime. Un poisson loisir devient identifiable au premier coup d'œil par les agents de l'OFB, des affaires maritimes ou de la gendarmerie maritime.
Les 11 espèces concernées
L'arrêté de 2011 modifié liste précisément les espèces marines de loisir devant être marquées dès la capture :
- Bar (loup) en Atlantique et Méditerranée
- Cabillaud
- Lieu jaune
- Lieu noir
- Maigre
- Sole
- Bonite à dos rayé
- Espadon
- Marlin
- Voilier
- Thon rouge (avec bague AT en complément)
Les autres espèces (dorade royale, maquereau, congre, mulet) ne sont pas soumises au marquage caudal. La taille minimale de capture reste cependant valable pour toutes.
Comment marquer correctement
La méthode légale est précise. On retire la partie inférieure de la nageoire caudale (lobe inférieur), pas le lobe supérieur, pas la queue entière. La coupe doit être nette, faite immédiatement après la mise à mort. Un poisson conservé entier sans marque dans la glacière constitue déjà l'infraction, même si vous comptiez le marquer plus tard.
Outil recommandé : ciseaux à filet inox, lame de 12 à 15 cm, avec ressort de rappel. Les modèles Rapala MFC-7 ou Mustad Heavy Duty 8" se trouvent autour de 18 à 25 euros et tiennent plusieurs saisons en mer.
Évitez les couteaux à filet pointus pour cette opération : la coupe est moins propre et le risque de blessure sur un bateau qui bouge est sérieux.
Cas particulier du thon rouge
Le thon rouge cumule deux obligations. La marque caudale comme tous les poissons de la liste, et la pose d'une bague de marquage AT (Atlantic Tuna) délivrée gratuitement par la DDTM de votre département de débarquement. La bague se commande avant la sortie, se passe dans la chair de la queue dès la capture, et son numéro est déclaré sous 24 heures sur le portail télédéclaration.
Sans bague AT : amende administrative jusqu'à 22 500 euros, confiscation du poisson, du matériel et possible immobilisation du bateau. C'est la seule espèce où le législateur a couplé marquage individuel et déclaration obligatoire.
Tailles minimales associées
Le marquage n'a de sens que si le poisson est de taille légale. Rappel des minima 2026 :
| Espèce | Taille minimale | Zone |
|---|---|---|
| Bar | 42 cm | Atlantique nord 48°N |
| Bar | 36 cm | Méditerranée |
| Cabillaud | 42 cm | Atlantique |
| Lieu jaune | 30 cm | Atlantique |
| Sole | 24 cm | Atlantique |
| Maigre | 45 cm | National |
| Thon rouge | 115 cm | Atlantique-Méditerranée |
Un poisson sous-taille doit être relâché immédiatement, sans être marqué et sans être sorti longtemps de l'eau.
Sanctions encourues
L'absence de marquage relève de l'infraction de cinquième classe, sanctionnée par une amende forfaitaire de 1 500 euros par poisson en cas de contrôle, doublée en cas de récidive. La revente avérée d'un poisson de plaisance constitue un délit, jusqu'à un an de prison et 22 500 euros d'amende.
Les contrôles se sont durcis depuis 2023 sur la façade Atlantique, avec déploiement de patrouilles mixtes OFB-DDTM lors des week-ends d'été. En Méditerranée, les contrôles ciblent prioritairement les retours de pêche au thon et au denti.
Erreurs fréquentes constatées en contrôle
Trois erreurs reviennent dans les procès-verbaux d'agents que j'ai pu consulter via les retours d'associations de pêcheurs.
Erreur 1 : le marquage tardif. Le pêcheur conserve trois bars dans la bourriche puis ne marque qu'au retour au port. Infraction caractérisée, 4 500 euros minimum.
Erreur 2 : la mauvaise nageoire. Coupure du lobe supérieur de la caudale au lieu du lobe inférieur, ou coupe d'une nageoire pectorale. La marque doit être identifiable selon le schéma officiel.
Erreur 3 : le poisson partagé non marqué. Le bateau a pris cinq bars dans la journée, deux équipiers en récupèrent à terre sans que les poissons soient marqués individuellement. Tous les poissons doivent porter la marque, peu importe à qui ils sont destinés.
Bien s'équiper à bord
Un kit minimum tient dans une trousse étanche de 20 cm :
- Ciseaux à filet inox dédiés
- Mètre ruban étanche pour vérifier la taille avant marquage
- Gants de manipulation type Showa 660 (préservent le mucus du poisson relâché)
- Carnet de pêche avec date, lieu, espèce, taille (utile en cas de contrôle)
- Pour le thon rouge : bague AT, pince crimpeuse, formulaire de télédéclaration
Comptez 60 à 90 euros pour un kit complet de qualité, valable plusieurs saisons.
Ce que la règle change vraiment
La marque caudale ne pénalise pas les pêcheurs respectueux. Elle gêne les filières grises qui revendaient discrètement quelques bars au restaurateur du coin. C'est un outil utile à la ressource, pas une tracasserie administrative.
Les pêcheurs amateurs sérieux marquent depuis dix ans sans y penser, et leurs glacières ne sont pas pour autant moins remplies. La règle est claire, l'équipement est bon marché, et les contrôles se généralisent. Autant intégrer le geste comme un automatisme à la mise à mort.
Pour suivre vos sorties et tenir un carnet de pêche conforme aux exigences de contrôle, l'app BoatMap permet d'enregistrer chaque trajet avec date, position et notes de capture.
