Résumé
Une lessive à bord se fait avec 5 à 10 L d'eau douce maximum si l'on utilise l'eau de mer pour le pré-lavage. Le savon de Marseille reste la référence : pas de mousse à rincer indéfiniment, pas de pollution. Le séchage se fait au sec dans le gréement, jamais sur le pont mouillé.
Pourquoi laver à bord
Sur une croisière de plus d'une semaine, le linge s'accumule. Maillots de bain mouillés, t-shirts salés, draps qui sentent la sueur. Attendre l'escale n'est pas toujours possible : laveries fermées, plein de file d'attente, dimanche en zone touristique.
Une lessive de bord bien menée règle la moitié du problème, l'autre moitié se fait en escale toutes les deux semaines pour les draps et les serviettes.
L'eau de mer en pré-lavage
L'eau de mer est gratuite, abondante, et elle dégraisse correctement les fibres synthétiques et le coton léger. Elle laisse un fini un peu rêche, mais ce n'est pas un problème pour les chaussettes, t-shirts et maillots.
On remplit un seau de 10 L à la pompe à eau de mer du bord (ou en plongeant le seau au mouillage), on ajoute le savon, on laisse tremper 15 minutes, on frotte les zones sales, on rince à l'eau de mer claire.
Le linge sort propre, mais salé. Un dernier rinçage à l'eau douce (1 à 2 L) suffit à dessaler.
Le savon de Marseille véritable
72 % d'huile végétale, fabriqué à Marseille, sans ajout. Le vrai. Le bloc de 600 g coûte 5 à 8 euros, dure six mois pour deux personnes, ne mousse pas trop, se rince vite. Il fonctionne à l'eau salée, contrairement aux lessives industrielles qui ne moussent pas en eau dure ou salée.
On le râpe en copeaux dans un bocal au début de la saison, puis on en met une cuillère à soupe par seau de 10 L. Pour les taches, on frotte directement le bloc humide sur la tache.
Alternative écologique : le savon noir liquide à base d'huile d'olive. Plus liquide, plus pratique à doser, mais un peu plus cher. Comptez 12 à 15 euros le litre.
La méthode du seau
Plus simple, plus efficace que la baignoire de la cabine arrière (qui ne sert pas à ça).
- Seau 1 (eau de mer) : trempage 15 minutes avec savon
- Seau 2 (eau de mer) : rinçage rapide
- Seau 3 (eau douce) : dessalage final, 1 L par vêtement
Comptez 30 minutes pour 5 vêtements. Faites-le en mouillage, pas en navigation.
La machine à pédale
Sur les bateaux modernes, on trouve des mini-machines à manivelle (Wonder Wash, Lavario) qui consomment 5 L d'eau pour un cycle complet. Coût : 60 à 100 euros. Encombrement : 30 cm de côté. Utile si on cherche à laver mieux qu'au seau, sans utiliser la pression d'eau douce.
Pour quatre personnes en croisière de 15 jours, c'est rentable. Pour deux personnes en quinzaine, c'est superflu.
Le piège des lessives industrielles
Les lessives en poudre standard sont conçues pour des cycles à 1 minimum 30 L d'eau et plusieurs rinçages. À bord, on ne peut pas rincer cinq fois. Le résultat : du résidu qui blanchit le tissu, irrite la peau, et fait un voile gras au prochain lavage.
Si vous tenez à utiliser de la lessive moderne, choisissez une lessive concentrée écologique en pastilles, dosée à 1 pastille par seau, et acceptez de rincer trois fois.
Le séchage
À bord, le séchage est le maillon faible. Le linge mouillé sur le pont brûle au soleil et tache de sel s'il y a embruns.
Solution 1 : étendoir dans le gréement
Un étendoir tendu entre deux haubans, sous une casquette de pluie, à 1,80 m de hauteur. Le vent sèche en 2 à 4 heures. Inconvénient : le linge claque, peut s'envoler. Mettre des pinces à linge bois résistantes au sel.
Solution 2 : bras d'arceau ou portique
Sur les bateaux à portique arrière, on tend une drisse entre les deux montants. Pratique, hors de portée des éclaboussures.
Solution 3 : intérieur de la cabine
Si la météo se gâte, sur l'échelle de descente ou tendu sous le carré. Aération en permanence sinon humidité partout. À éviter sauf urgence.
Hygiène générale du linge
Les sous-vêtements sont les plus délicats. Lavage à 40 °C minimum pour éliminer les bactéries, ou trempage dans l'eau additionnée de quelques gouttes d'huile essentielle de tea tree (antibactérienne). Séchage au soleil direct si possible : les UV désinfectent.
Les serviettes éponge sont les pires : longues à sécher, lourdes en eau, encombrantes. Privilégiez la microfibre marine, légère, qui sèche en 30 minutes.
L'erreur classique
Faire la lessive en navigation. Le bateau gîte, le seau renverse, le linge prend l'eau salée pendant le séchage. Toute la journée perdue. Faites les lessives au mouillage, le matin, sur eaux calmes.
Pour planifier vos escales avec laverie automatique pour les gros volumes (draps, serviettes), BoatMap recense les services à terre des marinas accueillantes.
