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Insolation et déshydratation à bord : reconnaître et soigner

Maux de tête, nausées, peau sèche : comment identifier une insolation en mer, la différencier d'un mal de mer, et réagir avant l'urgence.

Résumé

L'insolation tue, contrairement au coup de soleil. Quatre symptômes à connaître : céphalée pulsatile, nausée, peau chaude et sèche, confusion. Il faut refroidir tout de suite, allonger à l'ombre, faire boire par petites gorgées. La déshydratation simple, c'est en amont, et elle se prévient en buvant 2 à 3 litres par jour.

La confusion fréquente avec le mal de mer

Un équipier nauséeux après deux heures au soleil au mouillage : c'est probablement une insolation, pas un mal de mer. Les deux donnent des nausées, mais l'insolation s'accompagne de céphalée intense et de peau sèche. Le mal de mer se manifeste plutôt au sec et dans le froid de la sueur.

Confondre les deux et donner un antiémétique sans refroidir, c'est laisser la situation s'aggraver pendant deux ou trois heures. À 40 °C de température corporelle, on bascule en coup de chaleur, urgence vitale.

Les niveaux de gravité

Déshydratation simple

Bouche sèche, soif, fatigue, urines foncées et peu abondantes. Ça se corrige en 30 minutes en buvant. Pas d'urgence, mais à ne pas négliger : un équipier déshydraté n'a plus la même réactivité, et fait des erreurs en manœuvre.

Insolation modérée

Céphalée frontale, nausées, peau rouge et chaude, transpiration encore présente. Température entre 38 et 39,5 °C. Allonger à l'ombre, refroidir, faire boire. Récupération en 2 à 4 heures.

Coup de chaleur

Peau brûlante et sèche (le corps n'arrive plus à transpirer), confusion, troubles de la conscience. Température au-dessus de 40 °C. Urgence absolue, refroidissement immédiat et alerte médicale au 196.

Les gestes qui sauvent

Premier réflexe : sortir de la zone d'exposition. Descendre dans le carré, ou tendre un taud d'ombrage au-dessus du cockpit. Allonger la personne, jambes légèrement surélevées.

Refroidir avec ce qu'on a sous la main : éponger avec un linge humide à l'eau de mer, mouiller les poignets, le cou, les aisselles, les chevilles. Si on a un brumisateur, c'est l'idéal. La climatisation aide si elle existe.

Boire par petites gorgées, pas une bouteille d'un coup. 100 ml toutes les cinq minutes pendant la première demi-heure. Eau fraîche mais pas glacée. Ajouter un peu de sel et de sucre, ou un sachet de soluté de réhydratation orale, dès que possible.

Pourquoi pas l'eau glacée

L'eau glacée provoque un spasme du pylore, on vomit, on perd encore plus de liquide. Eau à température cabine, c'est mieux. Au pire, eau du frigo, jamais avec des glaçons.

Hydratation préventive

2 à 3 litres par jour en navigation d'été, plus si vent fort ou effort physique. Le réflexe : un verre toutes les heures, pas trois litres d'un coup le matin. La soif est un signal tardif : on a déjà perdu 1 % de son poids en eau quand on la ressent.

Pour les enfants, la règle est plus stricte : 1 litre minimum jusqu'à 8 ans, 1,5 litre ensuite. Et on les fait boire, ils oublient.

Ce qui aggrave la situation

L'alcool, le café, les boissons sucrées sodas. L'alcool surtout : un apéro à 12 h sous le soleil, et l'équipier sera déshydraté à 16 h. Sur un bateau, on garde l'alcool pour le mouillage du soir, à l'ombre, après une ration d'eau.

L'effort physique en plein soleil, type hisser une grand-voile à midi par 30 °C : on programme ça à 9 h ou à 18 h, pas en plein cagnard.

Le piège du vent

Mistral, alizés, tramontane : on ne sent pas la chaleur, on ne se sent pas transpirer (le vent évapore tout de suite), on oublie de boire. Et on déshydrate plus vite qu'au calme. Le vent assèche aussi les muqueuses : narines, gorge, yeux. Penser à un spray nasal salin au mouillage du soir, ça soulage.

Cas particuliers

Personnes sous bêta-bloquants ou diurétiques : risque accru, hydratation renforcée. Femmes enceintes : pas d'exposition prolongée, hydratation 3 litres par jour. Personnes âgées : la sensation de soif diminue avec l'âge, on les fait boire activement.

Au mouillage l'été

L'erreur classique : une journée à 35 °C dans une crique sans ombre, six heures à se baigner sans vrai déjeuner, peu d'eau bue. Vers 17 h, deux personnes nauséeuses et fatiguées. Le bateau idéal, c'est celui qui a un taud d'ombrage qui couvre tout le cockpit, et un grand thermos d'eau toujours plein.

Pour identifier les criques avec ombre rocheuse naturelle ou tirant d'eau permettant de mouiller près d'une falaise abritée, BoatMap remonte les abris recommandés par d'autres équipages.

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