Résumé
EPIRB et PLB envoient tous deux un signal de détresse satellite COSPAS-SARSAT, mais avec des philosophies différentes : l'EPIRB est lié au bateau, le PLB est lié à la personne. Pour un programme hauturier, l'EPIRB est obligatoire et incontournable. Pour la côtière, un PLB par équipier est souvent le meilleur compromis.
Le système COSPAS-SARSAT en 2026
Les deux balises émettent sur 406 MHz vers les satellites COSPAS-SARSAT, qui couvrent l'intégralité du globe. Le signal est reçu en quelques minutes, géolocalisé, et transmis aux centres de coordination de sauvetage (MRCC).
En France, c'est le CROSS qui prend en charge la coordination, avec relais éventuel vers les pays voisins selon la position.
L'amélioration récente du système (Galileo, MEOSAR) permet une géolocalisation à moins de 100 mètres en quelques minutes, contre 5 km et plusieurs heures il y a 15 ans.
EPIRB, la balise du bateau
L'EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacon) est conçue pour être déclenchée manuellement ou automatiquement (au contact de l'eau via flotteur) en cas d'abandon du navire.
Caractéristiques :
- Autonomie : 48 heures minimum.
- Étanche jusqu'à 10 mètres.
- Activation manuelle ou hydrostatique automatique.
- Lien explicite avec le bateau (MMSI, numéro d'immatriculation).
- Taille importante, support fixe sur bateau (catégorie I) ou sur cloison (catégorie II).
L'EPIRB est obligatoire pour la navigation hauturière (catégorie 1 selon la division 240) sur les bateaux de plus de 24 mètres ou pour la navigation au-delà de 60 milles d'un abri.
PLB, la balise de la personne
Le PLB (Personal Locator Beacon) est une balise individuelle, plus petite, plus légère, à porter sur la veste de quart ou dans la poche du gilet de sauvetage.
Caractéristiques :
- Autonomie : 24 heures minimum.
- Étanche jusqu'à 10 mètres.
- Activation manuelle uniquement.
- Lien avec une personne identifiée (nom, contact d'urgence).
- Taille compacte (poids 150 à 250 grammes).
Le PLB n'est pas obligatoire en plaisance, mais devient essentiel en cas d'homme à la mer ou pour un équipier isolé.
La différence essentielle
L'EPIRB protège le bateau et l'équipage qui reste à son bord (ou à proximité immédiate après abandon).
Le PLB protège la personne, où qu'elle soit.
Le scénario typique : un équipier tombe à l'eau en pleine nuit lors d'une traversée. Le PLB qu'il porte sur lui est activé immédiatement, sa position est connue à 100 mètres près en 5 minutes. Sans PLB, le bateau doit faire demi-tour, retrouver la trace, lancer un appel sécurité, espérer.
Autonomie et fiabilité batterie
La batterie d'un EPIRB ou d'un PLB est au lithium métal, avec une durée de vie typique de 10 ans. Au-delà, il faut faire remplacer la batterie en SAV agréé (300 à 500 euros).
Les modèles récents (Ocean Signal SafeSea EPIRB1, McMurdo Smartfind G8 EPIRB, Ocean Signal MOB1, ACR ResQLink View PLB) sont fiables. Pas de retour particulier sur des défaillances.
Couverture et limites
Les deux balises fonctionnent partout dans le monde, à toute heure, sous tout temps. La latence de réception du signal est de 2 à 5 minutes.
La géolocalisation par GPS intégré (présent sur tous les modèles modernes depuis 5 ans) donne la position à 100 mètres dès le premier passage satellite.
Sans GPS intégré, la géolocalisation se fait par triangulation sur 30 minutes à 1 heure, ce qui était la norme avant 2015.
Les modèles AIS (présents sur certains PLB comme Ocean Signal MOB1) ajoutent un signal AIS local qui alerte les bateaux dans un rayon de 5 milles, en plus du signal satellite. C'est utile pour le sauvetage immédiat par des bateaux à proximité.
Prix en 2026
PLB compact (Ocean Signal RescueME PLB1, ACR ResQLink) : 280 à 350 euros. PLB AIS (Ocean Signal MOB1) : 350 à 400 euros. EPIRB catégorie II (Ocean Signal SafeSea EPIRB1, McMurdo Smartfind G8) : 480 à 600 euros. EPIRB catégorie I (avec largueur hydrostatique automatique) : 700 à 900 euros.
Obligations réglementaires
Pour la plaisance française (division 240) :
- Navigation côtière (jusqu'à 6 milles d'un abri) : aucune obligation balise.
- Navigation semi-hauturière (jusqu'à 60 milles d'un abri) : aucune obligation balise.
- Navigation hauturière (au-delà de 60 milles d'un abri) : EPIRB obligatoire.
Notez que le PLB n'est pas une obligation, mais sa présence est très fortement recommandée dès qu'on s'éloigne de la côte ou qu'on navigue de nuit.
Mon usage personnel
Sur mon programme bretagne / côte atlantique avec sorties à la journée principalement et 2 ou 3 traversées par an, j'ai :
Un PLB Ocean Signal RescueME PLB1 par équipier régulier (3 unités au total). Pas d'EPIRB sur le bateau, parce que je reste sous la barre des 60 milles d'un abri.
Pour la traversée du Golfe de Gascogne ou un trajet vers les Açores, je louerais ou j'achèterais un EPIRB en plus.
Cette config couvre 95 pour cent de mes navigations.
Recommandation par programme
Plaisancier côtier (sorties à la journée, week-end côtier) : 1 PLB par équipier sensible (skipper, équipier de quart). Pas d'EPIRB.
Plaisancier semi-hauturier (traversées Manche, Bretagne nord, Belle-Île) : 1 PLB par équipier + EPIRB sur bateau.
Plaisancier hauturier (traversée Atlantique, Méditerranée long cours) : 1 PLB AIS par équipier + EPIRB cat I avec largueur hydrostatique.
Préparation
Au-delà du matériel, le briefing équipage compte. Tout le monde doit savoir où sont les balises, comment les activer, et comprendre que c'est strictement réservé aux situations de détresse réelle.
Préparer une traversée, c'est aussi connaître les CROSS de la zone, les fréquences VHF, les abris possibles, les conditions probables. Pour rassembler ces informations dans une seule lecture, BoatMap propose une approche intégrée sans empiler une nouvelle abonnement.
