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12 astuces pour économiser l'eau douce à bord

Douze astuces concrètes pour économiser l'eau douce à bord : douche, vaisselle, rinçage, et gestes du quotidien qui font la différence.

Résumé

L'eau douce est la ressource la plus contrainte à bord. Avec quelques gestes simples, on divise sa consommation par deux ou trois. Douche au pulvérisateur, vaisselle à l'eau de mer puis rinçage, mousseurs, surveillance des fuites : autant de pratiques qui rallongent l'autonomie de plusieurs jours.

La consommation de référence

Un plaisancier moyen sans précaution particulière consomme 50 à 80 litres par jour à bord. Avec des gestes simples, on descend à 15 à 25 litres par jour, et on garde le confort.

L'enjeu n'est pas de souffrir. C'est de comprendre où va l'eau, et d'intervenir aux endroits les plus rentables.

1. La douche au pulvérisateur

La méthode classique : se mouiller, fermer l'eau, se savonner, rincer. Avec un pulvérisateur de douche à débit limité (5 à 7 litres par minute), une douche complète demande 3 à 5 litres au lieu de 30 à 50.

Les pommeaux à débit limité avec bouton stop intégré sont vendus 20 à 40 euros. Sur deux semaines de croisière, le retour sur investissement est immédiat.

2. La douche au pont quand il fait chaud

Par 28 degrés, une douche à l'eau de mer puis un rinçage rapide à l'eau douce (1 ou 2 litres au pulvérisateur) suffit largement. Le sel ne reste pas si on rince correctement.

Cette méthode demande zéro infrastructure (un seau et un pommeau de pulvérisation), et économise beaucoup d'eau douce. Pratiqué au mouillage à l'arrière, c'est même agréable.

3. La vaisselle à l'eau de mer

Lavage à l'eau de mer puis rinçage rapide à l'eau douce. Un savon adapté à l'eau de mer (savon de Marseille, savon noir, ou produits dédiés) mousse correctement.

Économie typique : 5 à 10 litres par repas pour 4 personnes. Sur deux semaines, c'est 100 à 200 litres économisés.

4. La règle du verre fermé

Pour se brosser les dents, se rincer les mains : on remplit un verre, on l'utilise. Pas d'eau qui coule pendant 30 secondes au lavabo. Économie : 2 litres par brossage par personne, soit 16 litres par jour pour 4 personnes.

Geste invisible, déterminant.

5. Le mousseur économique

Sur le robinet du lavabo et de la cuisine, un mousseur économique réduit le débit de 6 à 2 ou 3 litres par minute, sans perte d'efficacité ressentie. Coût : 5 à 15 euros pièce. Économie : 30 à 50% sur tous les usages au robinet.

C'est l'un des meilleurs investissements à bord. Effort nul, gain durable.

6. La surveillance des fuites

Une fuite invisible peut vider 50 litres en une nuit. Joints de robinet usés, raccord de pompe, joint de réservoir : tous les éléments de la plomberie sont à surveiller.

Méthode simple : noter le niveau du réservoir le soir, le revérifier au matin sans avoir tiré d'eau. Si écart, fuite quelque part.

Les fuites les plus fréquentes : robinet de douche qui goutte, mousseur usé, pompe à pieds dont la membrane fuit lentement, raccord du chauffe-eau.

7. Le rinçage de la salade dans une bassine

Plutôt que de rincer la salade sous l'eau qui coule, rincer dans une bassine en deux ou trois eaux. La dernière eau, propre, peut servir à arroser ou pour d'autres usages.

Économie : 5 litres par préparation de salade. Sur 14 repas avec salade, 70 litres.

8. Les casseroles couvertes

Cuire les pâtes ou le riz avec un couvercle réduit l'évaporation et permet d'utiliser moins d'eau. Pour les pâtes, 1 litre par 100g suffit largement.

Idem pour les légumes : à la vapeur dans un panier au-dessus de l'eau bouillante, on utilise 200 ml au lieu de 2 litres.

9. La machine à laver, à éviter

Les petites machines à laver à bord sont gourmandes en eau et en énergie. 30 à 60 litres par cycle, c'est énorme à bord.

Solutions : laundromat à l'escale, ou lavage à la main avec savon adapté. Le rinçage final à l'eau de pluie ou de mer (puis rinçage léger eau douce) limite la conso.

10. La douche solaire au pont

Une douche solaire (poche noire qui chauffe au soleil, 10 à 20 litres) installée au pont permet une douche quotidienne agréable sans tirer sur le réservoir intérieur. 15 euros, instantané.

Pour les saisons chaudes, c'est un confort qui change le rapport à l'eau douce.

11. La cuisine avec eau de mer (avec mesure)

Pour les pâtes, le riz, les pommes de terre : on peut mélanger eau de mer et eau douce (1/3 mer, 2/3 douce typiquement) pour réduire la conso et le sel ajouté en cuisson. Pour les pâtes, ça remplace même le sel à ajouter.

À adapter selon la salinité locale (32 à 38 g/L en Méditerranée). Goûter avant de saler.

12. La récupération de l'eau de pluie

Toile bimini ou taud avec collecteur, en région pluvieuse : on récupère 5 à 20 litres par bonne averse. Eau pure, idéale pour la cuisine ou la douche après filtration simple.

Méthode classique en Bretagne, presque inutile en Méditerranée l'été. Mais en saison de pluies, c'est précieux.

L'effet cumulé

Un équipage de 4 sans précaution : 200 litres par jour, réservoir 400 litres vidé en deux jours.

Le même équipage avec ces 12 astuces : 60 à 80 litres par jour. Le réservoir tient cinq à sept jours.

Sur deux semaines de croisière sans dessalinisateur, c'est la différence entre quatre escales de ravitaillement et une seule.

Le suivi du niveau

Une jauge de réservoir précise (capacitive ou ultrasonique) coûte 100 à 200 euros et change la conscience qu'on a de la conso. On voit en temps réel le niveau descendre, ça responsabilise.

Sans jauge, l'estimation est approximative. On découvre souvent qu'on consomme deux fois plus que ce qu'on imaginait.

L'effet sur le confort

Aucune des astuces ci-dessus n'enlève de confort réel. La douche au pulvérisateur lave aussi bien. La vaisselle à l'eau de mer est aussi propre. Le mousseur ne se sent pas.

Ce qui change, c'est l'attention portée à la ressource. Et c'est précieux : pour ceux qui ont vécu la panne d'eau au mouillage en pleine canicule, l'économie devient une seconde nature.

Le cas du dessalinisateur

Un dessalinisateur change tout. Mais 6000 euros d'équipement avant tout, c'est beaucoup. Avec des astuces et une jauge fiable, beaucoup de plaisanciers s'en passent très bien sur des croisières de quatre semaines.

L'arbitrage est personnel. Mais commencer par les économies coûte zéro et change déjà beaucoup.

Cas pratique

Voilier 38 pieds, équipage 4, deux semaines de croisière atlantique en juillet 2024. Avant les astuces : ravitaillement tous les 4 jours, 4 escales planifiées contre la volonté. Après mise en place de toutes les astuces et installation jauge : 1 ravitaillement à mi-parcours, 5 jours de mouillage continu sans contrainte. Coût total des modifications : 80 euros.

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