Résumé
En mer, l'indice UV grimpe de 30 à 50 % à cause du reflet de l'eau. Une journée à oublier la crème suffit pour brûler au second degré. La meilleure protection reste vestimentaire ; la crème complète, elle ne remplace pas. Si la brûlure est là, on hydrate, on refroidit, on évite l'aspirine.
Pourquoi le coup de soleil en mer est plus violent
Trois facteurs s'additionnent : le reflet sur l'eau renvoie 25 % des UV, le vent assèche la peau et masque la chaleur, l'altitude apparente de l'horizon expose toute la journée. Le résultat : on cuit sans s'en rendre compte. Le matelot qui dit ne pas avoir trop pris est souvent celui qui pèle le plus le surlendemain.
Les zones à risque sur un voilier : nuque, oreilles, dessus des pieds, genoux, intérieur des cuisses. Sur un open, ajouter le crâne et les épaules.
Prévention par vêtements
C'est le point essentiel. Une chemise en lin léger UPF 50, un pantalon de toile, un buff sur la nuque, une casquette à rabat de type sahariennes : on réduit la zone exposée à 15 % du corps. La crème ne fait plus que compléter.
Les marques techniques (Helly Hansen, Quiksilver, Decathlon Tribord) proposent des UPF 50+ qui tiennent dix à quinze ans. Comptez 40 à 80 euros la pièce, c'est rentable face à un mélanome.
La crème solaire
Indice 50, résistante à l'eau, à appliquer 30 minutes avant exposition et à renouveler toutes les deux heures. Beaucoup oublient le renouvellement, et c'est là que ça brûle. Une journée de mouillage = au moins quatre passages.
Évitez les sprays légers qui s'envolent au vent : on en met deux fois trop, et la moitié finit dans l'eau. Préférez les laits ou les crèmes en tube. Les sticks à zinc opaques pour le visage et les oreilles donnent l'effet le plus durable.
Côté composition, choisissez des filtres minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane) si vous voulez limiter l'impact écologique. Hawaï et certaines criques méditerranéennes commencent à interdire les filtres chimiques classiques.
Lunettes et chapeau
Lunettes de catégorie 3 ou 4, polarisées, avec verres enveloppants. Sans elles, la kératite (coup de soleil de la cornée) survient en quelques heures. Symptômes : œil rouge, larmoiement, photophobie. Très douloureux pendant 48 heures.
Chapeau à large bord ou casquette à rabat. Une casquette classique laisse les oreilles et la nuque exposées.
Le coup de soleil malgré tout
Premier degré : peau rouge, chaude, douloureuse. Deuxième degré : cloques, brûlure profonde, parfois fièvre.
Premier degré
Refroidir avec de l'eau de mer ou des linges humides pendant 15 minutes. Appliquer du gel d'aloe vera ou de la Biafine. Hydrater : 500 ml d'eau dans l'heure qui suit, plus 1,5 litre dans les six heures. Paracétamol 1 g pour la douleur. Pas d'aspirine ni d'ibuprofène, qui peuvent fragiliser la peau lésée.
Deuxième degré avec cloques
Ne pas percer. Recouvrir d'un pansement gras type Tulle Gras, bandage léger. Antalgique fort. Si la zone brûlée dépasse une paume de main, retour au port pour avis médical. Si fièvre supérieure à 38,5 °C, consultation rapide.
Hydratation et électrolytes
Le coup de soleil tire de l'eau et des sels. Boire de l'eau seule ne suffit pas. Une cuillère à café de sel + une cuillère à soupe de sucre dans 1 litre d'eau, ou un sachet de soluté de réhydratation orale, font le travail. Continuer pendant 24 heures.
Cas des enfants
Avant 6 mois, pas d'exposition directe. Avant 3 ans, vêtements + crème + chapeau systématiques. Une combinaison anti-UV intégrale (lycra long) règle 80 % du problème. Comptez 25 à 40 euros, ça dure deux étés.
Le piège du vent
Mistral, tramontane, alizés : on ne sent pas la chaleur, on ne transpire pas, on oublie de boire. Et on brûle deux fois plus vite. Sortez la crème dès que le vent tombe le soleil sur vous, pas l'inverse.
Suivi sur la durée
Un coup de soleil dans l'enfance multiplie par deux le risque de mélanome à 50 ans. Les plaisanciers réguliers ont aussi un risque cumulé : carcinomes basocellulaires sur le crâne, le front, les oreilles. Un contrôle dermato annuel après 50 ans n'est pas un luxe.
Pour préparer une journée mouillage en pleine canicule, BoatMap permet de repérer les criques avec ombrage naturel ou abri rocheux qui couvre une partie de l'après-midi.
