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Calibrer un pilote auto Raymarine, étapes

Procédure de calibration d'un pilote automatique Raymarine : compas embarqué, gain, contre-barre et essais en conditions réelles.

Résumé

Calibrer un pilote Raymarine se déroule en trois étapes : étalonnage du compas par tour automatique, ajustement des gains de réponse, et vérification de la contre-barre. Comptez 1 à 2 heures sur eau modérée pour un résultat fiable.

Pourquoi calibrer

Un pilote automatique sort d'usine avec des paramètres standards qui correspondent à un voilier moyen. La réalité de chaque bateau diffère selon son inertie, sa surface de safran, sa tenue de cap, et même sa charge à bord. Un pilote non calibré tient le cap mais avec des oscillations exagérées, une consommation excessive et une usure prématurée du moteur.

Une calibration bien menée se ressent immédiatement. Le bateau tient le cap avec moins d'à-coups, le moteur du vérin s'active moins, la consommation électrique baisse. Le cap moyen est aussi plus précis, parfois deux ou trois fois meilleur qu'avec les paramètres par défaut.

Sur les modèles Raymarine modernes, EV-100, EV-150, EV-200 ou Evolution, la procédure est largement automatisée mais demande quelques validations manuelles importantes.

Étape un : étalonnage du compas

Le pilote Raymarine intègre un compas électronique fluxgate qui doit être calibré pour compenser les masses ferreuses du bateau. La procédure se lance depuis le menu de l'unité de contrôle ou depuis l'écran multifonction connecté.

Naviguer en eau dégagée, sans courant fort, à vitesse stable autour de 3 à 4 nœuds. Idéalement par mer calme et vent inférieur à 8 nœuds. Activer la procédure, puis faire tourner lentement le bateau sur lui-même au moins une fois et demi, soit 540 degrés, en 2 ou 3 minutes.

Le système enregistre les variations magnétiques sur tout le tour et compense automatiquement. À la fin, un message confirme l'étalonnage et indique la déviation maximale détectée. Si elle dépasse 15 degrés, le compas est mal positionné ou perturbé par un objet ferreux trop proche, et il faut chercher la cause avant de continuer.

Vérifier ensuite l'alignement du compas avec la ligne de quille en comparant l'indication du pilote avec celle du compas magnétique principal sur quelques caps cardinaux. Un décalage systématique de plusieurs degrés indique un défaut de pose du capteur, à corriger physiquement avant de poursuivre.

Étape deux : type de bateau et coefficients

Dans le menu installation du pilote, sélectionner le type de bateau. Voilier monocoque, multicoque, déplacement, semi-rapide, planant. Chaque catégorie charge des coefficients de base adaptés à l'inertie typique du programme.

Régler ensuite la vitesse de croisière typique, ce qui aide le pilote à anticiper la réponse du safran selon la portance hydrodynamique. Pour un voilier de croisière, 5 à 6 nœuds est une valeur standard. Pour un trawler, 7 à 8 nœuds. Pour un semi-rapide, 18 à 22 nœuds.

Si vous connaissez la vitesse de rotation maximale du vérin, l'inscrire aussi. C'est une valeur que le constructeur indique sur la fiche technique de l'unité hydraulique ou du vérin.

Étape trois : essais en mer

L'essai pratique commence à vitesse de croisière, en eau ouverte, par mer modérée. Engager le pilote sur un cap stable, et observer son comportement pendant 5 à 10 minutes.

Trois symptômes typiques à corriger.

Oscillations larges autour du cap, plus de 5 degrés à droite et à gauche en alternance. Le gain de réponse est trop faible. Le pilote ne corrige pas assez vite et le bateau dérape avant de revenir. Augmenter le gain par paliers de 1 ou 2 unités, en testant à chaque fois 2 à 3 minutes.

Oscillations rapides et courtes, le safran travaille en permanence avec un bruit caractéristique. Le gain est trop fort, le pilote sur-corrige. Diminuer le gain par paliers.

Tendance à dériver d'un côté, avec un léger biais permanent. Vérifier la calibration du compas et la position du capteur. Vérifier aussi qu'il n'y a pas de courant ou de vent latéral qui crée une dérive normale.

Réglage de la contre-barre

La contre-barre, ou rate response sur les Raymarine récents, contrôle l'anticipation du pilote. Elle agit en relâchant le safran avant que le bateau atteigne le cap visé, pour éviter le dépassement.

Une contre-barre trop forte donne un retour mou avec sous-correction. Une contre-barre trop faible cause des dépassements et des allures en S autour du cap.

Pour régler, faire un changement de cap de 30 degrés et observer la trajectoire. Si le bateau dépasse de plus de 5 degrés avant de revenir, augmenter la contre-barre. S'il atteint le cap progressivement sans atteindre la consigne pendant plus de 10 secondes, diminuer.

Sur les modèles Evolution récents, ce paramètre est calculé automatiquement et n'est pas accessible directement. C'est le gain seul qui se règle, ce qui simplifie la mise au point pour la plupart des plaisanciers.

Modes auto-tune

Les pilotes Raymarine récents disposent d'un mode auto-tune qui ajuste les gains automatiquement après quelques minutes de fonctionnement. Activer le mode, naviguer cap stable pendant 5 à 10 minutes, et le pilote calcule les paramètres optimaux pour les conditions du moment.

Cette fonction est utile mais n'élimine pas le besoin d'une vérification manuelle. Les conditions de mer et de vent changent, et un réglage parfait à 12 nœuds de vent peut s'avérer faiblard à 25 nœuds en surf au portant.

Vérification finale

Une fois la calibration finie, faire un essai longue durée en conditions réalistes. Naviguer 30 minutes sur cap, puis 30 minutes au près, puis 30 minutes au portant. Observer la consommation électrique du pilote, qui ne devrait pas dépasser 1 ampère en moyenne pour un EV-100 sur un voilier de 35 pieds.

Si la consommation reste élevée, le gain est probablement trop fort. Réduire encore par paliers jusqu'à atteindre un compromis confort de cap et faible consommation.

Maintenance et recalibration

La calibration doit être refaite après tout changement à bord susceptible de modifier les masses magnétiques. Ajout d'une batterie, d'un guindeau, d'un haut-parleur près du capteur compas. Aussi après une remise en place du capteur ou un changement de position.

Une recalibration annuelle préventive, en début de saison, ne fait jamais de mal. Cinq minutes pour relancer le tour de compas évitent souvent une fausse manoeuvre par mauvais temps.

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