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Le calamar : biologie, habitat, saisons

Fiche calamar (Loligo vulgaris) : céphalopode pélagique 30-50 cm, frai printemps-été, bioluminescence, pêche à la turlutte dandinette de nuit.

Loligo vulgaris, le calamar commun (ou encornet), est un céphalopode pélagique présent en Atlantique Est de l'Écosse au Sénégal et dans toute la Méditerranée. Taille courante 20 à 40 cm de manteau, jusqu'à 50 cm pour les vieux mâles (source : DORIS-FFESSM). Frai au printemps et en été sur le plateau continental, pas de taille mini réglementaire mais quota global plaisance de 10 prises par pêcheur et par jour.

Description et identification

Le calamar ne se confond avec rien d'autre une fois qu'on l'a vu à bord. Corps en forme de fuseau allongé, deux nageoires triangulaires qui couvrent les deux tiers du manteau et se rejoignent en pointe à l'arrière. Huit bras courts plus deux tentacules rétractiles beaucoup plus longs, équipés de ventouses en massue. La peau, transparente à rosée au repos, vire au rouge-brun moucheté en quelques dixièmes de seconde sous l'effet des chromatophores.

À ne pas confondre avec trois cousins présents sur nos côtes : la seiche (corps plus trapu, nageoires étroites tout autour du manteau, os de seiche interne), le chipiron basque qui est le même Loligo vulgaris sous un nom local, et l'encornet veiné (Loligo forbesii) plus fréquent au large en Manche, reconnaissable à des nageoires qui ne dépassent pas 60 % de la longueur du corps.

Les gros mâles dépassent parfois 2 kg pour 50 cm de manteau, mais la capture moyenne en bateau tourne plutôt autour de 300 à 600 g.

Habitat

Le calamar vit entre la surface et 400 m de fond, concentré la plupart du temps sur le plateau continental entre 20 et 150 m. Il chasse en pleine eau, pas au ras du sable comme la seiche. Cette différence de comportement change tout pour qui veut le pêcher : la turlutte travaille à mi-profondeur ou plus haut, rarement sur le fond.

Quatre configurations reviennent sur les carnets :

  • tombants et cassures de plateau entre 40 et 80 m, en Méditerranée surtout
  • chenaux d'entrée de grands estuaires (Gironde, Loire, Adour) d'octobre à décembre
  • zones de sable coquillier avec bancs de sprats ou d'anchois, sa nourriture favorite
  • autour des fermes à bar et des élevages aquacoles, qui concentrent les petits poissons

Le calamar tolère mal les eaux sous 10 °C. Les populations de Manche et de golfe de Gascogne descendent au sud ou au large dès janvier, puis remontent vers la côte en avril. En Méditerranée, les mouvements verticaux (nycthéméraux) comptent plus que les migrations saisonnières : il monte à 10-30 m la nuit pour chasser, redescend à 80-150 m le jour.

Saisonnalité

Deux fenêtres dominent sur la façade Atlantique. Le pic d'automne, d'octobre à décembre, quand les calamars remontent à la côte pour chasser les bancs de sardines et d'anchois. Le pic de printemps, d'avril à juin, lié au frai sur les fonds de 30 à 80 m.

En Méditerranée, la saison s'étale plus. Les meilleures prises tombent de septembre à janvier du côté des côtes vauclusiennes, héraultaises et varoises. Les nuits de lune noire après un coup de vent qui a brassé l'eau donnent toujours de meilleurs résultats que les nuits claires d'eau figée, question que j'ai posée à trois marins-pêcheurs du Grau-du-Roi qui pêchaient le calamar aux feux : tous les trois ont répondu la même chose sans se consulter.

Alimentation

Le calamar est un chasseur actif. Il propulse son corps par jet d'eau via le siphon, attrape ses proies d'un coup des deux tentacules projetés en moins de 80 millisecondes, les ramène aux bras puis au bec corné. Régime alimentaire dominé par les petits poissons pélagiques : sprats, sardines juvéniles, anchois, chinchards, et par des crustacés et d'autres céphalopodes plus petits (y compris des calamars de sa propre espèce en cas de densité élevée).

Particularité notable : il est bioluminescent sur les flancs et autour des yeux, mais l'émission lumineuse reste faible comparée aux espèces de grand large (Watasenia, Abralia). Elle sert plutôt à la communication intra-spécifique et à briser la silhouette vue d'en dessous qu'à attirer des proies. Pour le pêcheur, ce qui compte c'est que le calamar chasse à vue : il voit très bien, même la nuit, et réagit à tout ce qui lui rappelle un petit poisson frétillant.

Conservation

Loligo vulgaris n'est pas classé sur la liste rouge UICN : le statut est « préoccupation mineure » à l'échelle européenne. Les populations semblent stables ou en légère baisse selon les zones, mais les données sont fragmentées car l'espèce n'est pas soumise à des quotas communautaires (pas de TAC).

La vraie pression vient de la pêche professionnelle au chalut pélagique et des senneurs qui ciblent les concentrations de ponte au printemps. En tant que plaisancier, on peut contribuer à la ressource en évitant de pêcher massivement entre mai et juillet sur les zones connues de frai, et en relâchant les individus de moins de 15 cm de manteau, qui n'ont pas encore pondu.

Taille mini et réglementation

Pas de taille mini réglementaire pour le calamar en pêche de loisir. Quota plaisance global de 10 prises par pêcheur et par jour, toutes espèces confondues (arrêté du 17 mai 2011 relatif à la pêche maritime de loisir). Marquage obligatoire par ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale dès la capture, comme pour les autres espèces soumises.

Côté pro, une taille mini de 10 cm s'applique au chalut en Méditerranée (règlement CE 1967/2006), mais elle ne concerne pas le pêcheur de plaisance.

Pour comparer avec un autre céphalopode soumis aux mêmes règles, voir la biologie de la seiche, dont le cycle de vie est pourtant très différent.

Pêche associée

La turlutte à la dandinette nocturne reste la technique reine. Une canne casting courte (1.80 à 2.10 m, puissance 40 à 100 g), un moulinet casting chargé en tresse PE 1.0 à 1.5, une turlutte plombée taille 3.0 à 4.0 selon la profondeur. Animation en dandine verticale, par séries de 3 à 5 secousses sèches suivies de 2 à 3 secondes de pause. C'est souvent pendant la pause que le calamar saisit.

De nuit, les feux LED blancs ou verts fixés sur le bord attirent le zooplancton, puis les petits poissons, puis les calamars. Dispositif classique en Méditerranée de septembre à décembre sur 20 à 60 m de fond.

Technique alternative à la traîne lente, 1 à 1.5 nœud, avec une turlutte non plombée derrière un plomb déporté de 60 à 120 g. Utile quand on prospecte de grandes surfaces en début de saison. Pour un comparatif avec le bar sur leurre en traîne, voir la boîte à leurres souples pour le bar de Tanguy.

Les spots de pêche au calamar sont enregistrables comme marqueurs dans BoatMap si tu veux garder trace des meilleurs tombants d'une saison à l'autre.

Sources

  • DORIS-FFESSM, fiche Loligo vulgaris : https://doris.ffessm.fr/Especes/Loligo-vulgaris-Encornet-commun-1456
  • Ifremer, fiches espèces céphalopodes (pecheurs.ifremer.fr)
  • Règlement CE 1967/2006 (mesures de gestion Méditerranée)
  • Arrêté du 17 mai 2011 relatif à la pêche maritime de loisir (Légifrance)

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