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Convoyage France Corse direct : préparation

Convoyage continent-Corse en direct : choix de la route, météo, relais portuaires et préparation pour traverser en confiance.

Résumé

Le convoyage continent-Corse en direct couvre 90 à 180 milles selon la route choisie. La traversée la plus courte (Cap Corse depuis Antibes) fait 100 milles, soit 16 à 22 heures pour un voilier de croisière. Préparation : météo stable sur 36 heures, équipage minimum de deux navigateurs, instruments redondants, et plan B vers les îles d'Hyères ou la Sardaigne nord en cas de bascule météo.

Les routes possibles

Trois grandes routes selon le port de départ et de destination.

Antibes ou Cannes vers Cap Corse (Macinaggio ou Bastia) : 100 à 110 milles. La plus courte. Convient aux petits voiliers ou aux convoyages express.

Saint-Raphaël ou Toulon vers Calvi ou Saint-Florent : 130 à 150 milles. Route classique, bonne météo en général.

Hyères vers Bonifacio : 170 à 190 milles. La plus longue, peu pratiquée en direct, généralement avec escale Sardaigne nord.

Le retour Corse-continent reprend les mêmes axes inversés. La traversée nord-sud (Bonifacio-Bouches) ne s'inscrit pas dans cette catégorie de convoyage.

La météo, élément déterminant

Le golfe de Gênes peut basculer rapidement entre conditions clémentes et coup de mistral ou levant fort. Critères pour valider le départ :

Vent stable annoncé sur 36 heures minimum. Si la fenêtre fait moins de 30 heures pour traverser en 22, marge insuffisante.

Beaufort 4 maximum, idéalement 2-3. Au-delà, l'équipage fatigue, les marges de sécurité fondent.

Mer 1.5 m maximum.

Pas d'orages annoncés dans la zone. Le golfe de Gênes peut générer des cellules orageuses isolées en été, dangereuses pour un voilier seul.

Sources : Météo France marine, NavLab, PredictWind, GRIB Squid, bulletin SHOM canal 79 VHF. Croiser au minimum 3 sources.

Période optimale : avril à juin, septembre à mi-octobre. Évitez juillet-août (mer fréquentée, vent souvent fort), novembre-mars (mer formée, températures basses).

Les caractéristiques de la traversée

Quelques particularités du convoyage France-Corse.

Trafic maritime dense dans la zone des îles d'Hyères-La Spezia. Cargos, ferries, voiliers de course. Veille AIS et radar permanente.

Zone de protection cétacés (Sanctuaire Pelagos) traversée intégralement. Vitesse réduite si rorquals ou dauphins observés. Pas de manœuvre brusque, contournement à 100 mètres.

Profondeurs supérieures à 2000 m sur la majorité du trajet : pas de mouillage de fortune possible si moteur en panne. Réserver carburant pour fin de traversée.

Courant général faible mais zones de courants tournants entre les îles. Compter une réserve de 5-10 % pour la dérive.

Pas de couverture GSM continue : 4G perdue dès 12-15 milles des côtes. Iridium ou téléphone satellite indispensable pour communiquer en cas de problème.

L'équipage

Pour une traversée 100-150 milles en autonomie :

Minimum 2 personnes capables de barrer et manœuvrer.

Idéal 3-4 personnes pour rotation des quarts.

Skipper expérimenté en hauturier. Une simple expérience côtière ne suffit pas.

Au moins une personne titulaire du CRR (certificat radio).

Équipage briefé sur la route, les manœuvres, les procédures d'urgence avant départ.

Les quarts pour 22 heures de mer : système 4h-4h ou 3h-6h selon la fatigue accumulée. Le skipper reste flexible et disponible.

Le bateau

Le voilier doit être prêt :

Réservoir carburant plein ou plein moteur (pour 50% de la traversée si vent faible).

Réservoir eau plein, plus 20 litres en bidons.

Mouillage en état, ancre principale prête à mouiller en cas d'urgence à proximité d'une côte.

Voile d'avant pliée et ferlée, prête à hisser. Voile de tempête à portée si le vent monte au-delà de prévu.

Lampes anti-mouchards (mât), lampes blanches en cockpit, lampes manuelles étanches. Tout testé avant départ.

VHF fixe et VHF portative chargées. Téléphone satellite ou Iridium GO! recommandé.

GPS chartplotter avec route programmée. AIS récepteur fortement recommandé, transpondeur idéal.

Le départ et l'arrivée

Choisir l'horaire selon la durée prévue de traversée.

Pour 100 milles à 5-6 nœuds : départ 16h-18h pour arrivée matin (10h-14h) sur la Corse. La nuit en mer ouverte, le jour pour atterrir et rentrer dans un port inconnu.

Pour 150 milles : départ 12h-14h pour arrivée le lendemain entre 14h et 18h.

Pour 180 milles : départ tôt le matin, arrivée le surlendemain.

L'arrivée se fait toujours de jour si possible. Un atterrage de nuit sur Cap Corse ou Calvi reste praticable mais demande un équipage en forme et un bateau parfaitement équipé.

Les ports d'arrivée

Macinaggio : petit port à la pointe nord du Cap Corse. Capacités modestes en juillet-août. Réservation préférable.

Bastia (port de Toga ou vieux port) : grande capacité, pratique pour l'avitaillement.

Saint-Florent : port joli mais saturé en été, anneau visiteur cher.

Calvi : marina moderne, accueillante. Réservation à anticiper.

L'Île-Rousse : petit port pratique, atmosphère locale.

Pour le retour vers le continent, les ports de Saint-Raphaël, Toulon, Cavalaire offrent les meilleures dispos hors saison.

Le plan B

Toujours prévoir une option de repli.

Si la météo se dégrade dans les premières 6 heures : faire demi-tour vers le continent.

Si la dégradation arrive après 8 heures de mer : continuer vers la Corse plus protectrice.

Si la traversée vers Cap Corse devient impossible (vent fort de NE), bifurquer vers la Sardaigne nord (Maddalena, Cala Coticcio) à 60-80 milles.

Si moteur en panne et vent faible : VHF, contact CROSS Lamalou, demande d'assistance navire passant.

Maintenir un point de retournement défini (mid-point) où la décision est prise selon les conditions.

Les communications obligatoires

Avant départ : avis de navigation au CROSS Lamalou (Méditerranée). Communiquer le plan de traversée, équipage, ETA. Numéro 196 ou VHF canal 16.

Pendant : contact 4-6 heures auprès du CROSS, communication AIS active.

À l'arrivée : confirmation arrivée au CROSS. Si non confirmation dans le délai prévu, déclenchement procédure recherche.

Cette procédure est gratuite, indispensable, parfois ignorée. Les sauvetages mènent souvent à des bateaux qui n'avaient pas signalé leur traversée.

L'eau et le carburant

100 milles à 5 nœuds : 20 heures de moteur si vent nul. Soit 70 à 100 litres consommés.

100 milles à 6 nœuds sous voile : 5 à 10 litres de moteur (entrée et sortie de port).

Réservoir vide au départ = traversée annulée. Toujours plein avant un convoyage.

L'eau : 2 litres par personne par jour minimum. Pour 4 personnes 24 heures, 8 litres. Réservoirs déjà pleins ou bidons supplémentaires de 20 L.

La trousse de sécurité

En plus de l'armement obligatoire :

Médicaments mal de mer pour tous (Mercalm, Nautamine, Scopoderm patches).

Antalgiques, anti-inflammatoires, désinfectants.

Lampes frontales étanches.

Caleçons longs polaires (la nuit en Méditerranée tombe à 12-15°C en mai).

Cirés grands froids même en plein été pour les quarts de nuit.

Couvertures de survie pour 4 personnes minimum.

Préparer son convoyage

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