Provence

Voiles Latines de Saint-Tropez : la tradition voile latine

Voiles Latines mi-mai à Saint-Tropez : 100 pointus, gozzi et tartanes à voile latine, organisé par la SNST sur trois jours autour du môle Jean Réveille.

Résumé

Les Voiles Latines se tiennent à Saint-Tropez mi-mai. La Société Nautique de Saint-Tropez réunit pendant trois jours une centaine de petites unités traditionnelles méditerranéennes : pointus provençaux, gozzi italiens, llaüts catalans, barques catalanes, tartanes. Toutes portent ce gréement à antenne, voile triangulaire à corne suspendue, qui a transporté gens et marchandises sur la Méditerranée pendant huit siècles. Pas de classement officiel, pas de podium : c'est le rassemblement qui compte.

Le format

Trois jours, du vendredi au dimanche autour du 15 mai. Pas de régate au sens compétitif : des sorties collectives en flottille dans le golfe, des arrivées et départs spectaculaires depuis le môle Jean Réveille, et un concours de manœuvres traditionnelles. Le terme officiel est "rassemblement". L'esprit aussi.

Les bateaux engagés ne dépassent pas 12 mètres, la moyenne tourne autour de 7. Coques en bois pour 80 % d'entre eux, parfois en polyester sur des moules d'origine. Le gréement à voile latine implique une antenne (longue vergue inclinée) hissée sur un mât court, avec une voile triangulaire de 8 à 25 mètres carrés. Pas de bôme, pas d'enrouleur, pas de winch. Tout se fait à la main.

Côté familles de bateaux, la SNST distingue cinq groupes principaux. Les pointus provençaux, coque pansue à étrave et étambot pointus, gabarit 5 à 8 mètres, motorisation diesel d'appoint. Les gozzi italiens, plus larges, originaires des côtes ligure et amalfitaine. Les llaüts catalans et baléares, étrave verticale, gréement de tartane. Les barques catalanes proprement dites, dont quelques unités de 9 à 12 mètres pratiquent encore la pêche traditionnelle. Et les tartanes, plus rares, qui dépassent parfois 14 mètres et nécessitent un équipage de 6 à 8 personnes.

Histoire et palmarès

Le rassemblement a 30 ans en 2026. La première édition date de 1996, sur l'initiative d'un petit groupe de pêcheurs et plaisanciers tropéziens qui voient disparaître leurs bateaux du port. À cette époque, le port communal compte encore 40 pointus de pêche professionnelle. Aujourd'hui il en reste 9.

L'enjeu est patrimonial avant tout. La voile latine n'est pas une discipline sportive structurée comme l'IRC ou le J/80 : c'est un savoir-faire qui se transmet par démonstration. Beaucoup d'équipages amateurs ne sortent qu'une fois par an, justement à Saint-Tropez, et passent le reste de l'année à entretenir leur unité. Les Voiles Latines servent de moment de retrouvailles entre propriétaires de bateaux similaires, souvent installés sur des mouillages éloignés (Cassis, Sète, Toulon, La Ciotat, mais aussi Liguria et Corse).

Le concours de manœuvres distingue les équipages sur trois exercices : virer de bord à la vergue (vraie spécialité technique de la voile latine, qui demande un changement complet du gréement à chaque virement), accostage à la voile, et démonstration de pêche à la traîne sous voile. Les vainqueurs reçoivent une médaille gravée et une bouteille de pastis local. Pas de prix monétaire.

Parmi les figures, Bernard Latour (Cassis) et son pointu Le Sirius ramènent un trophée presque chaque année depuis 2010. Marco Anelli (Vernazza, Italie) descend chaque mai avec son gozzo restauré dans les années 1990. La famille Vidal de Sète apporte régulièrement deux unités, une tartane de 11 mètres et un llaüt plus petit.

Suivre et participer

Pour les spectateurs, l'événement se vit depuis le quai. Les bateaux mouillent au môle Jean Réveille, accessible à pied depuis le centre de Saint-Tropez. Visite des bateaux libre le matin entre 9h et 11h, échange direct avec les propriétaires. Les sorties en flottille partent vers 13h et reviennent vers 17h, ce qui laisse le temps de voir les départs et les retours depuis la jetée ou la plage des Graniers.

Pour ceux qui veulent vraiment comprendre la voile latine, plusieurs propriétaires acceptent un équipier d'une demi-journée si on se présente le vendredi matin sur le môle, par bouche-à-oreille. Pas d'inscription officielle pour cette formule. C'est ce genre d'occasion qui donne tout son prix au rassemblement : quelques heures à manier une antenne de 9 mètres avec quelqu'un qui sait encore le faire.

VHF canal 16 pour l'urgence, pas de canal dédié spectateur (l'événement reste petit). Les organisateurs publient l'horaire détaillé sur le site de la SNST une semaine avant. Pour comparer avec les autres rendez-vous tropéziens et l'événement automnal, voir mon retour sur les Voiles de Saint-Tropez.

Pratique

L'édition 2026 est annoncée du vendredi 15 au dimanche 17 mai. Inscription bateau libre pour toute unité authentique sous gréement latin, dossier à transmettre à la SNST avant fin avril, pas de frais pour les propriétaires qui viennent participer. Hébergement à Saint-Tropez à éviter ces dates : tarif port doublé, places de passage rares. Les Marines de Cogolin (3 milles) ou Sainte-Maxime (5 milles) restent des alternatives confortables.

Eau encore fraîche en mai, autour de 17 degrés. Vent classique d'est ou de sud-est en milieu de journée, propice à la voile latine qui aime les allures portantes longues. Pas de spectacle massif, pas de couverture médiatique nationale : c'est exactement pour ça que le rendez-vous garde sa valeur. Pour préparer votre escale dans le golfe, BoatMap regroupe les fiches des ports et mouillages voisins.

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