BoatMap enregistre une trace GPS continue pendant votre sortie, calcule distance, vitesse et durée, puis sauvegarde le tout dans un carnet de bord automatique. La trace est exportable au format GPX et peut se partager en lien public. Ce guide couvre le geste de démarrage, les données capturées, l'arrêt propre, l'export, et ce que l'outil ne remplace pas.
Avant de partir, préparer le téléphone
Trois réflexes valent mieux qu'une notice.
Batterie chargée à plus de 80 % pour une sortie de journée. Un tracking GPS continu consomme 5 à 10 % par heure sur un smartphone récent, plus en plein soleil à 35 °C parce que le processeur throttle et le GPS travaille en surrégime. En hiver l'autonomie chute aussi, les batteries lithium tiennent mal le froid.
Autorisations de localisation sur "Toujours" (iOS) ou "Pendant l'utilisation avec accès en arrière-plan" (Android). Si l'autorisation est sur "Uniquement à l'ouverture", la trace s'interrompt dès que vous verrouillez l'écran.
Le GPS fonctionne sans réseau (il capte les satellites), mais BoatMap pousse la trace sur votre compte au fur et à mesure si vous avez du signal. Hors couverture, l'enregistrement continue en local et se synchronise au retour. Pour les sorties franchement au large, voir comment préparer ses cartes marines hors ligne dans BoatMap.
Si c'est votre première ouverture de l'app, passez par le guide d'installation et de prise en main de BoatMap pour être sûr que le compte, les permissions et le carnet de bord sont initialisés correctement.
Démarrer la sortie : un bouton, un timing
Sur l'écran principal, le gros bouton Sortie au milieu de l'onglet carte lance l'enregistrement. Un compteur démarre, un point bleu commence à se déplacer sur la carte, et le haut de l'écran affiche durée, distance et vitesse instantanée.
Le bon moment pour appuyer : au démarrage moteur, pas au départ du ponton. Si vous enclenchez trop tôt, vous trainez dans le carnet de bord 15 minutes de manœuvres de port qui polluent la distance moyenne. Trop tard, vous perdez la sortie du chenal, qui est souvent le passage le plus intéressant à revoir (position des bouées, trajectoire prise dans le courant).
Règle après quelques sorties ratées : j'appuie quand je mets la barre en direction de la sortie du port, juste avant d'accélérer. Le carnet de bord devient plus lisible.
Ce qui est capturé pendant la sortie
BoatMap enregistre quatre séries de données en continu.
La trace, c'est-à-dire la suite des points GPS avec horodatage. Intervalle par défaut : un point toutes les 3 à 5 secondes selon la vitesse. Plus vous allez vite, plus l'app capte fréquemment pour garder une courbe propre. À l'ancre ou à moins de 0,5 nœud, la capture ralentit pour économiser la batterie.
La distance parcourue, calculée en milles nautiques (MN) ou en kilomètres selon vos préférences, addition des segments entre chaque point. Les boucles sont comptées, les allers-retours aussi. Si vous tournez 30 minutes autour d'un poisson, ça gonfle le compteur.
La vitesse, en nœuds par défaut. Trois valeurs sont remontées dans le résumé : vitesse moyenne sur toute la sortie, vitesse moyenne en mouvement (hors pauses à l'ancre), vitesse maximale instantanée. La précision du GPS grand public étant de 5 à 10 m en conditions standard, la vitesse instantanée oscille de 0,1 à 0,3 nœud même bateau arrêté. Ne vous fiez pas au pic de vitesse à la seconde près, mais à la courbe sur 30 secondes.
La durée, en deux versions : durée totale (départ à arrivée), durée en mouvement (soustraction des arrêts supérieurs à 2 minutes sous 0,5 nœud). Utile pour comparer une sortie pêche (beaucoup de temps à l'ancre) et une sortie navigation.
Précision attendue : en mer dégagée le point se stabilise à 5 ou 6 m. Sous falaise ou à proximité d'un phare haut, la réception peut se dégrader à 15 m pendant quelques secondes. Ce n'est pas un défaut de l'app, c'est la physique du signal satellitaire.
En cours de sortie : les marqueurs temporels
Pendant que la trace tourne, vous pouvez ajouter trois types de repères sans couper l'enregistrement.
Un marqueur libre, icône épingle. Nom, commentaire texte court, position automatique. Le geste que je fais pour noter une zone de pêche intéressante, un danger non cartographié (casier, bouée dérivante), ou un joli mouillage pour y repasser.
Une photo, via le bouton appareil photo dans la barre d'outils. La photo est géotaguée avec l'heure et apparaît dans le résumé comme un point jaune cliquable. Pratique pour documenter la sortie (dauphins à 11h, grain sur tribord à 14h).
Un commentaire de sortie, texte long, modifiable à tout moment. Ce que je note systématiquement : force et direction du vent au départ, état de la mer, équipage à bord, plein de carburant fait ou non.
Aucun de ces ajouts n'interrompt la trace. L'app continue en fond, même si vous êtes dans l'appareil photo.
Arrêter proprement et lire le résumé
À la fin de la sortie, le même bouton Sortie (désormais rouge) arrête l'enregistrement. Une confirmation apparaît, l'app calcule les statistiques et affiche le résumé.
Le résumé se lit en trois blocs.
Le bandeau chiffres en haut : distance totale, durée totale, vitesse moyenne, vitesse max, consommation approximative si vous avez renseigné le bateau (volume moteur et consommation horaire dans les réglages du profil).
La carte de trace au milieu : la trace complète est dessinée, colorée selon la vitesse (bleu lent, jaune moyen, rouge rapide). Vous pouvez zoomer, cliquer sur un point pour voir l'heure et la vitesse exacte à cet endroit. Les marqueurs et photos apparaissent comme des points cliquables.
Le journal détaillé en bas : liste des commentaires, photos et marqueurs dans l'ordre chronologique. C'est ce bloc qui fait office de carnet de bord.
Si vous oubliez d'arrêter la sortie, l'app la coupe automatiquement après 12 heures sans mouvement significatif et propose de retailler la fin. Mieux vaut quand même prendre le réflexe d'arrêter au retour au port.
Exporter en GPX ou partager la trace
Deux usages différents, deux boutons dans le menu de la sortie.
Export GPX, format XML standard défini en 2004 par Topografix, lisible par tous les outils de cartographie plaisance (OpenCPN, Navionics, iNavX, Garmin BaseCamp, Signal K). Le fichier contient la trace avec horodatage et les marqueurs nommés. Je l'utilise pour archiver mes traces sur mon ordinateur ou pour transférer une sortie intéressante vers mon traceur fixe à bord.
Partage public, qui génère une URL type boatmap.com/t/abc123 visualisable dans un navigateur sans créer de compte. La personne voit la trace, les chiffres clés, les photos. Révocable à tout moment depuis le carnet. Format que j'envoie à la famille pour montrer la sortie du dimanche, ou à un copain qui prépare la même navigation.
Limite actuelle du partage public : pas de mot de passe, pas de date d'expiration automatique. Quand vous générez le lien, il reste vivant tant que vous ne le coupez pas manuellement.
Comparer deux sorties
Dans l'onglet carnet, long appui sur une sortie puis "Comparer" permet de superposer deux traces sur la même carte, alignées au temps zéro. Utile pour vérifier si le bateau marche mieux aujourd'hui qu'il y a un mois sur un même bord au même vent, ou pour repérer une dégradation : si sur un parcours identique la durée gagne 15 % en 6 mois, c'est souvent la carène qui s'encrasse.
Économie batterie et conseils pratiques
Quelques réglages font gagner plusieurs heures d'autonomie sur une journée complète.
- Luminosité d'écran à 60 %, pas au maximum. En mer le soleil est fort mais BoatMap est lisible à 60 %.
- Écran verrouillé entre les consultations. L'enregistrement continue en fond, la batterie tient mieux.
- Mode avion si vous n'avez pas besoin de réseau et pas de synchronisation en direct. Le GPS seul consomme moins que GPS + 4G qui cherche du signal.
- Câble de charge USB-C ou Lightning branché en continu pour les sorties de plus de 6 heures. Une batterie externe de 10 000 mAh dans la poche à cartes règle la question pour deux jours.
- Support étanche avec prise de charge intégrée si le téléphone est en barre. Éviter de le laisser en plein soleil sur un tableau de bord noir.
Sur iPhone 13 Pro, sortie de 8 heures avec écran allumé 30 % du temps, je consomme 55 à 65 % de batterie. En hiver sous 5 °C, je monte à 75 %.
Ce que BoatMap ne remplace pas
Soyons clairs sur les limites.
BoatMap n'est pas un traceur cartographique certifié. Pour la navigation réelle en zone exigeante (cailloux, nuit, brume), le téléphone reste un outil de confort, pas l'outil principal. Un traceur certifié IMO ou un GPS marin dédié reste la référence pour la navigation critique, avec antenne extérieure, écran lisible en plein soleil, et alimentation 12 V du bord.
La précision GPS grand public de 5 à 10 m suffit pour retracer une sortie, documenter un mouillage, ou partager un itinéraire. Elle ne suffit pas pour entrer dans une passe étroite à 2 nœuds la nuit en se fiant uniquement au téléphone.
L'app ne donne pas la profondeur sous la coque. Elle affiche les profondeurs cartographiques issues de la carte marine (quand elle est chargée), pas la sonde temps réel. Votre sondeur du bord reste seul juge du fond sous la quille au moment présent.
Le carnet de bord automatique ne remplace pas un vrai livre de bord papier si vous naviguez en réglementation commerciale ou en course. Pour un usage plaisance il est plus complet que la plupart des livres manuscrits parce que tout est horodaté et géoréférencé sans effort.
La trace enregistrée est personnelle, elle n'est envoyée nulle part sauf si vous activez explicitement le partage. L'export GPX est fait pour que vos données vous appartiennent et que vous puissiez les emmener ailleurs si un jour vous changez d'app.
