Résumé
Cinq spots vérifiés sur quatre saisons entre les Sables-d'Olonne et les accores du plateau continental, profondeurs 80 à 320 mètres, sorties typiques à 35 milles dans le 270. Saison ouverte mi-mai à mi-octobre selon les arrêtés annuels, quota loisir français 2025 maintenu à 1 thon par bateau et par jour avec bague AT obligatoire.
Avant de larguer
Je pêche le thon rouge au large des Sables depuis 2017, d'abord en équipier puis sur mon propre bateau, un Cap Camarat 9.0 WA depuis 2022. Cet article ne donne pas de coordonnées GPS au mille près : je donne des zones, des indices visuels, des fonds et des techniques. À vous de prospecter le détail. La ressource est fragile et les quotas existent pour de bonnes raisons.
Avant chaque sortie, je vérifie trois choses : la météo Météo-Marine zone Yeu-Rochebonne (vent stable sous 15 nœuds sur la fenêtre de pêche), la température de surface sur le service Marlin Plotter (recherche du gradient à 18-21 degrés), et la présence de boulettes sur les radars d'oiseaux. Un thon sans manchot ou sans cormoran qui plonge, c'est un thon que vous n'allez pas trouver.
Spot 1 : la veine du tombant à 35 milles dans le 270
C'est mon spot d'ouverture, en juin et début juillet. Position approximative : 35 milles route 270 depuis la passe des Sables, sur le bord du tombant qui passe de 90 à 180 mètres. Les thons remontent les sardines et les anchois sur cette cassure, surtout par flot.
Technique : leurre de surface popper Halco Roosta 195 ou stickbait Sebile Magic Swimmer 180, lancé devant les boulettes visibles. Sortie matinale obligatoire, action concentrée entre 6h30 et 9h. Dès que le soleil monte, les thons descendent et il faut passer au jig 200 grammes sur le tombant.
Tailles capturées sur ce secteur : 28 à 65 kilos. Pas de monstres, mais une régularité.
Spot 2 : la pointe sud du plateau de Rochebonne
Plus loin, plus engagé : 60 milles cap 230. Réservé aux jours de mer plate, fenêtre d'action après le coup de mistral atlantique de fin juin. Les thons y sont plus gros (jusqu'à 110 kilos sur ma plus grosse prise en 2024) mais plus rares.
Technique : traîne au leurre de surface Williamson Jet Popper en patrouille, vitesse 7,5 nœuds, deux lignes courtes et deux longues. Dès qu'un poisson est repéré au sondeur entre 40 et 80 mètres, jig 250 grammes en vertical.
Attention : le secteur est partagé avec les pêcheurs pros à la senne. Respectez les distances réglementaires (300 mètres minimum) et ne traversez jamais une pêche en cours.
Spot 3 : les épaves au large d'Yeu
Position : entre 25 et 32 milles dans le 320 depuis Port-Olona. Plusieurs épaves remontent sur les fonds 70-90 mètres. Les thons y croisent en fin de saison, août-septembre, attirés par les bancs de chinchards qui y stationnent.
Technique mixte : départ à la traîne autour de l'épave en cercle large, et si rien ne touche en 40 minutes, passage au pitching avec leurre souple monté sur tête plombée 80 grammes. Les bonites pataugent souvent dessus avant les thons.
Tailles : moyennes 30-50 kilos, beaucoup de poissons sous quota légal qu'il faut relâcher avec précaution (rinçage à l'eau, manipulation gants mouillés, libération sans sortie de l'eau si possible).
Spot 4 : la fosse de Rochebonne
Pour les amateurs de gros poissons et de longues journées en mer. 75 milles cap 250, fond 180 à 320 mètres. Les thons de plus de 100 kilos circulent là sur la migration de fin août à fin septembre.
Technique : vif vivant. Maquereau ou chinchard pêché sur place, monté sur hameçon circle 16/0, dérive sur le bord du tombant. Patience absolue : j'ai fait 14 heures de bateau pour un seul touche en 2023, mais c'était un poisson de 124 kilos.
Pré-requis : bateau habitable, deux hommes minimum, VHF DSC, balise SARSAT, et un suivi météo serré. La sortie peut basculer en cauchemar avec une montée de mer sous-estimée.
Spot 5 : la chasse du retour, à 8 milles
Le spot que personne ne raconte. Quand je rentre des grands fonds vers 17h, je passe systématiquement par une zone située à 8 milles dans le 290 des Sables, fond 35-45 mètres. Les thons jeunes (15-25 kilos) viennent y chasser la sardine en fin de journée, surtout par jusant.
Technique : leurre de surface léger, tresse PE5, casting depuis le tableau arrière. Action rapide, parfois cinq touches en vingt minutes.
C'est mon spot de "consolation" quand la grande sortie n'a rien donné. Et c'est aussi celui que je conseille aux débutants pour leur premier thon, sans s'engager trop loin.
Quotas et bagues : la règle 2025-2026
Le quota plaisance France pour la saison 2026 est en cours de notification : sur la base 2025, comptez 1 thon par jour et par bateau, dimensions minimales 115 cm de la fourche, bague de marquage AT à commander auprès de la DDTM avant la sortie. La bague est gratuite mais obligatoire dès la sortie de l'eau.
La déclaration de capture se fait en ligne dans les 24 heures sur le portail télédéclaration thon. Pas de bague, pas de poisson : c'est une infraction sanctionnée jusqu'à 22 500 euros et la confiscation du bateau.
Ce que j'ai appris en huit saisons
Le thon rouge ne se cherche pas, il se trouve. Et il se trouve en lisant la mer : oiseaux, courant, gradient de température, présence de mammifères. Les coordonnées GPS sont une béquille ; le sondeur et l'œil restent les meilleurs outils.
J'ai aussi appris à relâcher. Sur 100 thons accrochés, j'en garde aujourd'hui peut-être 8. Le reste rejoint l'eau, et je dors mieux la nuit.
Si vous découvrez la zone des Sables, l'app BoatMap me sert à enregistrer mes traces et à partager les sorties club avec les copains, sans publier les positions sensibles.
