Résumé
Je traque le silure entre Lyon et Avignon depuis 2018, presque toujours en bateau ouvert de 4,80 m. Mes plus belles touches tombent par 8 à 14 m de fond, sur des fosses creusées en pied de barrage ou en sortie de confluent. Sur les 80 silures de plus de 2 m sortis avec mes potes, 60 ont mordu sur quatre des cinq postes décrits ici.
Pourquoi ces cinq spots et pas d'autres
Le Rhône fait 545 km en France. On pourrait s'éparpiller. Je ne le fais plus. J'ai compris au bout de trois saisons que le silure est routinier : il occupe la même fosse pendant des semaines tant que la nourriture est là et que le débit ne s'emballe pas. Mes cinq postes tournent autour de cette logique.
1. La fosse de Pierre-Bénite
À 11 km au sud de Lyon, juste en aval du barrage. La fosse descend à 16 m, le fond est encombré de blocs et de troncs. C'est la zone à clonk du Rhône amont. Je viens à la dérive lente, kayak ou bateau, en frappant l'eau au clonk toutes les trente secondes. Vif d'un tacon de 25 cm sur cercle 10/0, plombée 80 g.
Le bouchon coulissant ne marche pas ici, le courant est trop irrégulier. Restez sur la pêche au mort posé ou à la verticale, quitte à perdre du matériel sur les obstacles.
2. Confluent Saône-Rhône, secteur Confluence
À Lyon même, devant le musée. Spot urbain mais très productif au crépuscule. Profondeur 9 à 12 m, courant variable. Les silures viennent chasser les ablettes qui se concentrent contre les berges éclairées. J'y pêche au leurre souple shad 24 cm de juin à septembre.
L'inconvénient, c'est la fréquentation. Bateaux-mouches, joggers sur les quais, paddle. Je préfère les soirées de semaine après 21 h. Le poisson est là, juste discret.
3. La grande fosse de Vienne
20 km au sud de Lyon, en rive gauche. Fond qui passe brutalement de 4 à 19 m sur 30 mètres de distance. Trois ans de suite j'y ai pris des silures de plus de 2,30 m entre mi-juillet et mi-août, toujours à la nuit tombante.
Marlin Fishing technique : bouée signalée, ligne posée à 12 m, vif vivant tenu en place par une plombée 120 g. On attend, on lit. Patience, deux à trois heures sans bouger. Quand ça part, ça part.
4. Sortie barrage de Vallabrègues
Plus au sud, entre Avignon et Beaucaire. Le contre-courant en aval du barrage crée des amortis où les silures se postent. Profondeur 7 à 10 m, fond gravillonneux. Idéal en bateau au mort manié, lancer à 15 m du bord et ramener par paliers très lents.
Attention, zone régulièrement contrôlée par la brigade fluviale. Vos papiers et carte de pêche à jour, gilet obligatoire. Le silure est passionnant, le PV de 135 euros pour gilet manquant l'est moins.
5. La fosse du pont d'Avignon
Spot connu, parfois trop. Mais le poisson y est. Profondeur 11 m, fond vaseux. Je n'y vais qu'en semaine et en début de saison, mars-avril, quand la pression de pêche est encore basse. Les silures sortent d'hivernage, ils ont faim, ils mordent agressif.
Vif lent, anguille de 30 cm sur monoarme cercle 12/0, fluoro 80/100 d'un mètre. C'est lourd, c'est moche, c'est efficace.
Le piège à éviter sur le Rhône
Le débit. Au-dessus de 1 800 m³/s à Beaucaire, oubliez tout, le poisson décroche et la sécurité devient mauvaise. Je consulte vigicrues.gouv.fr avant chaque sortie, c'est non négociable. Sous 600 m³/s, c'est l'inverse, les silures se concentrent dans les fosses profondes et la pêche devient intuitive.
Dernier conseil pratique : matériel sérieux. Canne 2,70 m action 200 g, moulinet 8000 garni en tresse 60/100, bas de ligne 100/100 fluoro. Un silure de 2,40 m vous remet en cause si vous économisez sur la canne. Je le sais, j'ai cassé deux fois.
Pour suivre les niveaux, le débit et planifier vos sorties Rhône en un seul écran, l'app BoatMap fait ça proprement. Bonnes touches.
