Résumé
La baie de Quiberon est l'un des meilleurs plans d'eau de Bretagne Sud pour la pêche au maquereau, de juin à septembre. Six spots récurrents entre la presqu'île, Houat et la côte sauvage, sur des fonds de 15 à 45 mètres. Mitraillette à 6 plumes reste le montage roi, traîne lente à 2 nœuds en complément. La fenêtre productive court de 6 h à 10 h le matin, plus une remontée vers 18 h-20 h en fin de journée.
5 h 45, port de Saint-Pierre-Quiberon. Je sors le Jeanneau Cap Camarat 7.5 du parking remorque, 30 minutes de mise en route, je file plein nord vers le Bec du Squid en 12 minutes. Le sondeur passe à 22 mètres, j'aperçois la traînée d'oiseaux au sud, je laisse couler la mitraillette, premier banc trouvé en deux minutes. À 8 h 30 j'ai mes deux glaçons de maquereaux pleins, je rentre, je nettoie au quai, et je suis devant mon café à 10 h.
Je m'appelle Eric, j'ai 67 ans, retraité de la marine marchande depuis 2019. J'ai bourlingué 35 ans sur des cargos, et la pêche au maquereau, c'est mon nouveau rituel. Pas glorieux comme on dit en Provence, mais terriblement efficace, gourmand pour la table fumée maison, et formateur pour mes deux petits-fils qui montent à bord depuis 2022. Voici les six spots où je tourne, dans l'ordre de mon planning hebdomadaire.
Le Bec du Squid, sortie nord de la baie
Position approximative 47°31,5 N, 003°08,8 W, à 1,5 mille au nord de Port Haliguen. Plateau rocheux qui remonte de 35 à 18 mètres sur 800 mètres, fond mixte rocher-sable-coquillage. Bancs de maquereau récurrents en juillet-août, surtout à marée descendante.
Technique : mitraillette 6 plumes Fluo Sabiki, plomb 60 g, pêche en dérive ou très lente traîne (1,5 nœud). Je laisse couler à 20 mètres, je remonte par à-coups d'un mètre, le banc se trouve généralement entre 15 et 22 mètres. Touches collectives, 3 ou 4 maquereaux d'un coup, ferrer doucement pour ne pas casser la ligne sur les vifs.
Saison utile : mi-juin à fin septembre. Avant juin, l'eau est trop froide (moins de 14 degrés en surface), les bancs sont au large.
Le banc d'Houat ouest
Position 47°23,5 N, 003°00,5 W, à 1 mille à l'ouest d'Houat. Tombant qui descend de 25 à 45 mètres, sable propre, présence de petits poissons fourrage en quantité (lançons, sprats). Le maquereau y vient chasser à l'aube et en fin de journée.
J'y vais surtout en juillet et août, quand les bancs sont stables. Mitraillette classique 6 plumes, plomb 80 g pour atteindre les 30 mètres, dérive de 0,8 nœud avec moteur en peignée. Touches franches, poisson de bonne taille (30 à 40 cm), souvent gras.
C'est aussi le spot où je pêche les premiers gros chinchards quand le maquereau se cache. Deux espèces sur le même montage, journée plus complète.
La pointe du Conguel, sud-est presqu'île
Position 47°28,5 N, 003°06,0 W, à 500 mètres au sud-est de la pointe. Fond rocheux 12 à 18 mètres, accessible même par mer agitée. Le spot que je pêche les jours où le vent forcit et que je ne peux pas pousser plus loin.
Pêche en dérive courte, mitraillette légère, plomb 40 g. Maquereaux plus petits qu'au large (25 à 30 cm) mais bancs serrés, on remplit la glacière en 30 minutes les bons jours. À éviter quand la baie est traversée par les paquebots de croisière qui arrivent à Belle-Île, le sillage casse la dérive.
Houat sud, basse de la Vieille
Position 47°23,2 N, 002°57,8 W, à 1,2 mille au sud-est d'Houat. Plateau rocheux remontant de 35 à 25 mètres, l'un des secteurs les plus poissonneux de la baie en septembre.
Technique : traîne lente à 2 nœuds avec deux lignes plombées, leurres souples imitant le lançon (Fiiish Crazy Sand Eel 90), plombs 50 et 80 g pour pêcher deux profondeurs. Le maquereau d'arrière-saison est plus gros (40 à 45 cm), plus solitaire, moins en banc compact qu'en juillet. La traîne fonctionne mieux que la mitraillette à cette période.
J'ai sorti mon record de la baie sur ce spot le 18 septembre 2024 : un maquereau de 1,3 kg sur 47 cm, monté sur souple jaune.
Le sec de la Teignouse
Position 47°27,2 N, 003°02,8 W, autour du phare de la Teignouse. Le secteur est connu pour ses courants violents (jusqu'à 5 nœuds en vives eaux), donc à pêcher uniquement à l'étale ou avec un courant compatible.
Bancs de maquereau présents toute la saison, mais accès délicat. Je n'y vais qu'en mortes eaux, ou aux étales de pleine mer et basse mer. Mitraillette 6 plumes plomb 100 g, dérive courte, le poisson est dense mais la fenêtre est courte (30 à 45 minutes par étale).
Pour comparaison directe, voir le mouillage de la baie de Quiberon qui couvre les conditions générales du plan d'eau.
Côte sauvage, plage de Port Bara
Position 47°31,8 N, 003°10,5 W, à 1 mille au large de Port Bara. Fond de sable propre 18 à 28 mètres, exposé aux houles d'ouest mais splendide par mer plate. Le maquereau y vient chasser les sardines et les anchois en juillet-août.
Pêche en dérive, mitraillette 4 plumes (le maquereau est plus méfiant ici, banc plus discret), plomb 60 g. Possibilité de croiser des bonites en septembre, qui suivent les bancs de maquereaux. Si je vois du remous en surface ou des fous de Bassan en piqué, je laisse tomber la mitraillette et je passe au popper de surface, mode bonite.
Calendrier de saison
| Période | Spot recommandé | Technique |
|---|---|---|
| Mi-juin à début juillet | Bec du Squid, Conguel | mitraillette mi-eau |
| Juillet | tous les spots | mitraillette + traîne lente |
| Août | Houat ouest, Teignouse | mitraillette dérive |
| Septembre | Houat sud, côte sauvage | traîne lente, leurres souples |
| Début octobre | Conguel, Bec du Squid | dernières prises avant migration |
Au-delà du 15 octobre, les bancs migrent vers le sud, l'eau passe sous les 14 degrés, la pêche devient sporadique. J'arrête mes sorties maquereau jusqu'au mois de mai.
Mes trois règles d'usage
Première : pas de pêche au-delà de mes besoins de table. Le maquereau se prête à la conservation (fumage, saumure, marinade), donc je ramène ce que je consomme avec ma femme et ce que je donne à mes voisins. Au-delà, je relâche.
Deuxième : sortir à l'aube. Le maquereau est un poisson de jour, mais sa fenêtre la plus active reste l'heure et demie qui suit le lever du soleil. À 9 h, je pêche encore, à 10 h 30 c'est fini sauf accident.
Troisième : surveiller les oiseaux. Les fous de Bassan, les sternes et les goélands marquent la position des bancs mieux qu'un sondeur. Repérage à la jumelle, cap sur les oiseaux, mitraillette à l'eau, banc trouvé.
Matériel et budget
Ma canne actuelle : Penn Wrath 240 cm, action moyenne, parfaite pour mitraillette et traîne lente. Moulinet : Daiwa Crossfire LT 4000, simple et fiable. Tresse 25/100 sur 250 mètres, plus 5 mètres de fluorocarbone 40/100 en bas de ligne.
Mitraillettes Sabiki Fluo, je tourne sur 3 marques différentes selon la luminosité et la profondeur. Budget annuel matériel : 80 à 100 euros (mitraillettes consommables, plombs perdus, tresse renouvelée tous les 2 ans).
Pour finir
La baie de Quiberon offre un terrain d'apprentissage parfait pour la pêche embarquée. Le maquereau est un poisson "facile" qui pardonne les erreurs, on apprend à lire le sondeur, à gérer une dérive, à filer une ligne. Quand on aura saturé la mitraillette, on passe à la traîne, puis aux poissons plus techniques (bar, lieu, daurade). C'est mon parcours, et c'est celui que je transmets à mes petits-fils.
Trace GPS disponible sur l'app BoatMap.
