Résumé
Six spots à calamar entre Toulon et Saint-Tropez, fonds de 8 à 30 m, posidonie en lisière, pratique d'octobre à mars principalement. Turluttes 2.5 à 3.5 selon profondeur, animation lente, sondes serrées sur GPS. Coups du soir et premières heures du jour donnent le meilleur ratio.
Le calamar dans le Var, hier et aujourd'hui
Je pêche le calamar depuis 28 ans entre la rade de Toulon et la baie de Cavalaire. Au fil des saisons, j'ai vu les remontées d'octobre devenir plus tardives, les périodes de pic se concentrer sur novembre-décembre, et certains spots historiques baisser pendant que d'autres restaient productifs. Voici six secteurs où je remplis encore le seau, avec mes réglages.
Pour chaque spot, je donne la profondeur de pêche, la nature du fond, les horaires qui marchent et la turlutte que je monte en premier. C'est du vécu, pas une compilation de blogs.
Spot 1 : la pointe de la Cride, Sanary
Au sud de Sanary, sortie nord-est de la pointe, on trouve une bordure de posidonie qui descend de 12 à 22 m. C'est un classique, parfois bondé en novembre, mais le calamar est encore là. Je mouille à 16 m, lisière bien marquée au sondeur, dérive lente vers le sud-sud-est portée par le courant de surface.
Turlutte BCT couleur rose-orange 3.0, plombée pour rester juste au-dessus des herbes. Coup du soir à partir de 17h en novembre, jusqu'à la nuit complète. Je touche surtout entre 17h45 et 19h00. Animation : trois petits coups secs, longue pause de 8 secondes, recommencer.
Spot 2 : Cap Sicié, ouest de la pointe
Plus engagé, fond de 20 à 28 m, courant qui peut piéger l'amateur. Je viens uniquement par mer plate, jamais par mistral. Les calamars y sont plus gros (300 à 600 g pièces) mais moins nombreux.
Posidonie discontinue, sable et roche mélangés. Turlutte 3.5 lestée, animation plus marquée que sur la Cride. Le coup du matin marche mieux ici qu'ailleurs : 6h45 à 8h30 en hiver. Je remonte rarement bredouille, mais rarement plus de 4 calamars en une session.
Spot 3 : devant Carqueiranne, baie des Salettes
Petit fond, 8 à 14 m, sable et patates de posidonie. C'est le spot que je donne aux copains qui débutent. Mouillage facile, abri du mistral, calamars de taille modeste mais réguliers.
Turlutte 2.5, blanche-jaune translucide. Animation très lente, je laisse poser sur le fond, je remonte de 50 cm, j'attends. Les touches sont franches. À pratiquer en décembre principalement, le pic remonte vers janvier dans les années chaudes.
Spot 4 : pointe du Bau Rouge, Carqueiranne
À 800 m au large de la plage du Bau Rouge, transition entre roche affleurante et sable, 14 à 18 m. Posidonie clairsemée. Bon spot par vent d'est faible (le Bau coupe le clapot).
Turlutte 3.0, rose-violette. Coup du soir, surtout en lune décroissante. Les calamars y sont moyens (200 à 350 g) mais on touche presque à chaque sortie. Je mets 90 minutes pour caler une dérive et faire 5 à 8 calamars en novembre.
Spot 5 : devant le Lavandou, vers la Fossette
Sortie est du port du Lavandou, on longe la côte vers l'est sur 1,5 mille jusqu'aux fonds de la Fossette. 18 à 24 m, posidonie franche, courant variable.
Spot pour habitués. Turlutte 3.5, parfois 4.0 si le courant force. Couleur sombre (bleu-vert ou marron) en eau claire, rose vif si l'eau est trouble après coup de mer. Coup du soir surtout, avec un pic vers 18h30 en décembre.
Spot 6 : baie de Cavalaire, est de la Vieille
À l'est de la roche de la Vieille, fonds de 22 à 30 m, longue dérive plein nord-sud. Spot moins connu, fréquentation correcte. Calamars souvent en bancs serrés, quand on tombe dessus c'est carton plein.
Turlutte 3.5, plomb additionnel si nécessaire. Animation lente avec longues pauses. Les meilleurs jours, j'ai pris 18 calamars en 2h30. Les mauvais, je rentre avec un seul. La météo joue énormément ici, plus que sur les autres spots.
Tactique commune
Quelques règles que j'applique partout. La marque GPS est précieuse mais je ne pêche jamais figé : je dérive en moteur lent ou voile pour balayer la lisière de posidonie. Le sondeur sert à voir les troupes en pleine eau, parfois 2 m sous la surface au crépuscule.
Toujours deux turluttes en montage tandem, séparées de 1 m. Couleurs contrastées au début pour identifier celle qui prend, puis je passe les deux dans la couleur gagnante. Les écarts d'efficacité entre couleurs sont parfois de 1 à 5 sur la même sortie.
Pour la lune, mes carnets disent que la lune décroissante donne souvent les meilleurs résultats. La pleine lune avec ciel découvert peut tuer la pêche du soir, mieux vaut alors viser le matin.
Ce qui change ces dernières années
Les remontées d'automne sont plus tardives. Avant 2015, je commençais début octobre. Aujourd'hui, je ne tente rien avant le 20 octobre, parfois début novembre. Les eaux restent chaudes plus longtemps. À l'inverse, les belles touches se prolongent jusque début mars certaines années.
La pression de pêche est forte sur les spots les plus connus (Cride, Carqueiranne). Je m'éloigne quand je vois 5 bateaux en place, je préfère un spot moyen à moi qu'un spot connu en concurrence.
Réglementation à respecter
Pas de quota officiel sur le calamar pour la pêche de loisir, mais la charte du pêcheur responsable recommande maximum 5 kg par sortie. Pas de revente. Pas de pêche à moins de 300 m des plages signalées, ni dans les ports.
La zone Natura 2000 de la rade de Hyères impose des restrictions ponctuelles, vérifier sur les arrêtés préfectoraux. Idem pour le Parc national de Port-Cros, où la pêche est interdite dans le périmètre du parc.
Préparer la sortie
Pour repérer les spots, voir les retours météo et caler la sortie avec les courants, l'app BoatMap propose un mode pêche avec marquage de spots, profondeurs et conditions vent-houle prévues. C'est pratique pour transmettre un point GPS à un copain sans recopier des coordonnées.
