Résumé
Les signaux en mer sont régis par le RIPAM (Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer) qui distingue signaux sonores, lumineux et pyrotechniques. Tout plaisancier de plus de 12 mètres doit pouvoir émettre des sons audibles à 0,5 mille minimum. Les signaux de détresse sont normalisés au niveau international, leur usage abusif est puni d'amende.
Cadre réglementaire
Le RIPAM s'applique à tous les bateaux en mer, y compris dans les eaux intérieures connectées à la mer. La division 240 fixe le matériel obligatoire à bord en France : pour un navire de plaisance, un moyen sonore audible à 1 mille pour les unités de plus de 20 mètres, à 500 mètres pour les unités de 12 à 20 mètres, à 50 mètres pour les unités de moins de 12 mètres.
Le sifflet de manœuvre, la corne de brume manuelle et l'avertisseur électrique remplissent cette obligation selon la taille du bateau. La portée est testée par les concepteurs et certifiée.
Signaux sonores de manœuvre
Un coup court (1 seconde) : je viens sur tribord. Deux coups courts : je viens sur bâbord. Trois coups courts : je bats en arrière (marche arrière enclenchée). Cinq coups courts ou plus : signal d'attention ou de désaccord, utilisé quand un autre navire ne semble pas avoir compris la manœuvre.
Un coup long suivi de deux coups courts : avertissement de dépassement avec passage à tribord. Un coup long suivi de deux coups courts puis un coup long : avertissement de dépassement avec passage à bâbord.
Ces signaux sont obligatoires en cas de visibilité réduite, mais peuvent aussi être émis en visibilité normale pour clarifier une intention quand deux navires se croisent à courte distance.
Signaux sonores en visibilité réduite
Par brouillard, brume ou pluie réduisant la visibilité, les signaux changent. Un navire à propulsion mécanique faisant route émet un coup long (4 à 6 secondes) toutes les deux minutes. À l'arrêt mais avec erre, deux coups longs séparés par 2 secondes, toutes les deux minutes.
Un voilier sous voiles émet un coup long suivi de deux coups courts, toutes les deux minutes. Un navire en pêche au chalut, un navire à capacité de manœuvre restreinte ou un navire remorqueur émettent le même signal.
Un navire au mouillage de moins de 100 mètres fait sonner sa cloche pendant 5 secondes, toutes les minutes. Au-delà de 100 mètres, ajout d'un gong à l'arrière. Un navire échoué ajoute trois coups distincts avant et après la sonnerie.
Signaux visuels diurnes
Les boules noires et les figures coniques sont les signaux visuels classiques. Une boule noire à l'avant : navire au mouillage. Trois boules en triangle : navire échoué. Boule-losange-boule : navire à capacité de manœuvre restreinte. Deux cônes pointe contre pointe : navire en pêche.
Un voilier qui marche au moteur ET aux voiles doit hisser un cône pointe en bas à l'avant. Cette obligation est souvent oubliée par les plaisanciers, elle reste pourtant en vigueur.
Le pavillon Alpha (bleu et blanc) signale un plongeur en plongée à proximité. Le pavillon November (échiquier rouge et blanc) au-dessus du Charlie (bleu blanc rouge) signale une détresse.
Signaux lumineux nocturnes
Les feux de navigation sont obligatoires du coucher au lever du soleil, ainsi que par visibilité réduite. Un navire à propulsion mécanique fait route avec : feu de tête de mât blanc visible 225° couvrant l'avant, feux de côté rouge à bâbord et vert à tribord visibles 112,5° chacun, feu de poupe blanc visible 135°.
Un voilier sous voiles peut remplacer le feu de tête de mât par les feux de côté et de poupe seulement, ou utiliser un feu tricolore en tête de mât (interdit pour les voiliers de plus de 20 mètres ou marchant au moteur).
Au mouillage, un feu blanc visible 360° à l'avant. Échoué, ajout de deux feux rouges visibles 360°. Capacité de manœuvre restreinte : feux rouge-blanc-rouge verticaux.
Signaux de détresse
Six fusées rouges parachute, signaux émis depuis 1849, restent le signal classique. Allumage d'un feu à main rouge : détresse en cours. Fumigène orange : détresse de jour, particulièrement visible des hélicoptères.
Sur VHF, le mot Mayday répété trois fois sur le canal 16 lance la procédure de détresse internationale. L'usage de la balise EPIRB sur 406 MHz alerte le CROSS via satellite, déclenchement automatique en cas d'immersion ou manuel par bouton.
Le miroir de signalisation, le signal lumineux SOS (trois courts, trois longs, trois courts), le pavillon orange avec carré et cercle noirs sont également reconnus.
Erreurs courantes
Beaucoup de plaisanciers ne connaissent pas les signaux sonores au-delà du klaxon de manœuvre. Apprenez au moins les coups courts de tribord/bâbord, ils servent quotidiennement en chenal.
L'oubli du cône pointe en bas pour un voilier au moteur est répandu. La sanction reste théorique, mais l'erreur de catégorisation peut compliquer une procédure d'abordage.
Vérifiez vos fusées de détresse une fois par an, elles sont périmées au bout de 36 mois. Le déclenchement involontaire d'une balise EPIRB dans un local technique est facturé 1 200 euros par les CROSS si récurrent.
Pour aller plus loin
Voir aussi matériel de sécurité obligatoire en plaisance et feux de navigation : règles RIPAM.
Pour vous entraîner à la signalisation et tester vos connaissances avant la sortie, l'app BoatMap propose un module quizz RIPAM gratuit avec correction immédiate.
