Résumé
SailGP Saint-Tropez est l'étape française du championnat mondial SailGP, circuit de catamarans à foils créé en 2019 par Russell Coutts et Larry Ellison. Douze nations s'affrontent sur des F50 identiques (catamarans de 15 mètres volants à 50 nœuds), équipages de 6 personnes par bateau. L'étape de Saint-Tropez se court en septembre dans le golfe, avec deux jours de courses, manches de 15 à 20 minutes, podium en finale à trois équipages.
Le format
Deux jours, généralement un samedi et un dimanche de mi-septembre. Le format est calqué sur le standard SailGP mondial : trois ou quatre manches de fleet race par jour, parcours en X au vent et sous le vent, durée 12 à 18 minutes par manche, vitesses moyennes au-dessus de 35 nœuds. À l'issue des manches qualificatives, les trois meilleurs bateaux disputent une finale en match race directe, courue sur un parcours plus court et un seul tour. Le vainqueur empoche le trophée et 25 000 dollars.
Le bateau central, c'est le F50. Catamaran de 15 mètres, 8,8 mètres de large, équipé de foils en carbone qui sortent les coques de l'eau au-dessus de 18 nœuds de vent. Mât-aile rigide de 24 mètres, voile à profil ajustable, pas de génois ni de spinnaker. La performance maximale dépasse 100 km/h en pointe, vitesse mesurée plusieurs fois en course depuis 2019. Pour comparaison, un Imoca de 18 mètres en mer en course autour du monde plafonne à 35 nœuds, soit 65 km/h.
Les équipages comptent 6 personnes : un barreur (skipper), un régleur d'aile, un régleur de foils (pilote contrôle de vol), deux flight controllers (au cas où, pour gérer le contrôle aérien des deux côtés), et un grinder (le seul qui actionne réellement les hydrauliques manuelles). Le poids total équipage est limité par règle, autour de 480 kilos. Le mélange hommes-femmes est obligatoire depuis 2022 : chaque équipage doit inclure au moins une équipière, généralement positionnée comme stratège.
Les douze nations engagées sur le circuit 2026 sont la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Danemark, l'Espagne, la Suisse, le Brésil, l'Allemagne, le Canada et le Japon. L'équipage France est skippé par Quentin Delapierre depuis 2022, après une saison de skipperage de Billy Besson. Le bateau France s'entraîne entre Lorient et Marseille pendant la saison.
Histoire et palmarès
SailGP est jeune. Première saison en 2019 avec six équipages, format inspiré de la Coupe de l'America 2017 qui se courait déjà sur des AC50 (ancêtres directs des F50). L'idée vient de Russell Coutts, cinq fois vainqueur de la Coupe de l'America, et de Larry Ellison, fondateur d'Oracle, ancien défenseur de la Cup. Objectif annoncé : créer une F1 de la voile, avec circuit annuel, télévision, sponsors, et bateaux strictement identiques pour que le talent fasse la différence.
Le circuit s'est étoffé : 6 équipages en 2019, 8 en 2020, 9 en 2022, 10 en 2023, 12 en 2025. Les étapes tournent entre l'Europe, les États-Unis, l'Australie, le Moyen-Orient, l'Asie. Saint-Tropez est entré au calendrier en 2023, après deux éditions à Plymouth en Angleterre comme étape Europe Sud. Le déplacement à Saint-Tropez visait à rapprocher l'événement d'un public à fort pouvoir d'achat et à renforcer la couverture médiatique sur le marché français.
Les vainqueurs des éditions de Saint-Tropez : 2023, l'Australie skippée par Tom Slingsby. 2024, la Nouvelle-Zélande de Peter Burling. 2025, la France de Quentin Delapierre, première victoire française à domicile, devant le public. Cette victoire a marqué un tournant : 14 000 spectateurs dans les zones VIP, 200 000 personnes mobilisées sur les quais et plages, audience télé record sur Canal+ qui diffuse l'événement.
Le format SailGP étant identique à chaque étape, les noms qui tournent en tête restent les mêmes : Tom Slingsby (Australie), Peter Burling (Nouvelle-Zélande), Quentin Delapierre (France), Phil Robertson (Canada), Diego Botín (Espagne).
Suivre depuis la mer
La zone de course se situe dans le golfe de Saint-Tropez, entre la pointe de la Croix et la baie de Pampelonne, à environ 1,5 mille au large. Périmètre d'exclusion strict : 500 mètres autour des bouées, 200 mètres autour des bateaux. Vitesse plafonnée à 5 nœuds dans la zone d'évolution. La SNSM, la gendarmerie maritime et plusieurs vedettes privées surveillent en permanence. Plusieurs amendes de 750 euros ont été distribuées à Saint-Tropez 2024 à des plaisanciers qui n'avaient pas respecté la zone.
Pour observer correctement, deux options. La rade de Pampelonne, mouillage en 5 à 7 mètres sur sable, vue sur les départs et la zone au vent. La pointe Capon, à un demi-mille au nord du parcours, mouillage en 4 à 6 mètres mais capacité limitée. Les vitesses des F50 rendent l'observation à distance frustrante : à 1 mille on ne distingue pas les manœuvres fines, et à 500 mètres on est dans le périmètre interdit. Les jumelles 7x50 sont indispensables.
Le port communal de Saint-Tropez est complet quatre mois avant l'événement, mais Cogolin et Sainte-Maxime offrent des alternatives raisonnables. Pour comparer ces ports en saison événement, voir mon retour sur les Voiles de Saint-Tropez, même contexte logistique. Pour préparer une escale dans le golfe, BoatMap regroupe les fiches des marinas voisines.
Pratique
L'édition 2026 de SailGP Saint-Tropez est annoncée les 12 et 13 septembre. Diffusion télé sur Canal+ et streaming officiel SailGP. Billetterie spectateur depuis février 2026, avec trois zones (grandstand sur la plage de Pampelonne, ponton officiel à Saint-Tropez, et bateau spectateur officiel pour 480 euros la journée). Pour les plaisanciers en bateau, l'accès libre reste gratuit dans les limites de la zone d'exclusion.
Vent thermique de 12 à 20 nœuds en moyenne en septembre, idéal pour le format. Une seule étape SailGP a été annulée pour vent trop faible depuis 2019, ce qui en fait l'un des circuits les plus fiables du calendrier voile.
