French Riviera

Régates Royales de Cannes : la classique des yachts de tradition

Régates Royales de Cannes en septembre : 100 yachts classiques, classes Dragon et 6mJI au 12mJI, étape du Trophée Panerai au Yacht Club de Cannes.

Résumé

Les Régates Royales de Cannes se courent fin septembre depuis 1929. Le Yacht Club de Cannes y rassemble plus de 100 voiliers de tradition (construits avant 1976) plus quatre classes de quillards : Dragon, 6mJI, 8mJI et 12mJI. C'est l'étape de clôture du Panerai Classic Yachts Challenge, circuit méditerranéen qui démarre en juin à Antibes.

Le format

Six jours de courses, deux à trois manches par jour, parcours côtiers entre la pointe de la Croisette et les îles de Lérins. Les départs sont donnés depuis le Mole Albert Edouard, à un mille de la plage de la Croisette. Le comité de course adapte le tracé à chaque classe : les 12 mètres jauge internationale partent en premier, suivis des grands ketchs de tradition, puis des Dragons sur un parcours plus court côté Sainte-Marguerite.

Les classes engagées sont organisées en cinq grandes familles. D'un côté les yachts de tradition, divisés en Big Boats (plus de 16 m), Marconi A, B et C selon l'âge et le gréement, et Aurique (gréement avant 1920). De l'autre les classes métriques de la jauge internationale de 1907 : 6 mètres JI, 8 mètres JI, 12 mètres JI. Les Dragons forment leur propre flotte, parfois 30 unités lors des éditions denses.

Pour les équipages, le port Pierre Canto et le vieux port se partagent l'accueil. Le vieux port garde les bateaux historiques, photogéniques sur fond de Suquet, tandis que Pierre Canto absorbe le reste de la flotte, avec ses 650 places, dont une cinquantaine réservées aux régatiers.

Histoire et palmarès

L'histoire commence en 1929. Le Yacht Club de Cannes, fondé en 1860, organise alors une régate de classes métriques à l'occasion du séjour de souverains européens en hivernage sur la Côte. D'où le nom : Royales. La formule s'interrompt avec la guerre, reprend par épisodes, puis disparaît dans les années 1960 quand la jauge internationale décline.

Le rendez-vous renaît en 1978, sous l'impulsion d'un petit groupe de propriétaires de 12 mètres jauge internationale qui cherchent à faire vivre leurs bateaux. Eric Tabarly fait partie des soutiens des premières éditions. La jonction avec le yachting de tradition s'opère dans les années 1990, quand les voiliers d'avant-guerre, restaurés un peu partout en Europe, cherchent un circuit de courses qui les valorise sans les casser.

Depuis 2001, l'épreuve est intégrée au Panerai Classic Yachts Challenge. Le circuit enchaîne les Voiles d'Antibes en juin, l'Argentario en Italie, puis Imperia, Mahon, et termine à Cannes fin septembre. Le classement général Panerai distingue les bateaux qui courent toutes les étapes, ce qui pousse plusieurs propriétaires à un convoyage saisonnier complet sur 4 mois.

Les yachts qu'on voit revenir édition après édition sont devenus des stars locales. Mariska, 15 mètres jauge internationale lancé en 1908, gagne régulièrement chez les Aurique. Tuiga, du même millésime et battant pavillon du Yacht Club de Monaco, signe les manches musclées. Hispania (1909), Lulworth, Moonbeam IV (1903) : ces noms, on les retient même quand on n'est pas spécialiste.

Côté 12 mètres JI, Ikra, Kookaburra II et France 1 se livrent des bagarres serrées. France 1, dessiné par André Mauric, a couru la Coupe de l'America 1970 ; le voir aujourd'hui en flotte à Cannes contre des bateaux australiens et américains des années 1980 vaut le déplacement.

Suivre depuis la mer

Pour un plaisancier qui veut assister depuis son propre bateau, la zone de course se situe entre la pointe Croisette et l'île Sainte-Marguerite, à deux ou trois milles au large. Les organisateurs imposent une distance minimale de 200 mètres aux bateaux spectateurs sur le parcours, et de 50 mètres aux bouées. Vitesse plafonnée à 6 nœuds dans la zone d'évolution. Surveillance par vedettes du club et SNSM.

Trois positions fonctionnent bien. La rade Sainte-Marguerite, mouillage en 6 à 8 mètres sur sable et herbiers, vue dégagée sur la deuxième bordée. Le mouillage devant la pointe Croisette, plus exposé mais idéal pour observer les départs depuis 800 mètres. Et le mouillage de Theoule-sur-Mer, à 5 milles à l'ouest, pour les retours de flotte en fin d'après-midi quand le vent thermique tourne sud-ouest.

VHF canal 72 dédié aux spectateurs, commentaires en français en début de manche. Les régates s'annulent rarement par mauvaise météo : la zone est souvent abritée par l'Estérel d'un mistral classique, et le coup de vent d'est reste rare en septembre. En revanche, calmes plats fréquents en milieu de semaine, deux ou trois départs reportés par édition.

Pour ceux qui n'ont pas de bateau sur place, plusieurs prestataires proposent des journées en spectateur sur d'anciens yachts ou des goélettes (compter 180 à 240 euros la journée). Il existe aussi un service de navette depuis le mole Albert Edouard vers la zone de course pendant les régates.

Pratique

L'édition 2026 est annoncée du 19 au 26 septembre. Le programme, publié par le YCF Cannes (Yacht Club de France n'a rien à voir, attention à la confusion fréquente), inclut un concours d'élégance, deux soirées propriétaires et le défilé des bateaux à la voile dans le vieux port le vendredi soir. Ce moment, les équipages le préparent toute la semaine : couper le moteur à 200 mètres de la passe, manœuvrer à la voile dans un bassin de 250 mètres de large, accoster au coup de bouline, c'est de la pure démonstration.

Réservation port impérative dès mai pour la semaine, et même le port de Mandelieu-La Napoule, à 4 milles, affiche complet en septembre. Les Marines de Cogolin, à 22 milles, restent une alternative confortable pour ceux qui préfèrent un convoyage matinal d'une heure et demie. Tarifs publics du vieux port de Cannes en haute saison pour un 12 mètres : autour de 175 euros la nuit, sans tarif spécial régate.

Côté inscription bateau, les conditions d'admission sont strictes : voilier construit avant 1976 sur plans authentiques, ou réplique conforme avec dossier d'authentification. Le comité technique du YC Cannes étudie chaque dossier. Inscription propriétaire entre 480 et 1 200 euros selon classe, équipage en sus. Pour comparer avec les autres rendez-vous classiques de la côte, voir mon retour sur la Monaco Classic Week et le calendrier des régates ouvertes aux amateurs.

Cannes en septembre, c'est encore 22 degrés dans l'eau, peu de pluie, et des bateaux que vous ne reverrez jamais aussi près de la plage à ce niveau de course. Pour planifier votre escale et comparer les ports d'accueil dans la baie, BoatMap regroupe les fiches du vieux port, de Pierre Canto et des mouillages voisins.

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