French Riviera

Régates classiques de Monaco : la tradition des yachts d'époque

Les régates classiques de Monaco rassemblent chaque automne les plus beaux yachts d'époque. Histoire et coulisses d'un rendez-vous mythique.

Résumé

La Monaco Classic Week rassemble depuis 1994, tous les deux ans, les plus beaux yachts classiques d'Europe. Voiliers d'avant-guerre, runabouts en acajou, motoryachts art déco : trois jours d'élégance maritime dans la rade de Monte-Carlo, avec des régates entre Cap-d'Ail et le cap Martin.

Une rencontre née tardivement

Monaco a longtemps été associé à la voile moderne plus qu'au yachting classique. Le Yacht Club de Monaco, fondé en 1953 par le Prince Rainier III, organisait surtout des courses olympiques et des manches du circuit mondial. Le tournant date de 1994, quand le club décide de créer un rendez-vous biennal dédié aux yachts classiques, à l'initiative du président d'honneur, le prince Albert.

L'idée est de rassembler des bateaux d'au moins 70 ans d'âge, restaurés ou conservés dans leur état d'origine, pour une semaine de régates et de cérémonies. La formule est inspirée de Cowes en Angleterre et d'Antibes en France, mais avec un cadre monégasque qui apporte glamour et exposition médiatique. Les premières éditions accueillent une trentaine de bateaux. Aujourd'hui, on en compte plus de cent, venus parfois de très loin.

Les classes engagées

La Monaco Classic Week regroupe plusieurs classes de bateaux. Les voiliers de tradition les plus anciens datent des années 1890. Mariquita, Tuiga, Moonbeam IV : ces grands yachts à mât unique ou à goélette dépassent souvent les vingt mètres et ont chacun une histoire racontée dans les livres de référence du yachting classique.

Les yachts à moteur d'époque forment une seconde catégorie. Les motoryachts en acajou des années 1920-1930, dessinés par Camper & Nicholsons ou Fife, partagent les pontons avec les runabouts italiens des années 1950, signés Riva ou Baglietto. La diversité des silhouettes fait aussi le charme du spectacle.

Une troisième catégorie regroupe les bateaux de la marine traditionnelle méditerranéenne : barques catalanes, gozzi italiens, latini provençaux. Petits, parfois modestes, ils témoignent d'un savoir-faire local en train de disparaître sans cette mise en valeur.

Les régates dans la baie

Les courses se déroulent sur trois ou quatre jours dans la baie de Monaco, entre Cap-d'Ail à l'ouest et le cap Martin à l'est. Le parcours est court, six à dix milles selon les classes, avec un point de départ proche de la rade et des bouées disposées en triangle. La proximité avec la côte permet au public de suivre les régates depuis les digues, les terrasses et les hauteurs de la principauté.

Les conditions du début octobre sont généralement clémentes, avec un mistral résiduel qui peut souffler par périodes mais reste modéré. Les courses sont parfois reportées par calme plat, plus rarement annulées par mauvais temps. Les comités de course adaptent les formats au profil de chaque flotte, certains bateaux ne pouvant pas courir par mer formée.

L'élégance, critère central

Au-delà du résultat sportif, le concours d'élégance est l'un des moments forts. Les bateaux sont jugés sur l'authenticité de leur restauration, la qualité de leur équipage en tenue d'époque, la beauté des accessoires. Un jury international d'historiens du yachting et de spécialistes de la restauration attribue plusieurs prix, dont le très prisé Trophée de la Restauration.

Cette dimension esthétique a poussé beaucoup de propriétaires à investir des sommes considérables dans la remise en état de leurs bateaux. Certaines restaurations dépassent largement le coût du bateau d'origine. Mariquita, lancée en 1911, a coûté plus de quinze millions d'euros à restaurer dans les années 2000. C'est aussi pour cela que la Classic Week reste un événement de niche, dans une économie de yachting de luxe.

Les figures de la course

Plusieurs personnages incarnent l'esprit des régates classiques de Monaco. Patrick Roynette, du Yacht Club de Monaco, a été pendant trente ans le coordinateur de l'événement. Il a personnellement pesé sur l'évolution des classes admises, sur les liens avec les autres compétitions classiques en Méditerranée.

Côté propriétaires, on retrouve des passionnés au long cours. Ernesto Bertarelli, fondateur de Serono, a longtemps engagé Tuiga, son magnifique 15 mètres jauge internationale construit en 1909. La famille Albéric a fait courir Lulworth, J-Class de 1920 restauré dans les années 2000. Toutes ces histoires individuelles s'entrelacent pour former la mythologie du yachting classique.

La rade de Monaco

Pour un plaisancier qui assiste à la Classic Week, le port Hercule reste la base logique. Les places de passage sont rares en saison, mieux vaut réserver bien à l'avance et accepter des tarifs élevés. Le port voisin de Cap-d'Ail offre une alternative plus accessible, à dix minutes en bateau de la rade monégasque.

L'accès à la zone de course est libre pour les bateaux de plaisance, mais il faut respecter la zone d'évolution balisée pendant les manches. La meilleure place pour suivre les régates est en mouillage devant Cap-d'Ail, hors du périmètre de course mais avec une vue dégagée sur les bouées.

Préparer la visite

L'édition 2026 est prévue mi-septembre. La programmation inclut, comme toujours, les concours d'élégance, les cocktails au Yacht Club et les régates quotidiennes. Le public peut visiter les bateaux le matin, avant les départs, ce qui donne accès à des intérieurs en acajou et bronze impossibles à voir ailleurs.

Préparer une escale en Côte d'Azur autour de l'événement, c'est anticiper la météo de septembre, les places de port et les zones de course. Sur BoatMap, les fiches du port Hercule, de Cap-d'Ail et des mouillages voisins regroupent ces repères, partagés par les plaisanciers du secteur.

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