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Mon pilote automatique NKE : 1 saison sur 300 milles, verdict

Retour terrain après une saison complète avec un pilote automatique NKE Gyropilot Graphic : installation, fiabilité, consommation, comparaison face au Raymarine.

Résumé

Pose d'un Gyropilot Graphic NKE à l'automne 2024 sur un Sun Odyssey 36i, en remplacement d'un Raymarine ST6000 vieillissant. Bilan après 312 milles parcourus en 2025, dont 95 milles de portant pur dans le golfe de Gascogne et 80 milles de près serré en Manche occidentale. Verdict : la précision de cap et l'algorithme de portant compensent le surcoût de 1 800 euros face au Raymarine équivalent.

Pourquoi changer de pilote

Mon Raymarine ST6000 d'origine (installé en 2008 par le précédent propriétaire) tournait encore mais commençait à cumuler les défauts : décrochage du compas en houle longue, calibration qui dérive en quelques mois, écran rétroéclairage défaillant. Avant un programme 2025 qui prévoyait deux convoyages côtiers et plusieurs croisières famille, je voulais un système fiable et précis.

Trois options sur la table :

  • Raymarine Evolution EV-100 (équivalent moderne, 2 100 euros installé) : choix safe, intégration immédiate avec le multifonction E-Series existant
  • B&G H5000 Pilot (haut de gamme régate, 4 800 euros installé) : surdimensionné pour mon programme cruising
  • NKE Gyropilot Graphic (alternative française, 3 900 euros installé) : algorithme de portant réputé, écosystème NKE complet

J'ai choisi NKE pour deux raisons précises : l'algorithme dit "Régulation Vent" qui ajuste le cap pour optimiser la portance des voiles, et la robustesse mécanique du vérin Trimax 16 mm prévu pour mon déplacement (5,8 tonnes).

Installation

L'installation a duré deux jours pleins chez un installateur agréé NKE à La Trinité-sur-Mer, facturée 1 200 euros main d'œuvre. Travaux :

  • Dépose Raymarine complète (compas, vérin, console) : 4 heures
  • Pose vérin Trimax 16 mm sur la mèche de safran : 6 heures
  • Pose compas Gyropilot 3D dans la baille à mouillage : 2 heures
  • Câblage bus Topline 2 vers la console et l'écran Graphic au piano de barre : 4 heures
  • Calibration et essais à la mer : 2 heures

Le bus Topline 2 est propriétaire NKE et impose une dépendance à l'écosystème de la marque pour les futures évolutions (girouette, sondeur, instruments). C'est un point à anticiper.

Comportement au près

Sur les 80 milles de près testés en juin entre Brest et l'île d'Yeu, mer 3 forçant 4, vent réel 16 à 22 nœuds établi : le pilote tient le cap réel à plus ou moins 2 degrés, et le cap au vent à plus ou moins 4 degrés en mode Vent. C'est nettement meilleur que mon ancien Raymarine qui dérivait à 6-8 degrés en cap vent dans les mêmes conditions.

Le mode Vent ajuste automatiquement le cap pour maintenir un angle vent apparent constant. Quand une rafale enfourche, il abat de quelques degrés ; quand le vent mollit, il remonte. Sur 5 heures de près en mer formée, je n'ai pas touché la barre.

La consommation du vérin se situe entre 1,8 et 2,4 ampères selon l'agitation. Sur ma batterie cellule de 200 Ah, cela représente une autonomie de 80 heures de pilote en mer modérée, largement suffisante pour mes étapes.

Comportement au portant

Le test décisif a eu lieu sur le retour Yeu-Belle-Île, vent arrière établi 15 à 20 nœuds, mer 3 longue : 95 milles parcourus en 16 heures avec spi asymétrique. Le mode Régulation Vent compensait les variations d'angle apparent en réagissant 1 à 2 secondes avant que je ne le sente moi-même à la barre.

Pas un seul empannage involontaire sur le trajet, là où l'ancien Raymarine en avait collectionné trois lors d'une nav similaire en 2023. La différence se joue sur l'algorithme : le NKE anticipe la chute d'angle en regardant la girouette, pas seulement le compas.

Limite identifiée : sous spi par mer croisée et vent au-delà de 22 nœuds, le pilote sature et le vérin force. Dans ces conditions, je reprends la barre en manuel et je laisse le pilote en surveillance écran. C'est un comportement attendu, pas un défaut.

Ergonomie de l'écran Graphic

L'écran Gyropilot Graphic au piano de barre affiche en temps réel cap réel, cap suivi, écart, vent apparent, vitesse fond, écart route. La lecture est claire de jour comme de nuit, le rétroéclairage rouge ne salit pas la vision nocturne.

Trois reproches après une saison :

  1. La navigation dans les menus est lente, surtout pour activer les modes croisés (cap + vent + GPS). Le Raymarine était plus immédiat sur ce point.
  2. Le bouton physique de basculement Auto/Standby est petit et mal placé en cas d'urgence. Un bouton coup de poing aurait mieux fait.
  3. L'éclairage tactile s'use sur la première saison, certaines touches répondent moins bien après 200 manipulations.

NKE a annoncé en septembre 2025 une mise à jour firmware corrigeant la lenteur des menus, à appliquer cet hiver.

Comparaison face au Raymarine EV-100

Sur le critère pur de fiabilité de cap, le NKE prend l'avantage de quelques pourcents. Sur le critère algorithme de portant, NKE creuse un écart net. Sur le critère intégration multifonction, Raymarine reste plus fluide pour les utilisateurs déjà équipés. Sur le critère SAV France, NKE est imbattable : trois mails au support entre janvier et juin, réponses sous 24 heures.

Le surcoût de 1 800 euros se justifie pour un programme qui inclut du large, du portant régulier, et des nav de nuit. Pour un programme exclusivement côtier estival, le Raymarine reste suffisant et plus simple.

Bilan après 1 saison

312 milles, zéro panne, une seule recalibration en cours d'année (au printemps après hivernage). Le vérin Trimax n'a pas montré de signe de fatigue, le compas Gyropilot 3D garde sa précision initiale. Consommation moyenne sur 5 jours de mer : 12 % de capacité batterie en plus par 24 heures, équivalent au Raymarine.

Si je devais refaire le choix en 2026, je reprendrais le NKE sans hésiter. La marge de précision sur le portant change la fatigue de l'équipage en croisière hauturière, et c'est exactement ce que je cherchais.

Pour suivre les performances du pilote en lien avec les conditions de mer, l'app BoatMap enregistre la trace et les vitesses cap par cap, utile pour ajuster les paramètres de gain à chaque saison.

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