Provence

Phare du Planier devant Marseille, histoire

Le phare du Planier, gardien de l'entrée du port de Marseille : trois reconstructions, trafic intense et symbole méditerranéen.

Résumé

Le phare du Planier, sur l'îlot rocheux de l'archipel du Frioul à 8 milles au sud-ouest de Marseille, est l'un des phares les plus stratégiques de Méditerranée française. Reconstruit trois fois (1320, 1774, 1959) après destruction par les éléments ou la guerre, il signale l'entrée du port maritime le plus actif de France métropolitaine.

Un îlot, un destin

Le Planier n'est qu'un caillou. Cinq cents mètres sur deux cents, à fleur d'eau, à l'écart des routes touristiques même si les calanques de Marseille ne sont qu'à 10 milles à l'est. C'est un repère sans escale possible, sans port, sans habitants. Pourtant, son rôle dans l'histoire maritime de Marseille est immense.

Depuis le quatorzième siècle au moins, l'îlot signale aux navires l'approche du Vieux-Port de Marseille et, depuis le dix-neuvième siècle, du nouveau bassin de la Joliette qui a transformé la ville en grand port commercial. Sans signalisation au Planier, l'arrivée de nuit dans le golfe de Marseille était dangereuse, surtout par mistral où la visibilité se brouille.

Première tour en 1320

La première signalisation au Planier remonte à 1320, sous l'autorité des viguiers de Marseille. Une tour basse en pierre est érigée sur le rocher, avec un feu de bois entretenu par un gardien.

Cette première tour résiste mal aux tempêtes méditerranéennes, notamment au mistral et au libeccio qui frappent l'îlot avec une violence remarquable. Elle est plusieurs fois endommagée, réparée, reconstruite partiellement.

Au quinzième siècle, la signalisation devient sporadique. Le commerce de Marseille décline temporairement après l'épidémie de peste de 1347 et les guerres locales, et les ressources manquent pour entretenir un gardiennage permanent.

Reconstruction en 1774

Au dix-huitième siècle, le commerce méditerranéen reprend de l'ampleur. Marseille devient l'un des ports les plus actifs de France, avec des liaisons régulières vers le Levant, l'Afrique du Nord et l'Italie.

Une reconstruction complète du phare est décidée en 1774, sous Louis XV. Une tour neuve, plus haute (33 mètres) et mieux conçue, est érigée sur l'îlot. La lanterne au sommet abrite une lampe à huile à mèches multiples, avec une portée de 12 milles environ.

Cette deuxième tour fonctionne pendant près de deux siècles. Elle traverse les guerres napoléoniennes, la révolution industrielle, l'arrivée du chemin de fer qui relie Marseille à Paris en 1857, et le développement spectaculaire du port marseillais comme principal débouché français du commerce avec l'Algérie après 1830.

Destruction en 1944

En août 1944, lors de la libération de Marseille, les troupes allemandes font sauter le phare du Planier. C'est la même politique de destruction systématique appliquée à de nombreux phares français à la fin de l'occupation.

L'ouvrage de 1774, témoin de presque deux siècles d'histoire maritime marseillaise, s'effondre en quelques minutes. Seules les fondations et la partie basse résistent.

Pendant treize ans, l'entrée du port de Marseille reste sans phare permanent. Une signalisation provisoire est installée, mais elle ne remplace pas l'ouvrage historique.

Reconstruction moderne en 1959

La troisième reconstruction démarre en 1957. L'architecte choisit cette fois une tour entièrement moderne, en béton armé, avec une silhouette plus contemporaine que les précédentes.

La nouvelle tour fait 66 mètres, soit largement plus haut que les versions précédentes. Sa portée optique atteint 28 milles, l'une des plus importantes de Méditerranée française. La lentille de Fresnel modernisée permet une concentration lumineuse efficace, visible depuis loin par temps clair.

Le phare est mis en service le 17 juin 1959. La cérémonie d'inauguration rassemble les autorités maritimes locales et nationales, dans un contexte où Marseille consolidait son rôle de premier port de Méditerranée occidentale.

Caractéristiques actuelles

Hauteur : 66 mètres.

Hauteur du foyer au-dessus du niveau de la mer : 71 mètres.

Portée optique : 28 milles nautiques.

Caractéristique : un flash blanc toutes les 5 secondes.

Le phare a été automatisé en 1992. Plus de gardiens en permanence. Les visites techniques se font périodiquement par bateau ou hélicoptère pour maintenir la lanterne et les équipements.

Le rôle dans le trafic moderne

Le port autonome de Marseille-Fos est le premier port français en tonnage, avec plus de 80 millions de tonnes annuelles transitées. Le trafic croisière, ferries vers la Corse et l'Afrique du Nord, et conteneurs international est dense, surtout en saison estivale.

Le Planier reste un repère important dans ce trafic, même si la navigation moderne s'appuie principalement sur le radar, l'AIS et le GPS. Pour les pilotes du port et les capitaines de ferries, voir le Planier la nuit reste un repère psychologique et opérationnel essentiel.

L'îlot est régulièrement visité par les plaisanciers de la région marseillaise. La navigation autour est délicate par mauvais temps : roches affleurantes, courants de surface créés par le rétrécissement entre Frioul et Planier, et houle qui peut être forte par mistral.

Mouillage à proximité du Planier déconseillé sauf par calme plat absolu. Aucun débarquement n'est autorisé sur l'îlot lui-même, qui reste réservé aux services techniques des Phares et Balises.

La meilleure approche pour observer le phare reste une promenade en bateau depuis le Vieux-Port, avec passage à 200 ou 300 mètres du rocher pour une vue rapprochée. Plusieurs prestataires proposent ce circuit en saison.

Patrimoine et symbole

Le Planier n'est pas un phare touristique au sens classique : on ne le visite pas, on ne monte pas dans la tour. Mais il est un symbole fort de l'identité maritime de Marseille.

Pour les Marseillais, voir le Planier au crépuscule depuis la Corniche ou depuis les calanques fait partie d'une géographie sentimentale partagée. C'est l'un des rares édifices visibles depuis la ville qui rappelle le caractère maritime de Marseille, longtemps masqué par le développement portuaire industriel à l'écart du centre.

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