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Coller des panneaux souples sur rouf, méthode

Méthode complète pour coller un panneau solaire souple sur le rouf : préparation, primaire, Sikaflex, mise en place, et durée de vie réaliste.

Résumé

Coller un panneau souple sur le rouf demande une préparation rigoureuse : nettoyage, ponçage léger, primaire adapté, colle polyuréthane (Sikaflex 291i ou équivalent), mise en place sans bulles. Bien fait, le collage tient 5 à 8 ans. Mal fait, le panneau décolle en une saison ou abîme la peinture.

Pourquoi du souple sur le rouf

Le panneau rigide impose une structure de support. Sur un rouf bombé, sur une descente, sur un cockpit, c'est compliqué. Le panneau souple épouse les courbes, pèse moins (3 à 5 kg pour 100 Wc contre 10 à 12 kg en rigide), et reste discret.

Les contreparties : durée de vie inférieure (5 à 10 ans contre 20 ans pour le rigide), rendement légèrement plus faible, sensibilité à la chaleur (un panneau souple à 70 degrés contre la coque perd 15 à 20% de production), et coût au Wc plus élevé.

Choisir le panneau

Les panneaux marine de marque (Sunbeam, Solbian, Solara) sont à un autre niveau de qualité que les premiers prix d'Amazon. Les cellules monocristallines, l'encapsulation ETFE, les bypass diodes en quantité suffisante : ces critères font la différence entre un panneau qui dure et un panneau qui jaunit en deux ans.

Comptez 4 à 6 euros par Wc pour du grand public, 8 à 12 euros par Wc pour du marine de qualité. Pour un usage régulier, le marine se rentabilise par sa durée de vie et son rendement maintenu.

Préparer la surface

Le rouf doit être propre, sec, et légèrement abrasé pour donner accroche. Étape par étape :

Nettoyage à l'acétone ou MEK pour enlever cires, gras, sels. Plusieurs passes avec chiffon propre à chaque fois. Si vous voyez encore du gras au passage de la lampe, recommencez.

Ponçage léger au papier abrasif grain 320 ou 400. L'objectif est de mater le gel-coat, pas de l'attaquer. Une trame visible de fines rayures suffit. Un coup d'abrasion à la patte à dépolir manuelle sur les surfaces complexes.

Dépoussiérage à l'air comprimé ou chiffon non pelucheux. Repassage acétone une dernière fois. La surface est prête.

Le primaire d'accroche

Sika 209D ou Sika 215 selon le support (gel-coat, peinture polyuréthane, peinture acrylique). Le primaire chimique se met en place avec un applicateur en feutre, en couche fine, sans surcharge. Temps de séchage minimum : selon la fiche technique, typiquement 30 minutes à 24 heures.

Sans primaire, le collage tient quelques mois et lâche. Avec primaire approprié, on durcit la liaison chimique et on garantit la durabilité. Cette étape coûte trois minutes, ne la sautez jamais.

Le collage

Sikaflex 291i (anciennement 291), ou MS Polymer équivalent (Soudal Fix-All marine, Bostik Marine 940). Cordons de 6 à 8 mm tous les 8 à 10 cm en grille. Pas de cordon périphérique continu : il faut que l'humidité éventuelle puisse s'évacuer si jamais elle pénètre.

Attention à la quantité : trop peu, ça décolle ; trop, ça déborde et ça pollue les bords. La grille de cordons est la bonne dose. Une cartouche de 300 ml couvre environ 0,5 m².

Le panneau se pose en partant du centre vers les bords, en pressant doucement pour éviter les bulles d'air. Une fois posé, on le maroufle avec une cale en bois recouverte de tissu, en partant du centre. Pas de poids : la pression continue de la main travaille mieux que cinq kilos posés au hasard.

Le séchage

Sikaflex 291 polymérise à 4 mm par 24h dans des conditions normales. Pour des cordons de 6 mm, comptez deux à trois jours minimum avant utilisation normale. Pour la pluie ou les éclaboussures, attendre 12 heures de polymérisation extérieure.

Pendant la polymérisation, ne pas laisser le bateau au soleil direct si la température dépasse 35 degrés en surface. Une bâche claire posée sans contact aide à modérer.

Le câblage

Sortie par presse-étoupe vers l'intérieur du bateau, idéalement sous une descente ou un panneau d'accès. La traversée de pont doit être étanche, jointée au Sika autour du presse-étoupe. Les câbles solaires extérieurs doivent être résistants UV (la plupart des câbles solaires modernes le sont).

À l'intérieur, montée vers le régulateur MPPT en ligne directe, avec fusible adapté à la puissance.

Les pièges fréquents

Coller à 38 degrés ambiants : la colle prend trop vite, on ne peut plus ajuster. Résultat : panneau décalé, bulles d'air. Travaillez à 18-25 degrés.

Oublier le primaire : le panneau tient un été et part au premier coup de mer. C'est la cause numéro un d'échec.

Surdoser la colle au centre : le panneau se gondole en relief, l'eau stagne sur les bosses, ça surchauffe localement et abîme les cellules.

Coller un panneau cellules vers le bas : ça arrive plus souvent qu'on le croit. Vérifiez deux fois avant de poser.

Durée de vie

Bien collé, sur un panneau de qualité : 6 à 10 ans avec maintien des performances. Le polyuréthane vieillit, peut craqueler en surface mais conserve l'adhésion. Si vous voyez le panneau bouger au bord, c'est le signal de surveillance accrue, et de remplacement à moyen terme.

Décollement : possible à la chaleur extrême ou en cas de mauvais primaire. Reprise avec lame fine, nettoyage du Sika résiduel à la lame puis solvant approprié, recollage. Le rouf ne devrait pas être abîmé si la préparation initiale était soignée.

Cas pratique

Voilier 36 pieds, deux panneaux souples 100 Wc collés sur le rouf en 2021. Cinq saisons d'utilisation Méditerranée, production maintenue à 90% de la valeur initiale, aucun signe de décollement. Coût total : 1200 euros panneaux, 80 euros consommables Sika, deux après-midi de travail.

Pour suivre la production de vos panneaux et identifier d'éventuelles pertes de rendement, BoatMap vous permet de noter vos relevés au fil des sorties.

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