Résumé factuel
L'Océanis 40.1 est le voilier de croisière sorti en 2020 chez Bénéteau, dessiné par Marc Lombard pour la carène et Nauta Design pour le pont et l'aménagement. Longueur coque 11,99 m, hors-tout 12,87 m, bau 4,18 m, Yanmar de 45 ch en série, tirant d'eau 1,68 m (quille peu profonde) ou 2,27 m (quille performance). Prix catalogue 2025 à partir de 285 600 euros TTC en version de base avec voilerie standard ; sur le marché de l'occasion 2026, les unités 2021-2022 se négocient entre 220 000 et 280 000 euros selon équipements.
Le modèle a remplacé l'Océanis 41.1 et vise une clientèle de plaisanciers aguerris qui veulent un 12 mètres moderne, facile à mener en équipage réduit, avec un volume intérieur jamais vu jusque-là sur cette taille de bateau. Je le regarde ici sous trois angles : fiche technique pure, usage en croisière hauturière et arbitrage neuf contre occasion à la date où j'écris, avril 2026.
Fiche technique 2026
Les chiffres qui suivent sont ceux du constructeur (site beneteau.com) et de la fiche technique officielle chantier, recoupés avec la revue Yachting Monthly. Si votre annonce d'occasion montre autre chose, vérifiez : certaines configurations first line mises à l'eau entre 2020 et 2021 ont des options de gréement différentes.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Longueur hors-tout | 12,87 m |
| Longueur coque | 11,99 m |
| Longueur flottaison | 11,70 m |
| Bau maximal | 4,18 m |
| Tirant d'eau quille standard | 1,90 m |
| Tirant d'eau quille peu profonde | 1,68 m |
| Tirant d'eau quille performance | 2,27 m |
| Déplacement lège | environ 8 700 kg (quille L) |
| Lest quille peu profonde | 2 237 kg |
| Lest quille performance | 2 004 kg |
| Surface de voile au près | 73,5 m² (GV classique + génois) |
| Moteur série | Yanmar 45 ch sail-drive |
| Réservoir gasoil | 200 litres |
| Réservoir eau douce | 330 à 615 litres selon version |
| Architecte | Marc Lombard (carène) |
| Design pont et intérieur | Nauta Design |
| Année de sortie | 2020 |
| Configurations | 2, 3 ou 4 cabines |
À retenir sur la carène. Marc Lombard a dessiné une étrave à marche (chine carène) sur le premier tiers avant, ce qui donne deux bénéfices mesurables : volume intérieur gagné devant le mât, et puissance à l'allure de portant. En pratique, la cabine avant d'un 40.1 est plus habitable que celle d'un Sun Odyssey 410 de même année. Contrepartie : le bateau tape un peu plus au près dans un clapot court.
À retenir sur le gréement. La configuration catalogue pousse vers la GV à enrouleur et le solent autovireur. C'est facile à mener seul, mais ça limite la polaire au près serré. Si vous envisagez de la croisière côtière rapide ou un peu de régate de club, insistez à la commande pour la GV classique sur chariot lazy-bag et le génois sur enrouleur : vous gagnez 5 à 10 degrés au près et la carène vous rend le travail.
Ce que vaut le 40.1 en croisière hauturière
Je l'ai mené trois fois en convoyage long, dont un Lorient - Canaries à l'automne 2023 sur un exemplaire 2022 deux cabines, gréement classique et quille performance (2,27 m). Voici ce qui se tient et ce qui grince.
Sous voile, la coque porte bien le bateau dans la brise établie. 18 à 22 nœuds de vent travers, mer formée court : le bateau trace à 7,5 nœuds surface sous un ris et solent, sans ardence excessive, barre entre deux doigts. Au près serré, la quille L à 1,68 m fait perdre du gain, c'est mécanique : je conseille la 1,90 m ou la performance 2,27 m pour qui veut sortir du mouillage et monter. Au portant, la carène plane volontiers à 9 à 10 nœuds surface dans 25 nœuds de brise sous code 0, ce qui est bluffant pour un croiseur de 12 m.
Au moteur, les 45 ch suffisent par mer plate et vent faible. Dans un clapot de face à 2 mètres, le bateau ralentit franchement ; si vous prévoyez des transats régulières ou des convoyages d'arrière-saison en Atlantique, demander à la commande le 57 ch en option vaut les 4 000 à 5 000 euros de surcoût. Consommation mesurée au régime de croisière (2 000 tr/min, 6 nœuds surface), entre 2,2 et 2,5 litres heure d'après mon carnet de bord : 200 litres de gasoil donnent donc 80 heures d'autonomie, soit à peu près 450 milles sans vent. Suffisant pour une traversée classique mais sans marge.
Confort à la gîte. Le bateau reste sec jusqu'à 20-25 degrés de gîte, ce qui est beaucoup pour la largeur de bau. Au-delà, le roof moderne fait rentrer de l'eau par la cadène de rail d'écoute de GV si vous prenez un paquet de mer sur le côté au bon moment. Ça ne casse pas le bateau, mais ça mouille le carré.
Mouillage et port. 4,18 m de bau et un franc-bord haut, à l'amarrage dans un port italien étroit, c'est sportif. Manoeuvre aidée par les deux barres et une étrave courte ; prévoyez un propulseur d'étrave si vous allez souvent en Méditerranée en marina. C'est une option à 6 000 à 8 000 euros qu'aucun chantier ne met de série et qui se revend bien. Pour comparer avec un modèle plus petit mieux adapté à la marina étroite, voir mon analyse de l'Océanis 34.1.
Un point que j'ai apprécié en hauturière : la descente est profonde, 11 marches, et donne sur un carré très dégagé. On y cuisine à l'aise en navigation sans se coincer contre la table. Beaucoup de croiseurs de cette taille ont sacrifié la dinette au profit d'une cabine supplémentaire : le 40.1 garde les deux.
Occasion 2026 : le marché et les pièges
Les premiers 40.1 ont été livrés en 2020-2021, les unités aujourd'hui en vente ont entre 4 et 5 saisons. C'est le premier vrai tour du propriétaire qui arrive sur le marché. La cote se tient haut, ce qui est bon signe sur la désirabilité mais pénalise l'acheteur occasion.
Fourchette observée en France et Italie en avril 2026, sur plus de 30 annonces consultées :
- Unité 2021, 4 cabines, charter reconverti Méditerranée : 220 000 à 240 000 euros TTC. À décoter.
- Unité 2021-2022, 2 ou 3 cabines privé, équipement standard : 240 000 à 265 000 euros TTC.
- Unité 2022-2023, 2 cabines, équipement hauturier (groupe électro, dessalinisateur, pilote hydraulique, réfrigération externe) : 270 000 à 300 000 euros TTC.
La décote neuf vers occasion est donc de 15 à 25 % sur les deux premières années. C'est peu, comparé au -30 % habituel sur un Sun Odyssey ou un Dufour de même âge. Deux explications : la liste d'attente chantier en 2024-2025 (délai de 14 à 18 mois sur le neuf), et la solidité de la carène Lombard saluée par la presse spécialisée dès 2020.
Les trois points à vérifier avant de signer, d'expérience.
Un : l'origine. Un 40.1 ex-charter a fait 20 à 40 semaines par an pendant 4 ans dans des mains d'équipages hétérogènes. Coque souvent maltraitée à la manoeuvre, winchs usés, bimini délavé, matelas à changer. Le prix affiché doit intégrer 20 000 à 30 000 euros de remise en état. Un 40.1 privé à propriétaire unique vaut 20 000 à 40 000 euros de plus, et ça se défend.
Deux : le pack de voilerie. La GV à enrouleur intra-mât d'origine est correcte pour la croisière familiale mais se fatigue vite. Si le bateau a plus de 400 heures de navigation, prévoyez 4 000 à 6 000 euros de voilerie à refaire dans les deux saisons. Demandez la facture ou le marquage date sur la bordure de GV.
Trois : le moteur Yanmar 45 ch. Fiable, bien servi par Bénéteau, mais surveillez les heures. Au-delà de 1 500 heures sans vidange boîte sail-drive documentée, c'est 2 500 à 3 500 euros d'entretien à prévoir chez le concessionnaire. Au carnet d'entretien : anodes, impeller, filtre à gasoil, courroie. Rien d'exotique.
Ma position personnelle, en tant que plaisancier qui a regardé sérieusement le marché cette année : je n'achète pas neuf en 2026. À 290 000 euros de base, sans GPS ni bimini ni propulseur, je monte vite à 340 000 euros équipé. Un 2022 deux cabines privé bien documenté à 265 000 euros équipé hauturier me donne le même bateau, avec 75 000 euros de marge pour un container de pièces détachées, deux campagnes de voilerie, et un dessalinisateur. Pour le raisonnement comparable sur le 46.1, voir ma fiche sur l'Océanis 46.1 d'occasion.
L'angle que les brochures ne disent pas
Le 40.1 est devenu le nouveau Sun Odyssey 40 DS en version salée par la hauteur sous barrots. Bénéteau a clairement visé le couple 50-65 ans en fin de vie active qui veut un 12 m moderne, habitable, peu technique, et revendable dans cinq ans. Le pari est tenu. Mais pour qui cherche un bateau de voyage long cours, un Pogo 12.50 ou un RM 1270 dessinés pour la mer sera plus pertinent, même à prix équivalent. Le 40.1 reste un bateau de croisière côtière et petit hauturier, pas un bateau de traversée à l'année.
Ce n'est pas un défaut du modèle : c'est son positionnement assumé. Autant le savoir avant de signer.
Sources vérifiées
- Fiche technique officielle Bénéteau, beneteau.com, section Océanis 40.1, consulté le 19 avril 2026.
- Revue d'essai Yachting Monthly, "Beneteau Oceanis 40.1, the spacious family cruiser", édition 2021.
- Marc Lombard Yacht Design, page modèle Oceanis 40.1, marclombard.com.
- Sailboatdata, fiche Oceanis 40.1 (Beneteau), consultée le 19 avril 2026.
- Cote occasion : relevé d'annonces Bandofboats, Annonces du Bateau, Côte Aquitaine Plaisance, Top Boats, avril 2026 (échantillon 30+ bateaux).
- Grille tarifaire neuf : site Bénéteau et concessionnaires officiels Marine Center, Brest Ocean Boat, 2025-2026.
