Corsica

Observer les globicéphales depuis le Cap Corse

Sites, saison estivale et bonnes pratiques pour observer les globicéphales noirs depuis le Cap Corse, en familles dans le sanctuaire Pelagos.

Résumé

Le globicéphale noir vit en groupes familiaux de dix à trente individus au large du Cap Corse, principalement en été. Les observations se concentrent sur la pente continentale est, par fonds de mille à deux mille mètres. Distance d'observation cent mètres, comme pour toute espèce protégée du sanctuaire Pelagos.

Un cétacé social

Le globicéphale noir, Globicephala melas, fait partie des plus grands dauphins, avec ses cinq à six mètres pour les mâles et son aileron massif en hameçon. Sa tête est ronde, presque bombée, avec un bec court. Le corps est uniformément noir avec une tache blanche en croissant sous la gorge.

C'est un cétacé extrêmement social. Les groupes familiaux comptent de dix à trente individus, parfois plus, organisés autour de femelles dominantes et de leurs petits. Les mâles adultes restent à la périphérie ou forment des groupes de célibataires.

Au Cap Corse, on observe régulièrement ces familles en été, souvent dans une attitude de repos collectif appelée logging : les animaux flottent côte à côte en surface, immobiles, le souffle régulier. Ce comportement est l'un des plus émouvants à voir en mer.

La zone du Cap Corse

Le Cap Corse forme un éperon rocheux qui s'avance dans le sanctuaire Pelagos. La pente continentale plonge brutalement à l'est et au nord, atteignant deux mille mètres à dix milles seulement de Macinaggio. Cette bathymétrie raide concentre les calmars, principale proie du globicéphale.

Trois zones favorisent l'observation. La pente est, entre la Tour de Santa Maria et l'île de Capraia (côté italien), à six ou huit milles de la côte. La pente nord, entre la Giraglia et le large, par fonds supérieurs à mille cinq cents mètres. La pente ouest, plus rare, entre Centuri et Calvi, surtout en mai et juin.

Quand y aller

La saison principale s'étend de juin à fin septembre. Les globicéphales sont des animaux discrets en hiver, qui restent au large et plongent profondément. À la belle saison, ils remontent en surface pour se reposer et socialiser, ce qui multiplie les chances d'observation.

Le matin tôt, jusqu'à dix heures, est le meilleur créneau. La mer est plate, peu de bateaux, et les groupes sont souvent en logging. L'après-midi, ils plongent davantage et la brise gâche la visibilité des ailerons.

Sortez sur deux ou trois jours consécutifs si possible. Les groupes se déplacent peu d'un jour sur l'autre, et un secteur trouvé un matin sera souvent encore productif le lendemain.

Comment les approcher

Quand vous repérez un groupe au logging en surface, coupez le moteur à cent mètres et laissez le bateau dériver. Le silence est essentiel : les globicéphales communiquent par sifflements et clics, et un moteur en marche couvre tout.

Les animaux peuvent vous ignorer pendant trente minutes, puis venir lentement vers le bateau pour observer. Ne bougez pas, ne criez pas, restez en place. Certains groupes très habitués viennent à dix mètres du bord, c'est l'un des grands moments de la mer Méditerranée.

Si le groupe se met en mouvement et plonge, ne le suivez pas. Vous le forceriez à fuir.

Les règles strictes

Distance cent mètres minimum à l'approche. Quand le groupe vient à vous, restez moteur coupé et laissez les animaux décider de la distance.

Quinze minutes maximum sur un même groupe. Si plusieurs bateaux sont présents, partagez la place ou changez de zone.

Pas de mise à l'eau, pas de baignade avec les globicéphales. Les mâles adultes peuvent réagir agressivement à un nageur en zone de présence des petits.

Vitesse maximale cinq nœuds dans une zone de trois cents mètres.

Une espèce sensible

Les globicéphales subissent des échouages de masse, parfois des dizaines d'animaux d'un coup, dans plusieurs régions du monde. En Méditerranée, ces phénomènes restent rares mais documentés. Les causes ne sont pas entièrement comprises : géomagnétisme local, parasitose collective, perturbations sonores.

L'observation respectueuse contribue à la connaissance des groupes. Photographiez les ailerons (chaque animal a un aileron unique, comme une empreinte) et signalez l'observation à Obsenmer ou au programme Tursiops du GIS3M.

Le programme MIRACETI

Le centre MIRACETI à Bonifacio coordonne plusieurs études sur les cétacés du sanctuaire Pelagos. Si vous croisez un groupe de globicéphales, vos photos peuvent être versées au catalogue de photo-identification. Mail de contact disponible sur le site du centre.

Pour préparer

BoatMap recense les ports du Cap Corse (Macinaggio, Centuri, Saint-Florent) avec leurs distances aux fonds favorables. Utile pour caler une sortie d'observation depuis la pointe nord de la Corse.

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