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Observer les cétacés dans le sanctuaire Pelagos

Saison, espèces, distances réglementaires et bonnes pratiques pour observer les cétacés dans le sanctuaire Pelagos en Méditerranée.

Résumé

Le sanctuaire Pelagos couvre 87 500 km² entre la France, Monaco et l'Italie. C'est l'un des rares espaces protégés en haute mer, et il abrite huit espèces de cétacés. Juin à septembre est la meilleure période d'observation, à condition de respecter une distance de cent mètres et une vitesse réduite.

Ce que recouvre Pelagos

Le sanctuaire Pelagos a été créé en 1999 par un accord tripartite entre la France, Monaco et l'Italie. Il forme un triangle entre la pointe de Toulon, la pointe occidentale de la Sardaigne et l'embouchure du fleuve Chiarone. En tout, près de 90 000 km² d'eaux protégées, c'est-à-dire l'équivalent du Portugal continental posé sur la mer.

Cette zone abrite les plus fortes densités de cétacés de Méditerranée occidentale. Les remontées d'eau froide entre Nice et la Corse créent des fronts thermiques où s'accumule le krill, et le krill nourrit toute la chaîne, du rorqual commun au dauphin bleu et blanc.

Les espèces qu'on peut voir

Huit espèces de cétacés fréquentent le sanctuaire de manière régulière.

Le rorqual commun est le plus grand. Vingt à vingt-deux mètres pour les adultes, c'est la deuxième plus grande baleine au monde. On le voit en surface qui souffle, le souffle est haut et droit, visible à plusieurs milles. Il fréquente surtout le large, par fonds supérieurs à mille mètres.

Le cachalot est le plongeur. Plus petit, treize à seize mètres, il se reconnaît à sa tête massive et à son souffle oblique vers l'avant. Il plonge mille à deux mille mètres pendant quarante minutes pour chasser le calmar géant. Surface entre les plongées : huit à dix minutes, c'est le créneau pour l'observer.

Le globicéphale noir vit en groupes familiaux. Le dauphin de Risso, gris et marbré, fréquente les pentes continentales. Le grand dauphin et le dauphin bleu et blanc sont les plus communs et les plus joueurs : ils viennent souvent à l'étrave.

Plus rarement, on croise le ziphius (baleine à bec de Cuvier) et la baleine à bec de Blainville, deux espèces de plongeurs profonds difficiles à voir.

Quand y aller

La période s'étend de juin à septembre, avec un pic en juillet et août. L'eau est calme, la visibilité bonne, et les rorquals remontent en surface après leur migration depuis le sud de la Méditerranée. En hiver, beaucoup d'espèces descendent vers les eaux marocaines ou tunisiennes ; le sanctuaire est moins peuplé.

Le matin tôt, entre six et dix heures, est le meilleur moment de la journée. Mer plate, peu de vent, peu de bateaux. L'après-midi, la brise thermique forcit et les soufflants deviennent invisibles.

Les zones de meilleure rencontre

Trois secteurs concentrent les observations.

Au large de Nice, sur la pente continentale entre cinq cents et mille cinq cents mètres de fond, les rorquals communs s'alimentent en été.

Entre Toulon et la Corse, le couloir oligotrophe central voit passer cachalots et globicéphales. C'est aussi la route des ferries, soyez vigilants.

Au sud de la Corse, dans le secteur des Bouches de Bonifacio, les grands dauphins sont résidents toute l'année.

Les règles à respecter

Le sanctuaire impose une charte pour l'approche des cétacés. Elle n'est pas qu'une recommandation, c'est devenu réglementaire depuis 2020 dans les eaux françaises.

Distance minimale : cent mètres. C'est la limite à ne pas franchir. À cinquante mètres, vous devez stopper et laisser l'animal partir.

Vitesse maximale : cinq nœuds dans une zone de trois cents mètres autour d'un cétacé. Pas de changement brutal de cap ni d'allure.

Durée d'observation : quinze minutes maximum sur le même groupe. Au-delà, vous le dérangez.

Pas de mise à l'eau, pas de baignade avec les cétacés, pas de poursuite. Si l'animal s'éloigne, ne le suivez pas. S'il vient à vous, coupez le moteur et laissez-le faire.

Le label High Quality Whale Watching

Une vingtaine d'opérateurs sur la côte d'Azur portent le label HQWW, attribué par ACCOBAMS et Pelagos. C'est la garantie d'un encadrement formé, d'un respect strict des distances et d'un partage des observations avec les programmes scientifiques. Si vous embarquez avec un prestataire, vérifiez le logo HQWW sur le bateau.

Signaler une observation

Pelagos collecte les observations via la plateforme Obsenmer et l'application correspondante. Quelques secondes pour saisir l'espèce, la position, le nombre d'individus et un cliché si possible. Ces données nourrissent les modèles de répartition et orientent la protection.

Pour préparer une sortie

BoatMap répertorie les ports d'attache de la côte d'Azur et de Corse, avec les distances aux fonds favorables aux observations. Utile pour caler une sortie cétacés depuis Saint-Mandrier, Nice ou Bonifacio.

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