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Le Titanic et Cherbourg : l'escale historique du 10 avril 1912

Le 10 avril 1912, le Titanic fait escale à Cherbourg. Récit d'une soirée mythique qui a marqué la rade du Cotentin.

Résumé

Le 10 avril 1912, le Titanic mouille en rade de Cherbourg pour embarquer 274 passagers. L'escale dure deux heures. Quatre jours plus tard, le paquebot sombre dans l'Atlantique nord. Cherbourg, son dernier port français, conserve une mémoire émue de cette soirée.

Une journée d'avril 1912

Le mercredi 10 avril 1912, Cherbourg vit une journée d'effervescence. Le Titanic doit faire escale en fin d'après-midi, lors de son voyage inaugural Southampton-New York. Pour la ville, c'est un événement mondain : la presse parisienne a envoyé ses correspondants, les hôtels affichent complet depuis la veille, et le public s'amasse sur la digue dès le déjeuner.

Le paquebot arrive en rade vers 18h30, un peu en retard sur l'horaire prévu. Sa silhouette massive impressionne tous les témoins. À l'époque, c'est le plus grand objet mobile jamais construit par l'homme : 269 mètres de long, 28 mètres de large, près de 53 000 tonnes de jauge brute. Le Cherbourg de 1912 n'a jamais rien vu d'aussi grand.

Le ballet des transbordeurs

Le Titanic est trop grand pour entrer dans le port. Il mouille en rade, à environ deux milles de la digue. Le transbordement des passagers et du courrier est assuré par deux ferries spécialement construits par les chantiers Harland & Wolff pour cet usage : le Nomadic pour les premières et secondes classes, le Traffic pour les troisièmes classes et le fret.

L'opération est organisée militairement. En deux heures, les transbordeurs effectuent plusieurs rotations. 274 passagers embarquent au total à Cherbourg, dont des noms qui resteront dans l'histoire : John Jacob Astor, Margaret Brown, Benjamin Guggenheim. Vingt-quatre passagers de l'aller débarquent. La poste maritime charge 1 385 sacs de courrier.

Le départ

Vers 20h10, le Titanic lève l'ancre. Le ciel est dégagé, la mer calme, le soir est doux pour un avril en Manche. Les témoins rassemblés sur la digue regardent les feux du paquebot s'éloigner vers le nord-ouest, en direction de Queenstown en Irlande, la dernière escale avant l'Atlantique.

Personne, ce soir-là, n'imagine que le Titanic ne reverra plus jamais l'Europe. Quatre jours plus tard, dans la nuit du 14 au 15 avril, le navire heurte un iceberg et coule en deux heures et quarante minutes à l'est de Terre-Neuve. 1 502 personnes périssent. Sur les 274 passagers embarqués à Cherbourg, environ 150 ne reviendront pas.

La mémoire d'une ville

Cherbourg n'oubliera jamais. Dans les décennies qui suivent, la ville s'identifie progressivement comme le dernier port français du Titanic. Le Nomadic, l'un des deux transbordeurs, mène une longue carrière en Manche puis en Méditerranée avant d'être désarmé dans les années 1960. Sauvé in extremis de la démolition en 2006, il est aujourd'hui restauré et exposé à Belfast.

À Cherbourg, c'est la Cité de la Mer, ouverte en 2002 dans l'ancienne gare maritime transatlantique, qui assure la mémoire de l'escale. La grande salle d'embarquement, restaurée à l'identique, est exactement celle où les passagers du Titanic ont attendu leur transbordement. Une exposition permanente détaille la journée du 10 avril 1912 avec des objets, des photos et les témoignages des survivants.

La rade aujourd'hui

La rade de Cherbourg, où le Titanic a mouillé, reste l'une des plus grandes rades artificielles d'Europe. Trois digues, totalisant plus de quatre kilomètres, abritent une zone de mouillage profonde de plusieurs dizaines de mètres. C'est dans cette rade que les paquebots transatlantiques ont fait escale jusqu'aux années 1960, et c'est elle qui accueille aujourd'hui les escales de croisière.

Pour un plaisancier, l'entrée en rade se fait par la passe de l'ouest ou par celle de l'est selon la météo. Les courants y sont importants en vives-eaux, jusqu'à trois nœuds dans les passes. Le port de plaisance Chantereyne, à l'intérieur du port militaire, offre un abri complet et un accès direct au centre-ville.

Sur les traces du paquebot

Pour qui veut suivre l'escale du Titanic, le parcours commence à la Cité de la Mer, dans la gare maritime restaurée. Il continue par une promenade sur la digue de l'ouest, d'où l'on devine encore l'emplacement de mouillage du paquebot. Le musée de la Glacerie présente quelques objets liés à l'escale, et la chapelle des Marins de Cherbourg comporte une plaque dédiée aux victimes embarquées le 10 avril.

La date du 10 avril est devenue un rendez-vous annuel pour les passionnés. Conférences, projections et visites guidées rythment la semaine, avec un point culminant lors des années anniversaires majeures comme 2012 ou 2022.

La descente vers Cherbourg depuis Saint-Vaast ou Barfleur, ou la remontée depuis le Cotentin ouest, demande une bonne lecture des courants du Raz Blanchard et de la pointe de Barfleur. La rade reste un excellent abri par tous les temps, mais l'approche par mauvaise météo demande de l'attention.

Préparer une escale à Cherbourg, c'est croiser horaires de marée, météo dominante et points de visite à terre. Sur BoatMap, la fiche du port et les itinéraires côtiers du Cotentin nord regroupent ces repères, partagés par les plaisanciers qui en reviennent.

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