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Monter soi-même un taud de soleil de cockpit

Procédure pour fabriquer un taud de cockpit : prise de patron, choix du tissu, couture et pose des oeillets.

Résumé

Fabriquer son taud de cockpit demande un bon patron en kraft, du tissu Sunbrella ou équivalent, une machine à coudre robuste et 12 à 20 heures de travail. Coût total entre 200 et 450 euros, contre 800 à 1 500 euros chez un sellier.

Pourquoi le faire soi-même

Un taud de soleil de cockpit chez un sellier marin coûte facilement 800 à 1 500 euros pour un voilier de 35 à 40 pieds. C'est cher, surtout quand on regarde la simplicité technique du produit fini. Avec un peu de méthode, une machine à coudre solide et de la patience, on s'en sort pour le tiers du prix.

Le résultat n'égale pas la finition d'un atelier professionnel, mais reste largement satisfaisant pour un usage plaisancier. Certains plaisanciers se découvrent même une vocation et finissent par fabriquer plusieurs accessoires : sacs de voile, housses de winch, capote de descente.

Le matériel principal, c'est une machine à coudre capable de traverser des épaisseurs lourdes. Une machine domestique standard ne suffit pas. Il faut soit une machine semi-professionnelle type Pfaff Hobby ou Singer Heavy Duty, soit louer une machine industrielle pour le week-end auprès d'un atelier.

Étape un : prise de patron

Le patron est l'élément critique. Un bon patron donne un taud bien ajusté, un mauvais patron donne un produit fini bancal qui ne fermera pas correctement.

Utiliser du papier kraft ou du film polyane épais. Le kraft est plus pratique pour tracer, le polyane résiste mieux à un peu d'humidité. Étaler la matière sur le cockpit, en la maintenant avec des poids ou du ruban de masquage.

Marquer au feutre indélébile la position des arceaux du bimini si le taud passe par-dessus, les emplacements des winchs, des chandeliers, des taquets. Ces points fixes deviendront les zones d'oeillets ou de fentes.

Tracer le contour exact du taud, en prenant en compte les retombées sur les côtés du cockpit. Pour un taud qui descend jusqu'au pont, ajouter 30 à 50 centimètres de retombée verticale.

Découper le patron, le remettre en place sur le bateau, et vérifier l'ajustement. Corriger les zones mal coupées. Ce travail de patron prend généralement 3 à 5 heures, à faire en deux séances pour bien valider la précision.

Étape deux : choix du tissu

Le standard incontournable est le Sunbrella Marine. Disponible en de nombreuses couleurs, traité contre les UV, l'eau et les moisissures, garanti 5 à 10 ans selon la coloration. Largeur 152 centimètres standard. Prix 30 à 45 euros le mètre linéaire en achat direct chez un revendeur professionnel.

Pour un budget plus serré, des tissus comme l'Ottersail ou le Texsol offrent des performances proches à des prix réduits, autour de 20 à 30 euros le mètre. Durée de vie un peu plus courte, 3 à 5 ans.

Calculer la quantité nécessaire en ajoutant 20 % de marge pour les coutures, ourlets et erreurs éventuelles. Un taud de cockpit type pour voilier 35 pieds demande 6 à 9 mètres de tissu en largeur 152.

Pour les renforts et les bordures, prévoir aussi du fil polyester ciré épais, du Velcro marine, des sangles polyester de 25 millimètres pour les fixations latérales, et des oeillets en laiton ou inox.

Étape trois : coupe et préparation

Reporter le patron sur le tissu en laissant 2 centimètres de marge sur tout le pourtour pour les ourlets. Découper aux ciseaux à tissu de qualité, en suivant précisément les lignes. Marquer les emplacements des oeillets et des fentes au feutre indélébile.

Si le taud nécessite plusieurs lés cousus ensemble pour atteindre la largeur, prévoir des recouvrements de 4 à 5 centimètres entre lés. Les coutures doivent être dans le sens de l'écoulement de l'eau pour que la pluie ne s'infiltre pas.

Brûler très légèrement les bords coupés au briquet pour fixer les fibres et éviter qu'elles ne s'effilochent à la couture. Cette finition est typique des tissus marines synthétiques.

Étape quatre : couture

La couture des panneaux entre eux se fait en double couture parallèle, à 1 et 1,5 centimètres du bord. Le pas de couture est de 4 à 5 millimètres, ce qui assure une bonne tenue sans perforer excessivement le tissu. Fil polyester ciré marine, idéalement de couleur identique au tissu pour rester discret.

L'ourlet périphérique se fait par double pli rentré, soit deux fois 1 centimètre, ce qui rentre la coupe brute à l'intérieur et donne une finition propre. Cette opération est la plus longue, comptez 2 à 3 heures pour le pourtour complet.

Aux zones de tension, comme les coins ou les passages d'arceau, doubler le tissu sur 10 à 15 centimètres avant ourlet pour répartir l'effort. Une couture en croix sur le doublage répartit encore mieux la traction.

Étape cinq : oeillets et fixations

Les oeillets se posent à la presse à oeillets, soit avec un kit professionnel, soit avec une simple presse à main pour oeillets de 8 à 10 millimètres.

Marquer chaque emplacement, percer le tissu au foret de 10 millimètres ou poinçon, poser l'oeillet inox ou laiton avec sa contre-bague, et serrer fortement à la presse.

Pour les fixations, deux options principales. Les sangles avec boucles de réglage, qui s'attachent autour des chandeliers et permettent de tendre le taud. Les attaches Velcro, plus rapides à mettre en place mais moins durables, qui s'enroulent autour des points fixes et collent sur eux-mêmes.

Combiner les deux donne souvent le meilleur résultat. Sangles aux quatre coins pour le maintien général, Velcro sur les bords pour ajuster la tension partout.

Étape six : essai et ajustements

Le premier essai à bord révèle les défauts. Zones mal tendues qui flottent au vent, longueurs trop courtes ou trop longues, oeillets mal placés. Notez tout ce qui doit être corrigé sans démonter, puis faites une session de retouches en atelier.

Les ajustements typiques sont la pose d'oeillets supplémentaires pour répartir mieux la tension, le doublage de coutures un peu lâches, l'ajout de doublures dans les zones qui frottent contre les arceaux.

Entretien et durée de vie

Un taud bien fait dure 5 à 8 ans en usage saisonnier, plus si l'on prend soin de le ranger dès qu'il pleut beaucoup ou que le vent forcit. Lavage annuel à l'eau douce et savon de Marseille pour entretenir l'imperméabilité du Sunbrella. Retraitement déperlant tous les 2 ou 3 ans avec un produit spécifique tissu marine.

Stocker plié sec en hiver, dans un sac aéré, pour éviter les moisissures qui marquent durablement le tissu.

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