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Mettre le mât debout sur un voilier au sec

Procédure pour mâter un voilier de croisière en cale sèche, étais provisoires, grue ou mât de levage, alignement et sécurisation avant tension du gréement.

Résumé

Mettre un mât debout en cale sèche se prépare une journée à l'avance. Étais provisoires, grue de chantier ou mât de levage, balourd équilibré, équipe de trois personnes minimum. La phase critique dure dix minutes mais conditionne la saison.

La règle du silence

Mâter un voilier ne se fait pas en bavardant. Avant de lancer la manoeuvre, distribuez les rôles, convenez du vocabulaire (haut, bas, droite, gauche, stop), désignez un seul chef de manoeuvre. Toute confusion à ce moment se paie cher.

Trois personnes minimum : le grutier ou opérateur de la grue de chantier, un guide en pied de mât, un observateur sur le pont qui vérifie alignement et passages des câbles.

Préparation du mât à terre

Posez le mât sur tréteaux espacés au tiers de chaque extrémité. Réveillez chaque sortie : sorties de drisse, sorties de feux, vit-de-mulet, racks de winch.

Inspectez visuellement avant montage. Une fois en l'air, vous ne reviendrez pas dessus avant des mois. C'est le moment d'inspecter le gréement dormant en détail, de remplacer une drisse fatiguée, de vérifier l'éclairage de tête.

Préparez les drisses : engagez chacune dans son réa, nouez l'extrémité libre avec un nœud accessoire pour qu'elle ne se rétracte pas dans le mât pendant le levage.

Posez les câbles de gréement le long du mât, attachés mollement avec des liens biodégradables ou bandes velcro pour qu'ils ne pendouillent pas. Trop attachés, ils gênent le décrochage en pied de mât.

Étais provisoires

Sur la coque, en cale sèche, mettez en place les deux étais provisoires : généralement deux palans ou deux drisses tendues, qu'on attache à l'avant et à l'arrière du bateau, et qui prendront en charge la tenue du mât pendant les minutes où le gréement définitif sera mou.

Sans étais provisoires, le mât tombe au moindre coup de vent ou au moindre choc d'élingue. C'est l'oubli le plus fréquent et le plus dramatique.

Pied de mât et étambrai

Vérifiez l'état du pied de mât (étambrai d'embase) et de la cale élastomère qui le centre dans la coque. Si la cale est écrasée ou fendue, remplacez avant le montage.

Préparez le passage des câbles électriques par l'étambrai : feux, antenne, anémomètre, éclairage. Tirez un nylon de fil de fer dans le passage, prêt à être tiré au moment où le mât descend.

La grue ou le mât de levage

En chantier équipé, la grue mobile ou la grue fixe fait le travail. L'élingue passe au point de levage du mât (souvent au niveau de la barre de flèche supérieure ou par un sangle dédiée), équilibrée pour que le mât pende légèrement vertical.

Sans grue, on utilise un mât de levage (gin pole) ou un treuil articulé. Cette technique demande de l'expérience et n'est pas recommandée pour un premier matage.

Vérifiez la capacité du levage : un mât de croisière 35 pieds pèse 80 à 120 kg, plus drisses, gréement, accessoires. Restez sous la capacité nominale de la grue.

Levage et présentation

Soulevez doucement, en restant proche du sol jusqu'à ce que le mât prenne l'aplomb. À l'aplomb, le mât doit pendre exactement vertical, sans inclinaison. Si la tête bascule, c'est que l'élingue n'est pas au point d'équilibre, redescendez et corrigez.

Approchez le pied de mât de l'étambrai. C'est le moment du guide : il aligne, dirige, oriente, et fait passer les câbles électriques par le pied. Pendant ce temps, l'observateur en pont vérifie que rien ne se coince, que les câbles de gréement glissent librement.

Posez le pied de mât dans son embase. Calez avec la cale élastomère ou les chocs de bois selon la technique du chantier.

Mise en tension provisoire

Avant de lâcher l'élingue, accrochez les étais et bas-haubans en main, manille manuelle au ridoir, à raison d'un tour minimum. Cela suffit à tenir le mât en position avec un peu de marge.

Tendez les étais provisoires si besoin. Vérifiez l'aplomb du mât en regardant depuis l'avant et depuis le côté : il doit être parfaitement vertical en transversal, et avec une légère quête arrière en longitudinal (à régler plus tard).

L'élingue de grue peut alors être relâchée. Le grutier reste sur place encore cinq minutes, le temps de constater que tout tient.

Remontage final du gréement

Une fois la grue partie, montez les ridoirs en serrage main puis demi-clé, sans tension forte. Goupillez chaque ridoir avec son frein de filetage (fil mou plié et collé en U).

Vérifiez l'aplomb du mât avec un fil à plomb depuis la tête de mât (ou avec une drisse lestée). Si le mât n'est pas droit, jouez sur les ridoirs des bas-haubans pour le redresser.

Tendez progressivement, en plusieurs passes : d'abord à 10 % de la tension cible, puis 20 %, puis 30 %. Une tension brutale d'un côté gauchit le mât.

Le réglage final de tension se fera en navigation, à des allures différentes, par observation de la flèche du mât et de la tension du gréement sous voiles.

Mise à l'eau

Avant la mise à l'eau, vérifiez : feux qui fonctionnent, antenne branchée, drisses retournées en pied avec marquage, vit-de-mulet huilé. Une fois à l'eau, vérifiez à nouveau le ballant du mât en mouvement.

Pour suivre les opérations de matage et démâtage saison par saison, BoatMap intègre un journal de bord d'entretien.

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