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Le maquereau commun : biologie, habitat, saisons

Fiche maquereau (Scomber scombrus) : scombridé pélagique migrateur, bancs d'été, taille 25-45 cm, pêche aux plumes (mitraillette) facile et productive.

Scomber scombrus, le maquereau commun, est un scombridé pélagique présent de l'Islande à la Mauritanie et en Méditerranée occidentale. Taille commune 25 à 35 cm, maximum 50 cm pour 1,5 kg (source : Ifremer, fiches espèces). Espèce migratrice qui remonte vers les côtes européennes d'avril à octobre en bancs denses de plusieurs milliers d'individus. Pas de taille mini plaisance en France, quota global de 10 prises par pêcheur et par jour.

Description et identification

Le maquereau est un des poissons les plus reconnaissables de nos côtes. Corps fusiforme lisse, presque parfaitement hydrodynamique, dos bleu-vert métallique barré de rayures ondulées noires sur le dos et le haut des flancs, ventre argenté sans taches. Pas d'écailles visibles sur les flancs à l'œil nu (elles sont très fines). Deux nageoires dorsales bien séparées, suivies de 5 pinnules (petites nageoires secondaires) entre la seconde dorsale et la queue, caractère typique de la famille des Scombridae.

À ne pas confondre avec deux cousins fréquents sur nos côtes. Le chinchard (Trachurus trachurus), qui a une ligne latérale très marquée avec des écussons osseux et pas de rayures ondulées. Le maquereau espagnol (Scomber colias), plus fréquent en Méditerranée, qui a un ventre tacheté de points noirs, absents chez le maquereau commun.

Taille adulte moyenne capturée à la mitraillette : 28 à 35 cm pour 200 à 400 g. Les gros spécimens de 45 cm et plus se capturent plus rarement, surtout sur les bancs de géniteurs en route vers les zones de ponte.

Habitat

Le maquereau est un pélagique vrai. Il vit en pleine eau, de la surface jusqu'à 200 m de profondeur, loin des fonds sauf en fin de saison quand les bancs se concentrent sur les cassures de plateau. Trois habitats saisonniers structurent sa vie.

Au large, entre 100 et 250 m de fond, de novembre à mars. Les adultes hivernent sur les pentes du plateau continental (zone CIEM VIb-VIIc-VIIk pour les stocks atlantiques), peu actifs, métabolisme ralenti.

À la côte, entre 0 et 80 m, d'avril à octobre. C'est la période visible pour le plaisancier. Les bancs s'approchent à quelques milles des côtes bretonnes, normandes, basques et méditerranéennes pour se nourrir. On les repère en surface aux chasses : éclaboussures, oiseaux (fous de Bassan, sternes, goélands) qui plongent en cascade.

Sur les zones de ponte, entre avril et juin, à 20 à 80 m de fond dans des eaux à 10-14 °C. Ponte pélagique : les œufs flottent et dérivent avec les courants. Une femelle de 30 cm pond environ 500 000 œufs par saison (source : ICES stock assessment).

Saisonnalité

La saison de pêche du maquereau en plaisance est concentrée sur six mois, d'avril à octobre, avec deux pics nets.

Pic de printemps, de fin avril à juin : les bancs post-hivernage arrivent sur les côtes atlantiques et manchoises pour se nourrir après le frai. Poissons affamés, prises faciles aux plumes. C'est la meilleure saison pour initier un enfant à la pêche en mer : 20 à 40 prises par sortie ne sont pas rares en Bretagne Nord en mai.

Pic d'été, de juillet à septembre : bancs plus denses, en pleine chasse sur les sprats et les anchois. Chasses visibles matin et soir, accompagnées d'oiseaux. Les bars suivent souvent les bancs de maquereaux et on en capture régulièrement en parallèle.

En Méditerranée, la saison s'étire plus mais les densités sont bien plus faibles. Les bancs restent souvent plus au large, on les capture surtout sur les tombants de 40 à 100 m entre juin et octobre.

Alimentation

Le maquereau est un filtreur-chasseur opportuniste. Les jeunes (moins de 20 cm) filtrent le zooplancton avec leurs branchiospines très serrées : copépodes, krill, larves de crustacés. Les adultes passent en mode chasse active et deviennent piscivores : sprats, sardines juvéniles, anchois, lançons, tout petit poisson argenté qui brille dans la colonne d'eau. Ils chassent en groupe, cernant les bancs de proies depuis le dessous pour les pousser vers la surface, où les oiseaux s'en mêlent.

Cette stratégie de chasse en groupe explique pourquoi la mitraillette à plumes est si efficace : le maquereau voit 5 petits leurres argentés qui montent en file, il ne réfléchit pas, il attaque. Souvent on remonte 3 poissons sur 5 plumes en une seule descente.

Conservation

Le stock nord-est atlantique de maquereau est exploité de façon intensive depuis les années 1970. Le CIEM évalue chaque année la biomasse et recommande un TAC (total admissible de captures). En 2024, le stock est classé « dans la limite biologique de sécurité » pour la première fois depuis plusieurs années, après une période de surpêche liée à un désaccord entre l'UE, la Norvège, l'Islande et les Féroé sur la répartition des quotas (source : avis CIEM juin 2024).

Pas de pression particulière venant de la pêche de loisir : les volumes plaisanciers restent marginaux à l'échelle des millions de tonnes capturées en pro. Relâcher les petits (moins de 20 cm) reste une bonne pratique, puisqu'ils n'ont pas encore pondu.

Taille mini et réglementation

Pas de taille minimale de capture pour le maquereau en pêche de loisir en France. Quota plaisance global de 10 prises par pêcheur et par jour, toutes espèces confondues (arrêté du 17 mai 2011). Marquage obligatoire dès la capture par ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale, comme pour toutes les espèces soumises.

Au niveau professionnel, une taille mini de 20 cm s'applique en zone CIEM III-IV-V-VI-VII-VIII (règlement UE 2019/1241). Elle ne concerne pas le pêcheur de plaisance mais donne un repère de bon sens : en dessous de 20 cm, on relâche.

Pour un comparatif avec un autre pélagique côtier à saison courte, voir les spots de pêche au maquereau à Saint-Malo par Kévin.

Pêche associée

La mitraillette, ou train de plumes, reste la technique de référence. Bas de ligne de 1.5 à 2 m avec 4 à 6 empiles de plumes ou de skinny shads argentés, plombé par une cuillère de 30 à 60 g en bout de ligne. Animation simple : descente à fond, remontée lente en dandine sur 3 à 5 m, répétition jusqu'à la touche.

Les trois règles qui comptent : repérer les oiseaux avant tout (les fous de Bassan qui plongent sont un indicateur imbattable), ajuster la profondeur (les bancs sont souvent entre 10 et 30 m sous la surface, rarement au fond), et ne pas trop remonter après la touche (si tu ralentis la remontée, tu ferres souvent un second poisson).

Alternative : le leurre de surface (stickbait, popper) sur chasses visibles en été. Spectaculaire mais moins rentable qu'une bonne mitraillette. La pêche au jig léger (20 à 40 g) fonctionne également quand les bancs sont moins actifs, en fin de marée ou par eau calme.

Matériel minimaliste : une canne spinning 2.40 m puissance 20 à 60 g, un moulinet 4000 en tresse PE 0.8 à 1.2, c'est largement suffisant. Pas besoin d'y mettre plus de 80 euros de ligne. Pour un pêcheur débutant, c'est la meilleure école.

Les bancs de maquereaux en chasse sont éphémères (parfois 10 minutes à un endroit, puis plus rien). Enregistrer les positions d'où on a vu les oiseaux plonger sur BoatMap permet de retrouver les mêmes zones d'un jour à l'autre ou d'une saison à l'autre.

Sources

  • Ifremer, fiche Scomber scombrus : https://peche.ifremer.fr/Ressources/Especes
  • CIEM, avis stock Mackerel (combined) Northeast Atlantic, juin 2024
  • DORIS-FFESSM, fiche Scomber scombrus
  • Arrêté du 17 mai 2011 relatif à la pêche maritime de loisir
  • Règlement UE 2019/1241 (tailles minimales professionnelles)

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