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Iridium GO vs Garmin inReach en plaisance

Comparatif terrain entre Iridium GO et Garmin inReach pour la communication satellite en plaisance hauturière et côtière éloignée.

Résumé

L'Iridium GO offre une vraie connectivité data avec smartphone, idéale pour les GRIB et les e-mails en transat. L'inReach mise sur la simplicité, le SOS et les SMS courts à un prix très inférieur. Le choix dépend du programme de navigation et du volume de messages.

J'ai longtemps hésité avant de basculer sur l'Iridium GO. Mon vieux Mini 2 m'avait sauvé la mise deux fois en croisière le long du golfe de Gascogne, et l'idée de tout changer pour un boîtier deux fois plus cher me chiffonnait. Puis j'ai préparé une traversée vers les Açores, et la question est devenue concrète : envoyer des fichiers GRIB en mer, ce n'est pas pareil que prévenir la maison qu'on va bien.

Ce que fait l'Iridium GO, vraiment

Le boîtier d'Iridium ouvre une bulle Wi-Fi à bord. Tu connectes ton téléphone ou ta tablette dessus, et tu utilises les apps dédiées : XGate pour les e-mails compressés, PredictWind Offshore pour le routage, Iridium Mail. Le débit est ridicule, autour de 2,4 kbps, mais c'est suffisant pour aspirer un GRIB compressé de 30 ko ou récupérer un mail texte. Tu ne regardes pas YouTube, tu reçois ce dont tu as besoin pour décider de ta route.

L'antenne extérieure se monte sur balcon ou hiloire, le câble fait 5 ou 10 mètres selon le kit. La consommation est correcte, autour de 200 mA en veille, davantage en transmission. Sur batterie 12V avec un peu de solaire, ça passe sans souci.

Ce que fait l'inReach, et bien

Le Garmin inReach est un autre monde. Pas de connectivité data au sens classique, pas de GRIB téléchargeables. En revanche, des SMS courts illimités via l'app Earthmate ou Messenger, du tracking automatique tous les 10 minutes, et surtout le bouton SOS qui contacte le centre d'intervention international Garmin Response. Le prix d'achat tourne autour de 350 à 450 euros pour le Mini 2, contre 1000 à 1300 pour le boîtier Iridium GO seul.

Côté abonnement, l'inReach démarre à environ 15 euros par mois en formule basique, avec possibilité de geler le service pendant l'hiver. L'Iridium GO commence plutôt à 130 euros par mois pour un forfait offshore correct.

Cas d'usage qui tranchent

Tu navigues à la journée, en croisière côtière sur les côtes françaises ou autour des Baléares. Le réseau cellulaire couvre quasiment tout, parfois mal, mais il couvre. L'inReach Mini 2 sert de filet de sécurité en cas de coup dur, et ses SMS quotidiens à la famille suffisent. Verdict : inReach.

Tu prépares une traversée transatlantique ou un programme hauturier régulier. Tu veux télécharger plusieurs GRIB par jour, suivre une dépression à venir, recevoir les conseils d'un routeur. L'Iridium GO devient indispensable, parce qu'un SMS de 160 caractères ne te dit pas où passe la rotation du vent dans 72 heures. Verdict : Iridium GO.

Tu fais beaucoup de régate offshore type Fastnet ou Middle Sea Race. Là, c'est plus subtil. Certaines courses imposent un système qui peut recevoir des appels et des données : l'Iridium GO est cohérent. D'autres se contentent d'un tracker et d'un moyen d'alerter les secours, et l'inReach fait l'affaire.

Les défauts qu'on découvre à l'usage

L'Iridium GO met du temps à se connecter, parfois deux ou trois minutes pour accrocher des satellites. Tu apprends à lancer la session avant d'en avoir besoin. Sa version originale est lente, la version GO Exec va plus vite mais coûte le double. Les forfaits sont engageants : 12 mois minimum, et tu paies même si tu ne navigues pas.

L'inReach est moins coupable, mais le clavier virtuel sur le Mini 2 est franchement pénible. La plupart des utilisateurs passent par l'app sur smartphone, ce qui suppose d'avoir une batterie de téléphone disponible. Le SOS Garmin Response est sérieux mais en français il faut parfois insister, l'opérateur de garde n'est pas toujours francophone.

Mon arbitrage

J'ai gardé l'inReach Mini 2 pour le rôle qui lui correspond : balise SOS portable, dans la veste de quart, sur un sac étanche en annexe, ou en rando à terre. Et j'ai ajouté un Iridium GO pour les programmes au large. Les deux ne se concurrencent pas vraiment, ils se complètent. Ce n'est pas l'option la plus économique, mais c'est cohérent avec un programme qui mélange croisière côtière et traversées plus longues.

Si tu dois en choisir un seul et que ton programme reste à moins de 30 milles d'une côte couverte, l'inReach est le bon achat. Si tu pars vraiment au large, l'Iridium GO est le seul outil qui te rendra autonome sur la décision météo.

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