Résumé
Day-cruiser de 8,27 m hors-tout (longueur de coque 7,97 m) lancé par Bénéteau en 2020, élu Powerboat of the Year 2021 dans la catégorie jusqu'à 10 mètres. Décliné en deux versions : SUNdeck (pont avant solarium, cabine avec deux couchettes doubles) et SPACEdeck (cockpit ouvert plus vaste). Motorisation standard : 2 hors-bord Suzuki de 200 ou 250 ch, vitesse de pointe 40 nœuds, consommation 125 l/h à 35 nœuds. Neuf 2026 de 113 000 à 183 000 euros TTC selon motorisation, occasion 2021-2023 entre 95 000 et 130 000 euros.
Un format de 9 mètres qui a trouvé son public
La gamme Flyer tourne chez Bénéteau depuis plus de vingt ans, mais le Flyer 9 a changé quelque chose. Présenté en juillet 2020 en pleine période Covid, il arrive au moment où les acheteurs veulent un bateau qui couvre la journée en famille ET le week-end à deux au mouillage. Les deux versions SUNdeck et SPACEdeck répondent à cet arbitrage sans compromis : même carène, même motorisation, deux philosophies de pont.
La version qui se vend le plus en France reste le SUNdeck, pour une raison simple : la cabine avec ses deux couchettes doubles (une à l'avant, une sous le poste de barre) permet de dormir deux couples une fois arrivé à Porquerolles ou aux Embiez. Le SPACEdeck privilégie l'espace cockpit, sans cabine fermée à l'avant. Il séduit plutôt les plaisanciers qui sortent à la journée avec 8 à 10 personnes à bord et rentrent dormir à terre.
En 2026, avec six ans de recul sur les premiers modèles, on commence à avoir une vision claire des points forts et des petits défauts qui ressortent après quelques saisons.
Fiche technique détaillée
Les cotes officielles publiées par Bénéteau et reprises par les concessionnaires du réseau (Youboat, La Baule Nautic, Propriano Marine Plaisance) :
- Longueur hors-tout : 8,27 m
- Longueur de coque : 7,97 m
- Largeur : 2,97 m
- Tirant d'eau : 0,65 m moteurs relevés
- Déplacement lège : 2 500 kg
- Capacité carburant : 400 litres
- Capacité eau douce : 100 litres
- Catégorie CE : B (jusqu'à 10 personnes, vent force 8, vagues 4 m)
- Puissance maxi homologuée : 2 x 250 ch hors-bord
- Architecte : Bénéteau Powerboats Studio
Le Flyer 9 est homologué catégorie B, ce qui le rend acceptable pour la Méditerranée et la façade atlantique par temps correct. À ne pas confondre avec une catégorie A : au-delà de force 6 établie, on rentre au port. Pour un day-cruiser, c'est cohérent. Personne n'achète un Flyer 9 pour traverser le Golfe de Gascogne.
Les 400 litres de réservoir donnent une autonomie sérieuse. À 35 nœuds de croisière avec 125 l/h de consommation cumulée des deux moteurs, on tient environ 3 heures 10 à plein régime (source : essai Toprik du Flyer 9 SUNdeck). En navigation plus économe à 22 nœuds, on dépasse les 5 heures tranquille. De quoi faire Cannes-Saint-Tropez aller-retour sans stresser pour la jauge.
Air Step, ce que fait vraiment cette carène
L'argument technique central du Flyer 9, c'est sa carène Air Step 2. C'est un brevet Bénéteau introduit il y a plus de quinze ans sur les bateaux jusqu'à 50 pieds, et déployé sur toute la gamme Flyer depuis le milieu des années 2010.
Le principe : deux prises d'air latérales injectent de l'air sous la coque via un redan en forme de flèche, puis l'air se répartit le long de redans longitudinaux à l'arrière. Résultat : une couche d'air entre l'eau et la coque qui réduit le frottement. En pratique, ça se traduit par trois effets mesurables :
- Mise au planing rapide : 4,2 secondes sur le Flyer 9 SUNdeck, 4,6 secondes pour passer 20 nœuds (source : essai Toprik). C'est du niveau d'un semi-rigide alors qu'on parle d'un bateau de 2,5 tonnes.
- Consommation plus basse à vitesse de croisière : Bénéteau annonce environ 10 à 15 % d'économie par rapport à une carène V classique de même longueur. C'est cohérent avec les essais publiés en presse spécialisée.
- Tenue de mer plus confortable : dans une vague courte de 30 à 50 cm, la coucher d'air amortit les chocs. Ce n'est pas magique, vous sentez toujours la mer, mais le bateau tape moins dur.
Mon avis après avoir discuté avec deux propriétaires basés à Cavalaire et Saint-Raphaël : la carène Air Step tient ses promesses sur mer moyennement formée. Elle perd un peu de son intérêt dans une mer longue, où c'est surtout la longueur de coque et le V d'étrave qui comptent. À 9 mètres, on n'a pas l'inertie d'un Flyer 10 ou d'un Antarès 12. Le bateau reste vif, parfois un peu trop pour les passagers peu habitués.
Un détail qui compte : la carène Air Step est plus sensible à la répartition des charges qu'une carène classique. Avec 6 personnes en place avant au mouillage, puis redécollage, il faut bien équilibrer le bateau pour retrouver la coucher d'air. Les propriétaires habitués le savent, les locataires d'un jour galèrent souvent au premier plan.
Motorisations : le standard et les variantes
La puissance maxi homologuée est de 500 ch cumulés, soit 2 x 250 ch. Trois configurations reviennent sur les annonces :
2 x 200 ch Suzuki (DF200APX ou équivalent Mercury/Yamaha) : la motorisation d'entrée. Consommation annoncée autour de 75 à 90 l/h en croisière à 25 nœuds, vitesse maxi environ 35 nœuds. Budget moteurs neufs : 40 000 à 45 000 euros TTC l'ensemble. Suffisant pour un usage familial sans passagers en trop.
2 x 250 ch Suzuki DF250APX : la configuration la plus répandue, c'est celle testée dans la majorité des essais presse. Vitesse de pointe 40 nœuds, consommation 125 l/h à 35 nœuds, 157 l/h à 40 nœuds (source : essai Toprik). Budget : 50 000 à 55 000 euros TTC l'ensemble.
Mercury Verado 300 ou Yamaha XTO 300 : quelques modèles Grand Prix et certaines configurations américaines poussent à 2 x 300 ch. On gagne quelques nœuds en pointe mais rien sur la croisière. Surcoût environ 15 000 euros pour un intérêt limité en usage méditerranéen.
Pour un Flyer 9, je ne comprends pas l'hésitation. Le 2 x 250 Suzuki est le choix évident : c'est celui qui a été benchmarké par Bénéteau à la conception, celui qui assure la meilleure revente, et celui qui équipe la plupart des bateaux de location (ce qui a son importance quand vous cherchez des pièces détachées dans un port italien un dimanche d'août).
Les Suzuki DF250 ont une réputation solide de fiabilité et consomment moins que les Yamaha de puissance équivalente (source : retours comparatifs publiés sur Youboat et Figaro Nautisme). Yamaha a une meilleure implantation réseau sur la côte atlantique et dans les Balkans. Mercury reste le choix américain par défaut.
Day-cruiser ou vraie maison flottante : ce que la version SUNdeck change
La cabine du Flyer 9 SUNdeck mérite qu'on s'y arrête parce que c'est l'argument qui fait basculer l'achat pour beaucoup de plaisanciers.
À l'avant, une couchette double en V, hauteur sous barrot correcte pour dormir assis mais pas pour se changer debout. Sous le poste de barre, une deuxième couchette double transversale, moins haute mais acceptable. Entre les deux, un bloc cuisine minimal (évier, plaque 2 feux au gaz en option, réfrigérateur de 40 litres), et une salle d'eau séparée avec WC marin électrique et douchette.
Concrètement, vous pouvez :
- Partir à deux couples un week-end, chacun son couchage, dormir correctement au mouillage.
- Faire une escale de 3 jours en naviguant de mouillage en mouillage (Porquerolles, Port-Cros, Cavalaire), en dînant à bord et dormant à l'ancre.
- Passer une nuit à quai en dépannage si vous rentrez tard au port.
Ce que vous ne pouvez PAS faire confortablement :
- Vivre à quatre une semaine complète (pas de rangement pour les affaires de quatre personnes, salle d'eau minuscule, pas de cloison phonique sérieuse entre les deux cabines).
- Cuisiner vraiment : le bloc cuisine est un dépannage, pas un galley de croisière.
- Naviguer par mer agitée à deux couples. À 2 500 kg, le bateau tape plus qu'un 10 mètres déplacement normal, les nuits sont bruyantes au mouillage.
La version SPACEdeck n'a pas de cabine avant, juste un rangement sous la plage. Elle gagne en surface cockpit, ce qui la rend idéale pour 8 à 10 convives à table (l'aménagement intérieur est centré sur une grande dinette arrière). C'est la version à privilégier si vous rentrez chaque soir au port.
Occasion 2026 : la vraie fourchette
Les premiers Flyer 9 sont arrivés sur le marché de l'occasion à partir de 2021. Début 2026, voici ce qu'on trouve réellement sur Annonces du Bateau, Band of Boats et YachtWorld :
- Modèles 2021-2022, 2 x 250 Suzuki, 200 à 400 heures : entre 85 000 et 110 000 euros TTC selon état et équipement. Des bateaux qui ont généralement servi en location ou en usage privé Côte d'Azur.
- Modèles 2023-2024, même motorisation, 100 à 250 heures : 115 000 à 140 000 euros TTC. Plus rares en annonce privée, souvent des bateaux de démonstration ou de reprise concession.
- Modèles 2024-2025 quasi neufs, garantie active : 150 000 à 175 000 euros TTC. On touche le prix neuf.
Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter en occasion :
Les heures moteur. Un Suzuki DF250 tient tranquillement 3 000 heures entretenu. Mais en dessous de 500 heures sur un modèle de 4 ans, le bateau a très peu servi, ce qui peut cacher des problèmes d'étanchéité ou d'électricité dormante. Au-delà de 800 heures, il faut un carnet d'entretien impeccable chez concessionnaire agréé.
La coque Air Step. Les prises d'air latérales doivent être parfaitement propres. En usage intensif, on trouve parfois des micro-chocs sur les redans longitudinaux, causés par des débris. Inspection sous la coque obligatoire, à sec.
Les passavants. Le SUNdeck a un passavant asymétrique (large à bâbord, helm décalé à tribord). Sur les modèles 2021-2022, quelques propriétaires ont remonté des craquements dans la structure fibre au niveau de la marche arrière. Rien de grave, mais à surveiller.
L'électronique. Les écrans Simrad NSS9 évo3 d'origine sur les premiers millésimes commencent à montrer leur âge. Comptez 3 000 à 5 000 euros de mise à niveau si vous voulez passer sur un NSS12 EVO4 ou un Garmin GPSMAP 12 pouces.
Les platines arrière. Le Flyer 9 a deux plages de bain intégrées au tableau arrière, autour des moteurs. Les charnières inox et les garnitures teck souffrent du sel. Vérifiez la mobilité de la plate-forme de bain.
Un Flyer 9 SUNdeck 2022 avec 2 x 250 Suzuki, 300 heures, bimini neuf, sondeur Simrad, proposé à 98 000 euros HT à Golfe-Juan en mars 2026, c'est le bon équilibre marché. Au-dessous de 90 000 euros sur cette génération, il faut un argument (heures élevées, moteurs à remplacer, coque malmenée).
Pour les acheteurs qui hésitent encore entre une motorisation hors-bord et une motorisation inboard, je recommande mon comparatif sur la technique d'ancrage en plaisance qui explique comment la motorisation influence le choix du mouillage et la manœuvre au port.
Comparaison rapide avec le reste de la gamme
La gamme Flyer 2026 couvre du 6 au 10 mètres. Pour situer le 9 dans l'offre :
Le Flyer 8 Sundeck / Spacedeck (7,54 m de coque) est le petit frère direct, avec la même philosophie mais un format plus accessible en port (place de 8 mètres plus facile à trouver) et en motorisation (2 x 150 ou 2 x 200 ch suffisent). Son budget occasion tourne entre 60 000 et 85 000 euros sur la même génération.
Le Flyer 7 Sundeck (7,10 m de coque) est le premier prix cabine de la gamme, avec un mono-moteur ou un 2 x 115 ch. Il fait sens en lac ou en rivière large, moins en mer ouverte.
Le Flyer 10 (9,92 m de coque) monte d'un cran en volume habitable et en catégorie de mer, mais impose souvent une motorisation 2 x 300 ch et fait basculer le budget au-dessus de 200 000 euros neuf. Place de port 10 mètres obligatoire, plus chère et plus rare.
Pour la majorité des plaisanciers qui cherchent un day-cruiser capable de dormir deux couples au mouillage un week-end, le Flyer 9 est le bon arbitrage. Plus petit, vous perdez la cabine. Plus grand, vous payez le port et la motorisation pour un usage qui ne le justifie pas.
Les limites à connaître avant de craquer
Le Flyer 9 n'est pas un bateau miracle et quelques points méritent d'être mentionnés.
La consommation à vitesse élevée. 157 l/h à 40 nœuds, c'est la réalité. Si vous aimez pousser les moteurs pour le plaisir, prévoyez 250 euros de carburant par heure au prix du SP95 en station nautique en 2026. À 35 nœuds on tombe à 125 l/h, c'est plus raisonnable, mais on reste sur un bateau qui brûle.
Le roulis au mouillage. À 2 500 kg avec une carène plate optimisée pour le planing, le Flyer 9 roule dès qu'il y a une houle résiduelle dans la baie. Les propriétaires habitués installent un stabilisateur gyroscopique type Seakeeper en option (10 000 à 15 000 euros) ou un flopper-stopper (500 euros) pour dormir tranquille.
La cabine pour grands gabarits. Au-delà de 1,85 m, on se plie pour accéder à la couchette avant du SUNdeck. C'est un day-cruiser avec cabine de dépannage, pas un trawler.
La chauffe du cockpit en Méditerranée. Les modèles avec bimini d'origine sont corrects. Sans bimini et sans option T-top rigide, le cockpit devient difficile à vivre entre 12 h et 16 h en juillet-août. Comptez 4 000 à 7 000 euros pour un T-top inox installé.
L'entretien des hors-bord. Deux 250 ch, c'est double l'entretien annuel. Révision annuelle obligatoire chez Suzuki ou Yamaha agréé : comptez 1 500 à 2 200 euros par an pour les deux moteurs, huile, filtres, bougies, joints, anodes. Plus la vidange de base à 100 heures si vous dépassez. Budget entretien annuel total pour un Flyer 9 bien suivi : 3 500 à 5 000 euros hors place de port et assurance.
À qui s'adresse ce day-cruiser
Le Flyer 9 SUNdeck est fait pour le plaisancier aguerri qui a dépassé le stade du semi-rigide ou du day-cruiser de 7 mètres, qui sort 25 à 50 sorties par an sur la Méditerranée ou la façade atlantique nord, qui veut pouvoir dormir deux couples au mouillage le week-end sans basculer vers un 10 mètres à habitacle fermé. Si vous cherchez surtout à faire de la pêche hauturière, un Valiant 750 Sport Fishing sera plus pertinent. Si vous voulez vivre à bord une semaine complète en famille, un Merry Fisher 895 ou un Jeanneau Cap Camarat 9.0 sont plus adaptés.
Pour la pêche à la traîne occasionnelle et les sorties mixtes, la version SPACEdeck devient intéressante : plus de place pour les cannes, pas de cabine qui prend la place utile, et un cockpit dégagé pour combattre les poissons.
Le Flyer 9 mérite qu'on prenne le temps d'un essai en mer avant achat, pas juste une visite à quai. La carène Air Step se sent en accélération et en virage, pas en statique. Le concessionnaire qui refuse l'essai en mer avec une mer de force 3 à 4 établie, c'est un vendeur qui cache quelque chose.
Sources
- Bénéteau, fiche officielle Flyer 9 SUNdeck et SPACEdeck, consultée le 19 avril 2026 : beneteau.com/flyer-9-sundeck et beneteau.com/flyer-9-spacedeck
- Bénéteau, page innovation Air Step : beneteau.com/page-innovation/air-stepr
- Toprik, revue du Bénéteau Flyer 9 SUNdeck et SPACEdeck (consommation, accélération, vitesse)
- Figaro Nautisme, essai du Flyer 9 SUNdeck (octobre 2020)
- Youboat, essai du Flyer 9 SPACEdeck
- Bateaux.com, fiche technique Flyer 9 SPACEdeck et article sur la carène Air Step
- Annonces du Bateau, Band of Boats, YachtWorld (relevé d'annonces mars-avril 2026)
- SGB Finance, guide d'achat Bénéteau Flyer 9
