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Démâter un voilier au port à sec, étapes pratiques

Démâtage d'un voilier de croisière en cale sèche, démontage du gréement, repérage des drisses, équilibrage du balourd à l'élingue et stockage du mât.

Résumé

Démâter un voilier en cale sèche s'organise sur une demi-journée, avec une grue ou un portique adapté, une équipe de trois personnes et un repérage soigné des drisses et câbles. La pose à terre sur tréteaux conditionne l'inspection hivernale.

Avant de démâter

Décidez à l'avance du lieu de stockage : sur tréteaux dans le chantier, sur ratelier de mâts, ou rangé sous la coque. Le tréteau au sol est idéal pour inspection et travaux. Le ratelier économise de la place mais limite les contrôles.

Préparez les sangles d'élingue, les chiffons, les sacs étanches pour les petits matériels (manilles, axes, goupilles). Plus le démontage est ordonné, plus le remontage de printemps sera rapide.

Convoquez le grutier ou activez la grue de chantier. Vérifiez la météo : un démâtage par vent supérieur à 25 nœuds est risqué.

Phase 1, descente des drisses et antennes

Avant tout, descendez chaque drisse en bas, attachez à un anneau de pont avec un nœud de chaise. Ainsi vous ne perdez aucune drisse à l'intérieur du mât.

Marquez chaque drisse avec une étiquette plastique : drisse de grand-voile, drisse de génois, drisse de spi. Ce marquage évitera la confusion au remontage.

Détachez les antennes (VHF, AIS) et le câble d'anémomètre du mât. Tirez un nylon dans chaque gaine pour pouvoir retirer le câble par le pied au remontage.

Phase 2, étais provisoires

Avant de toucher au gréement définitif, mettez en place deux étais provisoires : un avant, un arrière, généralement avec deux palans tendus à des points solides du pont. Ces étais provisoires assurent la tenue du mât pendant la phase critique où le gréement sera relâché.

Tendez les palans à la main, vérifiez qu'ils tiennent fermement.

Phase 3, démontage des ridoirs

Démontez chaque ridoir en commençant par les bas-haubans, puis les haubans intermédiaires, puis les haubans hauts, puis l'étai et le pataras. Ne dévissez pas complètement, juste assez pour libérer la goupille de pied de cadène.

Notez l'orientation et le nombre de tours de chaque ridoir si vous voulez restituer le réglage au remontage. Un ridoir mal repéré, c'est trois heures de réglage de gréement perdues au printemps.

À mesure que vous libérez les câbles, attachez-les souplement le long du mât avec liens biodégradables ou bandes velcro. Trop attachés, ils gênent le décrochage en pied. Pas attachés du tout, ils pendillent et peuvent s'accrocher.

Phase 4, élingue

Avant que la grue arrive, placez la sangle d'élingue au point d'équilibre du mât, généralement au niveau de la barre de flèche supérieure. Sur la plupart des voiliers de croisière, ce point est marqué d'origine, sinon il faut le calculer.

Le balourd compte. Un mât pris au-dessus de son centre de gravité bascule à la verticale d'un coup, c'est dangereux. Pris en dessous, il pend à l'envers. Pris au point d'équilibre, il est stable et facile à manoeuvrer.

Si vous avez un doute, faites un essai à blanc : levez de quelques centimètres, observez l'inclinaison, repositionnez la sangle.

Phase 5, levage

Le grutier prend en charge. Levage doux, sans à-coup. Au moment où le pied décolle, l'observateur en pont vérifie que rien n'accroche dans l'étambrai, que les câbles électriques sont bien démontés.

Sortez le pied du puits, montez doucement, dégagez le mât du bateau en l'amenant à l'horizontale au-dessus du pont. Posez à plat sur tréteaux espacés au tiers, ou sur ratelier.

Phase 6, dépose des éléments

Une fois posé, démontez les barres de flèche si vous voulez les inspecter ou les protéger. Démontez aussi les gardes-corps des barres si elles ont du jeu.

Désaccouplez chaque hauban du mât, en notant clairement quelle pièce va où. Mettez chaque ridoir dans un sac étiqueté.

Inspectez le mât en passant : longueur entière à l'œil, recherche de fissures, dépôts de corrosion, point d'usure aux passages de drisse.

Stockage

Sur tréteaux, posez le mât avec ses sorties de drisse vers le bas, pour que la pluie ne s'accumule pas dans les goulottes. Couvrez d'une bâche aérée, jamais hermétique : la condensation oxyderait l'aluminium en quelques mois.

Sur ratelier, vérifiez que les colliers du ratelier sont bien rembourrés, sans contact direct alu sur métal. Inspectez régulièrement pendant l'hivernage.

Étiquetage des câbles électriques

Avant de quitter le bateau, étiquetez chaque câble électrique qui sortait du mât : feux, antenne, anémomètre. Notez la couleur du fil, sa fonction, la longueur estimée.

Au remontage, ce repérage économise une heure de tâtonnement.

Carnet de bord

Profitez du démâtage pour photographier chaque détail : passages, ridoirs en place, étiquetage. Ces photos serviront au remontage.

Pour archiver les photos d'entretien et les opérations annuelles de matage et démâtage, BoatMap intègre un carnet de bord avec espace photo.

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