Résumé
L'Isotemp combine deux modes de chauffe : la résistance électrique 230 V au quai et l'échangeur thermique branché sur le circuit de refroidissement moteur en navigation. Une installation propre demande de soigner les deux circuits, leur isolation et les sécurités. Compter une journée de travail à deux pour une pose dans les règles.
Le principe à comprendre
Un Isotemp a deux entrées de chaleur. Au quai, une résistance immergée de 750 ou 1200 W chauffe l'eau comme un chauffe-eau domestique classique. En route, un serpentin interne capte les calories du circuit d'eau douce du moteur (entre 70 et 85 degrés) et les transfère à l'eau sanitaire. Résultat : après une heure de moteur, on a 20 à 40 litres d'eau chaude gratuite.
C'est ce double système qui rend l'Isotemp si efficace par rapport à un simple ballon électrique.
Choisir la capacité
Sur un voilier de 35 à 40 pieds avec deux à quatre personnes, le 22 ou 25 litres suffit pour deux douches courtes ou la vaisselle. Sur un 45 pieds en croisière long cours à 6, le 40 ou 45 litres devient nécessaire. Au-delà, le 75 litres existe mais demande un emplacement dédié.
Le poids d'un 25 litres plein est de 30 kg environ : à intégrer dans le calcul d'assiette si on l'installe loin du milieu du bateau.
Implantation à bord
Critères de choix de l'emplacement :
- Proximité du moteur pour limiter la longueur des tuyaux échangeur
- Hauteur sous flottaison pour faciliter le retour gravitaire de la pompe d'eau chaude
- Accès aux sécurités : groupe de sécurité, vanne d'évacuation
- Possibilité de purger le ballon par le bas pour l'hivernage
Le local moteur lui-même est l'emplacement classique. Sur un voilier moderne, le coffre arrière ou le placard sous la couchette sont aussi des options.
Le circuit échangeur moteur
Le serpentin interne a deux raccords. On doit les insérer dans le circuit fermé de refroidissement du moteur, en parallèle ou en série selon le moteur :
- Diamètre des tuyaux : 16 ou 19 mm selon modèle
- Tuyaux en silicone EPDM résistant à 100 degrés
- Colliers double serrage à chaque raccord
- Pose de vannes d'isolation pour pouvoir bypasser l'échangeur en cas de fuite
Le piquage se fait habituellement entre le calorstat et le bocal d'expansion du moteur. Consulter la documentation du motoriste : certains moteurs (Volvo Penta D2 récents notamment) ont un piquage prévu d'origine.
Important : après installation, il faut purger l'air du circuit moteur. Démarrer le moteur capot ouvert, surveiller le bocal d'expansion, regonfler en eau distillée + antigel jusqu'à stabilisation.
L'alimentation 230 V
Branchement sur le tableau quai via un disjoncteur dédié. Pour un Isotemp 750 W :
- Disjoncteur 10 A type C
- Différentiel 30 mA en amont (obligatoire à bord)
- Câble 2,5 mm² en 230 V
- Prise de terre raccordée au plan de masse du bateau
La résistance ne doit jamais fonctionner réservoir vide : le thermostat de sécurité coupe normalement, mais une mise en marche prolongée à sec endommage la résistance. Bonne pratique : couper le 230 V via un interrupteur dédié quand on quitte le bateau pour l'hiver.
La plomberie eau chaude
Côté entrée d'eau froide : raccordement après le surpresseur, avec vanne d'isolation. Côté sortie d'eau chaude : tuyaux PEX ou tuyaux silicone alimentaires haute température. Diamètre 13 mm en général.
Le groupe de sécurité (soupape calibrée à 6 ou 7 bars) se monte sur l'entrée d'eau froide. Son évacuation se fait par un tuyau qui descend en cale (visible) pour repérer une décharge anormale, signe d'une surpression dans le ballon.
Les sécurités à ne pas oublier
Trois éléments critiques :
- Groupe de sécurité : limite la pression du ballon, évite l'éclatement
- Thermostat de surchauffe : coupe la résistance à 90 degrés
- Vanne anti-retour échangeur : empêche un siphonnage du circuit moteur si le ballon descend en pression
Sur les modèles récents, les trois sont intégrés. Vérifier néanmoins leur fonctionnement avant la première mise en service.
Première mise en eau
Procédure dans l'ordre :
- Fermer la vanne 230 V
- Ouvrir l'arrivée d'eau froide, ballon vanne ouverte sur sortie eau chaude
- Laisser remplir jusqu'à ce que l'eau sorte sans bulles à un robinet eau chaude
- Fermer le robinet, vérifier l'absence de fuite à toutes les liaisons
- Activer le 230 V : la résistance chauffe en 25 à 40 minutes selon le volume
- Tester le mode échangeur en démarrant le moteur 30 minutes au mouillage
Si l'eau chaude ne monte pas en température en mode échangeur après 30 minutes de moteur, vérifier le sens de circulation de l'eau du moteur dans le serpentin (les modèles à double piquage doivent respecter un sens).
Hivernage
Si bateau hiverné à terre dans une région à risque de gel : vidanger complètement le ballon, le rincer à l'antigel alimentaire (rose) en faisant circuler dans tous les tuyaux. Sinon, couper le 230 V et laisser plein, en contrôlant la température du local.
Une bonne installation Isotemp dure 15 à 20 ans sans intervention majeure, à condition de remplacer la résistance tous les 7 à 8 ans (environ 50 euros la pièce).
Sur BoatMap, vérifiez la disponibilité des bornes 16 ou 32 A dans les ports d'escale pour profiter pleinement de votre chauffe-eau électrique en croisière.
